12 Janvier 2026
Landman // Saison 2. Episode 9. Plans, Tears and Sirens.
L’épisode 9 de la saison 2 de Landman, intitulé « Plans, Tears and Sirens », devait logiquement préparer le terrain pour un final tendu. À la place, ce chapitre donne surtout l’impression d’un récit qui s’éparpille au moment même où il devrait se resserrer. Les éléments importants existent bel et bien, mais ils sont noyés dans une succession de détours narratifs qui affaiblissent leur impact. L’un des choix les plus étonnants concerne Ainsley. Après avoir été reléguée à l’arrière-plan pendant une grande partie de la saison, elle se retrouve soudain propulsée au centre de l’épisode à travers son arrivée à l’université. Cette intrigue arrive tard, presque trop tard, et repart aussi vite qu’elle est apparue.
Le passage sur le campus aurait pu être l’occasion de confronter le personnage à un monde qui ne tourne pas autour de son confort, mais la série choisit une autre voie, plus facile, qui consiste à faire intervenir Angela pour effacer le problème à coups de privilèges. La confrontation avec sa colocataire, Paigyn, cristallise ce malaise. La scène cherche manifestement à provoquer, mais elle reste enfermée dans une opposition caricaturale qui empêche toute nuance. Ainsley ne semble ni réellement remise en question ni durablement affectée par cette expérience. Ce qui aurait pu devenir un moment de construction personnelle se transforme en simple anecdote, sans conséquence sur son parcours.
Pendant ce temps, l’intrigue principale avance enfin, mais de manière presque désinvolte. La décision de Cami de se séparer de Tommy en tant que président de M-Tex constitue pourtant un tournant majeur. Ce renvoi ne s’accompagne ni d’un affrontement spectaculaire ni d’une montée dramatique appuyée. Il survient presque en sourdine, au détour d’un déplacement lié au lancement du forage offshore. Ce choix de mise en scène peut se défendre, mais il renforce l’impression que la série évite systématiquement les moments de bascule frontale. Sur le fond, cette décision s’inscrit dans la logique du personnage de Cami. Convaincue que la prise de risque définit l’ADN de l’entreprise, elle perçoit la prudence de Tommy comme une faiblesse.
Pourtant, cette lecture ignore tout ce que Tommy a déjà absorbé pour maintenir M-Tex à flot. Son éviction ressemble davantage à un acte d’orgueil qu’à une décision stratégique réfléchie. La série semble assumer cette dérive, faisant de Cami une figure de plus en plus isolée dans ses certitudes. Tommy, de son côté, apparaît presque résigné. Il alerte, explique, tente de freiner une trajectoire qu’il juge suicidaire, mais sans jamais parvenir à inverser le mouvement. Son départ pose une question centrale : que devient Landman sans lui au cœur du dispositif ? Tout indique que cette mise à l’écart ne sera que temporaire, mais l’épisode n’exploite pas pleinement la gravité de cette situation.
Cooper bénéficie d’un traitement plus valorisant. Il affirme son autorité sur le terrain, y compris face à ceux qui le supervisaient auparavant. Cette évolution est cohérente avec ce que la série a montré de lui depuis le début de la saison. Toutefois, le poids du népotisme reste difficile à ignorer, ce qui rend son ascension à la fois compréhensible et inconfortable. La série joue sur cette ambiguïté sans vraiment la questionner. La scène finale impliquant Cooper et Ariana tranche radicalement avec le reste de l’épisode. L’agression avortée apporte une tension brute qui faisait défaut jusque-là. Cet événement rappelle soudain que les conséquences peuvent être violentes et irréversibles.
Pourtant, même ce choc arrive tard, presque comme un électrochoc désespéré pour réveiller une saison en perte d’élan. Les implications judiciaires et morales de l’acte de Cooper restent en suspens, et leur traitement dépendra entièrement du dernier épisode. Rebecca continue, quant à elle, sa transformation amorcée depuis sa rencontre avec Charlie. Son besoin de proximité émotionnelle contraste fortement avec l’image rigide qu’elle projetait auparavant. Cette évolution n’est pas dénuée d’intérêt, mais elle manque encore de subtilité. Le personnage semble parfois réduit à une seule facette, alors que son potentiel reposait justement sur sa complexité.
Ce neuvième épisode souffre surtout d’un problème de priorités. À force de multiplier les intrigues secondaires, Landman peine à maintenir une ligne directrice claire. Les thèmes du risque, du pouvoir et de la responsabilité sont toujours présents, mais ils se retrouvent dilués dans des situations qui semblent parfois hors sujet à ce stade de la saison. À l’approche du final, un sentiment domine : celui d’une occasion partiellement manquée.
Note : 4.5/10. En bref, Landman conserve une identité singulière et une capacité à capter des instants de vie crédibles, mais l’épisode 9 donne l’impression que la série hésite encore sur ce qu’elle veut réellement raconter. Le dernier chapitre devra impérativement recentrer le récit et redonner du poids aux décisions prises, faute de quoi cette saison 2 restera marquée par une progression trop dispersée pour pleinement convaincre.
Disponible sur Paramount+
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog