Critiques Séries : Tracker. Saison 3. Episode 9.

Critiques Séries : Tracker. Saison 3. Episode 9.

Tracker // Saison 3. Episode 9. Good Trouble.

MID-SEASON FINALE

 

Avec l’épisode 9 de la saison 3, Tracker joue une carte risquée : celle du final de mi-saison construit comme la première moitié d’un diptyque. Intitulé “Good Trouble”, cet épisode laisse volontairement de nombreuses questions en suspens et choisit de s’achever sur un cliffhanger brutal. Une décision audacieuse, mais pas entièrement maîtrisée à mon sens, surtout après une série d’épisodes solides qui avaient trouvé un bon équilibre entre émotion et efficacité narrative. Contrairement à l’épisode 8, “Eurydice”, qui reposait sur un récit intime et resserré, cet épisode 9 élargit considérablement son champ d’action. Ici, l’enquête dépasse rapidement le simple cadre d’une disparition pour s’enfoncer dans un réseau criminel aux ramifications troubles. 

 

Ce changement d’échelle n’est pas un problème en soi — Tracker a déjà montré qu’elle savait jongler avec des intrigues complexes — mais la manière dont l’information est distillée rend l’ensemble parfois difficile à suivre. Le retour de Keaton est clairement l’un des points forts de l’épisode. Depuis son introduction dans la série, ce personnage fonctionne très bien en miroir de Colter. Leur relation repose sur une confiance implicite, sans rivalité inutile ni exposition forcée. Je ne pense pas que Colter ait besoin d’un partenaire fixe, mais Keaton est sans doute celui qui s’intègre le plus naturellement à son univers. Leur collaboration dans cet épisode rappelle d’ailleurs pourquoi leur duo fonctionne si bien : mêmes réflexes, même fatigue face aux institutions, et une façon similaire de lire entre les lignes.

L’enquête autour de la disparition de Dobbs, ancien collègue de Keaton, démarre de façon intrigante, avant de devenir progressivement plus brouillonne. La découverte d’un charnier, les liens avec des organisations criminelles, les rivalités implicites entre mafias… tout cela aurait pu former une intrigue solide. Pourtant, j’ai eu le sentiment que l’épisode accumulait les pistes sans toujours leur donner de véritable poids émotionnel. À force de multiplier les couches de mystère, la série finit par perdre un peu de son ancrage humain, ce qui fait pourtant sa force depuis la saison 1. Une partie de cette confusion vient sans doute du format en deux épisodes. 

 

Là où Tracker excelle habituellement dans des récits bouclés en une heure, cet épisode donne parfois l’impression d’étirer artificiellement certaines révélations. Des personnages apparaissent brièvement, des enjeux sont esquissés sans être approfondis, et certaines décisions narratives semblent davantage motivées par la nécessité de tenir jusqu’au cliffhanger que par la logique interne de l’histoire. Cela dit, les quinze dernières minutes redressent clairement la barre. C’est à ce moment-là que les pièces commencent enfin à s’assembler, notamment autour du personnage de Dobbs. Le retournement concernant son passé et ses liens financiers change complètement la lecture de l’épisode. 

On comprend alors que l’histoire ne parle pas seulement d’un homme disparu, mais de secrets enfouis depuis des années, y compris au sein des forces de l’ordre. Sur ce point, l’épisode s’inscrit dans la continuité de la saison 3, qui n’a cessé de questionner la frontière entre alliés et adversaires, comme on l’avait déjà vu dans les épisodes 6 et 8. La méfiance grandissante envers certaines figures d’autorité est d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants de cet épisode. Tracker montre une fois de plus que les policiers ne sont ni entièrement fiables ni entièrement corrompus, mais profondément humains, avec leurs angles morts et leurs compromissions. 

 

Cette ambivalence fonctionne bien, même si elle aurait gagné à être explorée de façon plus claire. Visuellement, l’épisode m’a également laissé perplexe. Certaines scènes sont étonnamment sombres, presque étouffées par une dominante bleutée qui rend parfois l’action difficile à lire. Ce choix esthétique semble volontaire, mais il m’a sorti de l’épisode à plusieurs reprises, surtout dans les moments censés être les plus tendus. Et puis il y a ce cliffhanger. Brutal, presque excessif. Voir Colter et Keaton projetés hors de la route, alors que ce dernier est déjà grièvement blessé, est un choc assumé. Évidemment, on ne doute pas réellement du sort de Colter. 

En revanche, l’avenir de Keaton est beaucoup plus incertain, et c’est précisément là que l’épisode frappe juste émotionnellement. Après avoir réinstallé ce personnage avec autant de soin, la série nous force à attendre, frustrés, pendant une longue pause. 

 

Note : 6/10. En bref, cet épisode 9 est imparfait, parfois maladroit, mais difficile à ignorer. Il ouvre clairement la porte à une intrigue plus vaste pour la seconde moitié de la saison 3. Reste à espérer que Tracker saura resserrer son récit et retrouver, après la pause, la clarté émotionnelle qui faisait la force de ses meilleurs épisodes.

Prochainement sur Disney+, TF1 et TF1+

 

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