Bambi, la vengeance (Blu-ray)

Bambi, la vengeance (Blu-ray)

Grâce à Arcadès Editions, nous avons droit à une sortie Blu-ray de Bambi, la vengeance, 4e film du Twisted Childhood Universe. L’occasion de découvrir un nouveau film de cet univers (déjà composé de 2 volets de Winnie-the-Pooh et d’un troisième film centré sur Peter Pan). Avant de découvrir d’autres personnages de contes de notre enfance se transformer en films d’horreur, retour sur ce Blu-ray. 

 

Ca parle de quoi ?

Après avoir vu sa mère tuée par un chasseur alors qu’il n’était qu’un faon, Bambi, un jeune cerf, perd sa compagne Faline, renversée par un camion qui transportait des déchets radioactifs. Lorsqu’il boit l’eau de la rivière, contaminé par les déchets toxiques, Bambi se transforme en une créature puissante, déterminée à se venger. Peu de temps après, Xana et son fils Benji prennent un taxi pour rejoindre le reste de leur famille pour Thanksgiving. Le véhicule est sauvagement attaqué par Bambi. Trois chasseurs se lancent alors dans la traque du grand cerf...

Bambi : la vengeance – Quand l’icône de l’enfance devient un monstre de slasher

Il y a des idées de cinéma qui semblent sorties d’un pari un peu trop arrosé. Bambi : la vengeance en fait clairement partie. Imaginer le faon le plus emblématique de l’animation transformé en créature sanguinaire relève autant de la provocation que du pur plaisir coupable. Et pourtant, le réalisateur Dan Allen assume totalement cette folie en livrant un film d’horreur qui s’inscrit dans la vague des détournements sombres de licences enfantines. Après Winnie l’ourson ou Peter Pan revisités façon cauchemar, c’est désormais au tour de Bambi de régler ses comptes avec l’humanité. Dès les premières minutes, le film annonce son intention : ici, pas de nostalgie ni de douceur. 

 

Un court prologue animé revisite les origines du célèbre cerf, mais en balayant toute poésie. Ce qui était autrefois un drame mélancolique devient le point de départ d’une colère incontrôlable. Le décor est planté : Bambi : la vengeance ne cherche pas à émouvoir, mais à choquer et divertir. L’histoire tient sur une ligne droite assumée. Une mère et son fils prennent la route pour un déplacement familial anodin. Un accident, une rencontre fatale, et tout bascule. Dans cette forêt hostile rôde un Bambi muté, ravagé par la perte de sa mère et transformé en prédateur incontrôlable. Dès lors, le film bascule dans une chasse sanglante où les humains deviennent les proies. Il serait inutile de chercher une narration complexe ou une réinterprétation subtile du mythe. 

Le scénario avance sans détour, enchaînant attaques, fuites et morts violentes. Et étonnamment, cette absence de sophistication fonctionne. Le film ne ment jamais sur sa marchandise : il promet un carnage forestier, et il s’y tient. Les protagonistes humains n’existent que pour une seule raison : remplir le quota de victimes. Une poignée de chasseurs, une figure maternelle un peu mystique, quelques personnages secondaires à peine esquissés… Tous sont destinés à tomber, et le film en joue avec un cynisme presque réjouissant. Ici, l’attachement émotionnel est secondaire. L’enjeu devient un jeu macabre : qui sera le prochain à se faire piétiner ou encorner ? Cette approche renforce l’aspect série B assumée. 

 

Bambi : la vengeance ne cherche pas à créer des héros mémorables, mais à exploiter son concept jusqu’au bout, quitte à flirter avec le ridicule. L’une des idées les plus délicieusement absurdes du film réside dans l’implication des autres animaux. Bambi n’est pas seul. Certains compagnons de la forêt, autrefois adorables, basculent eux aussi dans une violence décomplexée. Mention spéciale aux scènes impliquant des lapins devenus totalement sauvages, qui transforment les sous-bois en véritable enfer organique. Cette surenchère animale donne au film une identité visuelle déjantée et renforce son ADN de nanar horrifique. On n’est plus dans un simple affrontement homme contre bête, mais dans une vengeance globale de la nature, déformée et grotesque.

En toile de fond, le film évoque la pollution et les produits chimiques comme origine des mutations. Sur le papier, l’idée d’une nature qui se retourne contre l’homme destructeur aurait pu donner une dimension plus engagée. Mais dans les faits, cet élément reste superficiel. Le film préfère clairement le spectacle sanglant à la réflexion écologique. Et ce n’est pas forcément un défaut. Bambi : la vengeance sait où placer ses priorités : divertir par l’excès, pas par la profondeur. Techniquement, le film alterne le correct et le maladroit. Les effets numériques souffrent parfois de moyens limités, surtout lors des scènes trop éclairées. En revanche, le design du Bambi monstrueux fonctionne étonnamment bien : une créature hybride entre cerf démoniaque et légende folklorique, suffisamment marquante pour rester en tête.

