11 Mai 2026
Tracker // Saison 3. Episode 20. Reclamation.
On approche doucement de la fin de cette troisième saison de Tracker et, pour être honnête, la série commençait un peu à ronronner. Heureusement, cet épisode 20 vient secouer un peu les habitudes en faisant revenir un visage qu’on aime toujours voir débarquer : Billie Matalon. Si Colter Shaw est une machine de guerre efficace, il a parfois tendance à être un peu trop monolithique quand il bosse seul. L’arrivée de Billie, c’est l’étincelle qui manquait pour rendre l’ensemble plus vivant, plus électrique. Dès le début de leur collaboration dans la saison 1, Billie a apporté un truc que les autres personnages secondaires n'ont pas forcément : du répondant.
Ce n'est pas juste une question de tension amoureuse, même si les scénaristes s'amusent à laisser planer le doute. C’est surtout une confrontation de styles. On a deux chasseurs de primes avec des codes d'honneur différents, et c’est ce frottement qui rend leurs échanges intéressants. On sent qu'ils se respectent, mais qu'ils ne prendraient jamais le même chemin pour arriver au même résultat. L’intrigue nous emmène cette fois à Philadelphie. Colter doit retrouver Amelia, une jeune femme qui s’est volatilisée d’un centre de désintoxication. Au premier abord, le scénario nous joue la carte du cas classique : tout le monde pense qu’elle a juste craqué et repris la route de ses vieux démons.
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C’est un démarrage assez lent, presque tranquille, mais on sait très bien comment fonctionne Tracker : le calme, c’est juste pour nous préparer à la tempête. Très vite, on quitte le drame social pour tomber dans un vrai thriller urbain. On découvre un trio de voleurs qui s'en prend à des gens très riches. J'ai trouvé que ce changement de décor et de ton faisait du bien. On sort des disparitions en pleine nature ou des psychopathes isolés qu'on a vus récemment, notamment dans l'épisode 17 qui était vraiment pesant. Ici, l’ambiance est plus nerveuse, on est dans la rue, dans le mouvement. C’est plus punchy. Pourtant, tout n’est pas parfait. Tracker a toujours ce petit défaut agaçant de vouloir aller trop vite en besogne.
Par moments, la progression de l’enquête manque de fluidité. Colter trouve des indices ou remonte des pistes avec une facilité déconcertante, sans qu’on comprenne vraiment comment il a fait le lien. C'est comme si le montage coupait des étapes essentielles pour sauter directement à la scène d'action suivante. J’avais déjà eu ce sentiment avec l’épisode en Alaska : c’était super beau visuellement, mais le fil conducteur était un peu décousu. Ici, c'est le même constat, même si la présence de Billie aide à faire passer la pilule. Ce duo, c’est vraiment le cœur de l’épisode. Au fil du temps, leur rivalité s'est transformée en une sorte de partenariat à la fois pro et cynique.
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Ils savent qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre, mais ils gardent toujours une main sur leurs propres cartes. Billie apporte ce côté plus posé, plus calculateur. Là où Colter a parfois tendance à foncer dans le tas dès qu'il voit une porte fermée, elle préfère observer et manipuler. Cette complémentarité est flagrante quand ils s'infiltrent chez Nestor. C’est dans ces moments de tension pure, sans fioritures, que la série est la meilleure. Le méchant de l'histoire, Nestor, est d'ailleurs plutôt réussi. Les scénaristes ont eu la bonne idée de ne pas en faire une caricature qui déballe ses plans pendant dix minutes. Il est sobre, efficace et dangereux parce qu'il sait gérer les crises en coulisses.
Ça rend la menace plus concrète. Le seul point un peu flou reste cette histoire d'ordinateur portable. Comme souvent, les détails techniques et les motivations autour de l'objet sont balancés à toute vitesse. On se retrouve à devoir boucher les trous nous-mêmes pour que tout reste logique. Ce n'est pas un énorme problème, mais ça empêche l'épisode de vraiment briller sur le plan de l'écriture pure. Heureusement, le final dans la piscine communautaire rattrape le coup. Ce n'est pas la fusillade du siècle, mais c'est cohérent avec le reste. Ce que j'ai surtout aimé, c'est que Billie reste fidèle à elle-même jusqu'au bout.
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Là où Colter est le bon soldat qui rendrait le matériel aux flics sans se poser de questions, Billie, elle, voit plus loin et garde ses options ouvertes. C’est cette zone grise qui la rend indispensable à la série. Par contre, je suis plus réservé sur les intrigues secondaires avec Reenie et Maxine. Après un épisode 19 très fort sur l'émotion, leur présence ici semble un peu déconnectée du reste. On sent que la production essaie de boucler leurs histoires personnelles avant le final, mais l'intégration dans cet épisode précis tombe un peu à plat.
Note : 5/10. En bref, cet épisode fait le job grâce à son casting, mais il laisse un goût d'inachevé. On est à quelques encablures de la fin de la saison 3 et j’attends toujours que la série s’attaque vraiment au mystère de la famille Shaw. On nous donne des miettes depuis trop longtemps. J'espère que le final passera enfin la seconde, parce que si les enquêtes de la semaine sont sympas, c’est le passé de Colter qui nous tient vraiment en haleine.
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