Critique Ciné : La Famille McMullen (2025, HBO max)

Critique Ciné : La Famille McMullen (2025, HBO max)

La Famille McMullen // De Edward Burns. Avec Edward Burns, Michael McGlone et Bryan Fitzgerald (I).

 

Quand un cinéaste choisit de revenir à une famille qui a marqué les années 90, l’attente n’est jamais légère. La Famille McMullen, suite tardive de Les frères McMullen, tente de retrouver la dynamique et les dilemmes qui avaient rendu le premier film si attachant. Pourtant, ce nouvel opus peine à retrouver la sincérité qui avait touché un public fidèle à l’époque. L’histoire reprend trois décennies plus tard. Le clan McMullen se réunit à New York pendant la période des fêtes, au moment où chacun traverse un moment charnière. Barry, Patrick, Molly et la nouvelle génération se croisent autour d’un repas de Thanksgiving chargé de souvenirs, de tensions et de liens compliqués. 

 

Les déboires amoureux de Barry McMullen, désormais dans la cinquantaine, ainsi que ceux de ses enfants âgés d’une vingtaine d’années, de son frère Patrick et de sa belle-sœur veuve Molly.

 

Le décor est prometteur : une famille marquée par les choix passés, des rancœurs jamais vraiment crevées, et cette envie à peine avouée de tourner une page. Malheureusement, l’écriture ne donne pas assez de place à ces enjeux pourtant riches. Dès les premières scènes, une impression s’installe : l’histoire avance comme un enchaînement de cases à cocher. Beaucoup de personnages tombent par hasard sur des amours de jeunesse, comme si New York n’était qu’un petit quartier où tout le monde finit par se recroiser. Cette répétition finit par diluer l’émotion au lieu de l’amplifier. Le hasard devient un moteur systématique, presque automatique, et réduit la force dramatique des situations.

 

Le film accumule plusieurs arcs amoureux en parallèle, au point que chaque relation semble pâtir du manque de temps pour exister. Certains rapprochements se déclenchent en quelques minutes, sans véritable évolution, sans hésitations crédibles, sans construction émotionnelle. Le résultat laisse un goût d’inachevé : l’envie d’y croire est là, mais l’élan narratif ne suit pas. La nouvelle génération occupe une place importante dans La Famille McMullen. Les personnages de Tommy et Patty, notamment, héritent d’une part centrale du récit, avec leurs doutes, leurs ambitions et leurs relations compliquées. Le problème, c’est que leurs scènes manquent souvent de naturel. Certains acteurs récitent leurs dialogues avec une raideur qui casse le rythme. 

 

Les émotions semblent forcées, comme si les personnages restaient enfermés dans un registre limité. Cela crée un contraste assez fort avec les figures du casting original, qui, elles, paraissent plus à l’aise, plus crédibles, même dans les moments légers. Michael McGlone, dans le rôle de Patrick, fait d’ailleurs partie des rares éléments qui ramènent un peu de vérité dans une histoire qui en manque cruellement. Edward Burns cherche à retrouver la tonalité qui avait fait la force de son film des années 90 : un mélange de sarcasme, de tendresse et de moments de vie simples. Mais ici, la caméra semble parfois hésiter entre comédie légère et drame familial. Le résultat manque d’un véritable point de vue. Pourtant, tout n’est pas à jeter. 

 

La photographie offre une chaleur agréable, presque nostalgique, qui donne envie de s’attarder sur les visages, les rues de New York et les petits instants du quotidien. Ces images donnent l’impression d’un film réconfortant, presque fait pour la période hivernale. Mais cette douceur visuelle ne suffit pas à masquer les failles d’un scénario trop formaté. L’un des regrets majeurs face à La Famille McMullen concerne les sujets évités. Trente ans ont passé depuis les événements du premier film. Les personnages auraient pu affronter des thèmes forts : les regrets liés à l’âge, les conséquences des choix passés, les relations familiales compliquées face au temps qui s’étire. Mais le scénario préfère rester en surface, comme s’il craignait d’abîmer l’ambiance douce-amère installée au départ. 

 

Les personnages traversent des situations importantes — divorce, séparation, deuil — sans vraie réflexion. Tout semble être réglé par une romance improvisée ou une discussion trop vite expédiée. Ce manque de profondeur prive le film de la résonance émotionnelle qu’il aurait pu atteindre. Au lieu de saisir la maturité des personnages, le récit les ramène sans cesse vers des mécaniques de comédie romantique qui ne leur conviennent pas vraiment. Malgré ses défauts, La Famille McMullen n’est pas un film complètement raté. Certains dialogues fonctionnent, quelques scènes apportent une sincérité bienvenue, et certains acteurs parviennent à insuffler une vraie humanité à leur personnage. 

 

L’alchimie entre Tommy et Karen, par exemple, repose sur une dynamique simple mais plaisante, qui apporte un peu de vie au milieu de la mécanique trop répétitive des romances. La relation entre Molly et Walter aurait mérité davantage de place tant elle porte un parfum de réalisme, mêlant douceur et prudence. C’est dans ces moments-là que le film retrouve l’esprit du premier opus : une manière de montrer les relations humaines sans artifice. La Famille McMullen ne parvient pas à retrouver l’authenticité qui avait marqué Les frères McMullen. Le film souffre d’une écriture trop prévisible, d’un empilement de romances peu crédibles et d’une jeune distribution parfois maladroite. 

 

Les personnages semblent parfois avancer comme des pions dans un récit qui les dépasse. Pourtant, le film offre quelques éclats de sincérité, une belle lumière et la présence de comédiens plus expérimentés qui rappellent ce qui fonctionnait dans le premier volet. Le problème, c’est que ces réussites restent trop rares pour compenser une structure trop formatée.

 

Note : 4.5/10. En bref, La Famille McMullen n’est pas désagréable, mais il laisse la sensation d’une suite qui aurait eu besoin de plus de courage, plus de nuance et plus de temps pour donner à cette famille le retour qu’elle méritait.

Sorti le 5 décembre 2025 directement sur HBO max

 

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