 

Les mises à mort, elles, sont inventives et rarement ellipsées. Certaines scènes flirtent même avec l’hommage au cinéma d’horreur classique, dans un esprit volontairement absurde. Soyons honnêtes : Bambi : la vengeance n’est pas un bon film au sens traditionnel. Les personnages sont creux, le scénario minimaliste, et la réalisation parfois approximative. Pourtant, difficile de dire que l’expérience est désagréable. Le film amuse par son audace, fait rire par son excès, et surprend par sa capacité à aller toujours plus loin dans le délire. 

Il s’inscrit parfaitement dans la catégorie du so bad it’s good. Ceux qui cherchent du cinéma d’auteur peuvent passer leur chemin. En revanche, les amateurs de gore, de concepts absurdes et de détournements iconoclastes y trouveront une curiosité réjouissante malsaine. En transformant Bambi en monstre sanguinaire, Dan Allen livre un film que Disney n’oserait jamais produire. Et même si le résultat frôle souvent le ridicule, il possède une qualité rare : il assume totalement son idée jusqu’au bout. Et rien que pour ça, Bambi : la vengeance mérite d’être vu… au moins une fois.

 

Et le Blu-ray ? 

Sorti récemment, Bambi : la vengeance arrive logiquement en Blu-ray avec une copie techniquement très propre. Cette édition s’adresse avant tout aux amateurs de cinéma d’horreur curieux de découvrir le film dans les meilleures conditions possibles, même si elle ne cherche jamais à transcender les limites de l’œuvre d’origine. D’un point de vue purement technique, le résultat est globalement satisfaisant, mais il met aussi en lumière certaines faiblesses du film. Le principal atout de ce Blu-ray réside dans la qualité de son image. La restauration numérique est irréprochable : la définition est précise, les détails bien visibles et le rendu respecte scrupuleusement le format original. 

La photographie volontairement sombre du film bénéficie ici d’un encodage soigné, capable de gérer les nombreuses scènes nocturnes sans écraser les noirs. En revanche, cette netteté exemplaire joue parfois contre le film. Les effets spéciaux numériques, déjà discutables à l’écran, apparaissent encore plus exposés dans cette version haute définition. Là où un rendu plus doux aurait pu masquer certaines limites budgétaires, cette image trop parfaite laisse transparaître chaque approximation. L’absence de Dolby Vision ne se fait pas réellement sentir, tant le Blu-ray exploite déjà pleinement son potentiel.

 

Côté son, Bambi : la vengeance est proposé en version originale et en version française, toutes deux en DTS-HD Master Audio. Le doublage français, souvent pointé du doigt sur ce type de production, se révèle ici étonnamment cohérent avec la version originale. Le jeu des acteurs étant déjà très excessif, la VF ne dénature pas davantage l’expérience. Sur le plan technique, la bande-son reste toutefois assez limitée. Le mixage privilégie une approche frontale, avec peu de sollicitations des enceintes arrière. Les scènes d’attaque manquent parfois d’ampleur et l’immersion demeure modeste. Cette retenue sonore s’explique sans surprise par le budget très réduit du film, qui n’a jamais visé une démonstration acoustique spectaculaire.

En matière de suppléments, l’éditeur fait le strict minimum. Un seul bonus est proposé : un making-of d’une dizaine de minutes, essentiellement composé d’interviews promotionnelles du casting et de quelques images de tournage. L’ensemble reste sympathique mais frustrant, car il n’aborde jamais en profondeur les choix artistiques, la conception des effets spéciaux ou les contraintes de production. Cette édition Blu-ray de Bambi : la vengeance remplit correctement son rôle sur le plan technique, avec une image très soignée et un son honnête. En revanche, le manque de bonus et une immersion sonore limitée empêchent cette sortie de se démarquer réellement. Une édition à réserver avant tout aux fans du film ou aux collectionneurs de curiosités horrifiques.

 

Caractéristiques techniques

BAMBI The Reckoning (2025)

Interdit aux moins de 12 ans

SORTIE EN COMBO 4K ULTRA HD + BLU-RAY et EN DVD LE 6 JANVIER 2026

Pour visionner la bande annonce : cliquez ici

Durée : 1H20 - Langues : Français et anglais 5.1 Dolby Digital (DVD) et DTS HD (Blu-Ray et UHD)

Sous-titres : Français

Supplément : Making Of

Combo 4K Ultra HD + Blu-Ray : prix public conseillé de 29,99 € TTC

DVD : prix public conseillé de 14,99 € TTC

 

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