22 Décembre 2025
Landman // Saison 2. Episode 6. Dark Night of the Soul.
Avec l’épisode 6 de la saison 2, Landman dévoile enfin ce qui fait sa singularité. Ce n’est pas une série qui cherche à enchaîner les événements marquants ou à construire ses épisodes autour de grands rebondissements spectaculaires. Cet épisode, intitulé "Dark Night of the Soul", donne plutôt l’impression d’un temps suspendu, presque anodin, alors qu’il contient pourtant l’un des tournants les plus importants de la saison. Ce qui frappe ici, c’est la manière dont Landman s’intéresse à ce que la plupart des séries laissent hors champ. Les trajets en voiture, les conversations qui ne mènent nulle part, les moments passés après le travail, quand les décisions ont déjà été prises mais que leurs conséquences ne se sont pas encore manifestées.
L’épisode 6 repose presque entièrement sur ces instants intermédiaires, ces espaces souvent négligés mais essentiels pour comprendre les personnages. Tommy passe une grande partie de l’épisode sur la route avec son père, T.L. Ce voyage n’a rien d’héroïque ni d’urgent. Il existe parce qu’il faut bien remplir le temps, parce que rester immobile serait pire. Les échanges entre les deux hommes sont maladroits, parfois silencieux, souvent chargés de choses non dites. Cette relation père-fils fonctionne justement parce qu’elle est inconfortable. Il n’y a pas de grande réconciliation, seulement une tentative de cohabitation émotionnelle. La présence de T.L. apporte une profondeur particulière à cet épisode.
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Il incarne une forme de sagesse fatiguée, forgée par les regrets et les occasions manquées. Face à lui, Tommy semble parfois se regarder dans un miroir déformant. La peur de lui ressembler, de finir seul et amer, plane en permanence. Cette tension sourde explique en partie pourquoi Tommy accepte finalement de sceller l’accord avec Gallino, même en sachant qu’il s’engage sur un terrain glissant. Le partenariat avec Gallino devient officiel dans cet épisode, presque sans éclat. Pas de scène grandiloquente, pas de signature dramatique. Tout se fait dans une atmosphère feutrée, presque banale. C’est précisément ce qui rend ce moment inquiétant. Le danger n’arrive pas avec fracas, il s’installe tranquillement.
Tommy n’a plus vraiment le choix. Cami est prête à accepter tout ce que Gallino propose, non seulement par nécessité financière, mais aussi pour affirmer son autorité. La relation entre Cami et Tommy se dégrade subtilement. La méfiance est installée depuis plusieurs épisodes, mais elle devient ici presque tangible. Cami doute de la capacité de Tommy à protéger l’entreprise, en partie à cause de son passé et de ses échecs. Elle voit en lui un homme qui a déjà tout perdu une fois, donc potentiellement capable de recommencer. Cette perception est injuste, mais compréhensible dans un univers où la peur de l’effondrement guide chaque décision. Gallino, lui, perçoit très bien cette fracture. Il comprend que la défiance de Cami envers Tommy est une faille exploitable.
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Cet épisode laisse clairement entendre que cette tension interne pourrait devenir une arme. Si Tommy perd sa place chez M-Tex, l’équilibre déjà fragile de l’entreprise s’effondrera avec lui. Cette menace plane sans jamais être formulée explicitement, ce qui la rend d’autant plus pesante. En parallèle, le parcours de Cooper apporte une respiration différente. Contrairement au reste de sa famille, il semble avancer avec une forme de clarté rare. Son objectif est simple : construire sa vie avec Ariana. Les épreuves qu’il traverse pour obtenir l’accord symbolique de son entourage ne sont pas présentées comme des obstacles dramatiques, mais comme des étapes naturelles. Cooper est peut-être naïf sur le plan professionnel, mais émotionnellement, il apparaît comme l’un des personnages les plus lucides.
Ses échanges avec la famille d’Ariana, notamment avec la mère de son défunt mari, sont empreints de respect et de sincérité. Il ne cherche pas à jouer un rôle. Il dit ce qu’il ressent, sans calcul. Cette honnêteté tranche avec le reste des personnages, souvent enfermés dans des stratégies ou des postures de défense. Cooper n’a pas encore appris à se protéger en dissimulant ses émotions, et c’est ce qui le rend attachant. À l’opposé, Rebecca continue de maintenir une distance stricte entre sa vie personnelle et son travail. Pourtant, sa rencontre avec Charlie prend une tournure moins anodine qu’il n’y paraît. Leur relation, initialement légère, commence à s’ancrer dans quelque chose de plus concret.
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Le fait qu’ils soient amenés à collaborer professionnellement complique encore davantage les choses. Rebecca montre enfin une forme de vulnérabilité, discrète mais réelle. Cet épisode 6 donne parfois l’impression qu’il ne se passe rien, et c’est précisément là que réside sa force. Chaque scène prépare le terrain pour la suite, sans jamais forcer le trait. Landman prend le temps de montrer comment les décisions s’installent dans le quotidien, comment les tensions s’accumulent sans explosion immédiate.
Note : 7/10. En bref, à mi-parcours de la saison 2, la série semble avoir trouvé son rythme. Un rythme lent, parfois déroutant, mais cohérent avec ce qu’elle raconte. Landman ne parle pas seulement de pétrole, d’argent ou de pouvoir. Elle parle de ce qui reste quand le travail s’arrête, quand les contrats sont signés, et que les personnages doivent vivre avec leurs choix. L’épisode 6 en est l’illustration la plus claire à ce jour.
Disponible sur Paramount+
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