Critiques Séries : Landman. Saison 2. Episode 8.

Critiques Séries : Landman. Saison 2. Episode 8.

Landman // Saison 2. Episode 8. Handsome Touched Me.

 

Avec l’épisode 8 de la saison 2, Landman poursuit une trajectoire déroutante. Intitulé « Handsome Touched Me », ce chapitre donne le sentiment que la série avance sans réelle urgence, tout en essayant de faire de cette errance une proposition narrative en soi. Le résultat divise, car derrière cette impression de flottement se cache une idée claire : tout, ici, repose sur le pari. Sur le papier, l’enjeu principal reste le même. M-Tex doit décider s’il faut relancer un forage offshore extrêmement coûteux ou s’engager dans une bataille juridique avec une compagnie d’assurance. Les données sont connues, répétées, presque martelées : un investissement massif pour une probabilité de réussite limitée, mais une rentabilité potentielle capable de tout sauver. 

 

La différence, cette fois, réside dans le fait que ces informations sont enfin exposées à Cami, qui choisit délibérément de miser sur le risque. Cette décision n’a rien de rationnel. Elle est portée par l’émotion, par le deuil, par une forme de fuite en avant. Cami ne cherche pas seulement à sauver une entreprise, mais à donner un sens à ce qui lui reste. Le forage devient une projection de son état intérieur : incertain, dangereux, mais porteur d’un possible renouveau. Ce choix éclaire le personnage, même s’il fragilise la crédibilité de la stratégie globale. Face à elle, Tommy tente de jouer son rôle habituel de garde-fou. Il réunit Rebecca, Charlie et Nate pour exposer les chiffres, rappeler les probabilités, calmer l’enthousiasme. 

Mais Charlie apporte un autre langage, presque poétique, capable de transformer une prise de risque en promesse. Ce discours touche Cami bien plus que les avertissements techniques. Une fois encore, Landman montre que les décisions les plus lourdes ne sont pas prises dans les tableaux Excel, mais dans les failles personnelles. Gallino, de son côté, s’impose comme un joueur à part entière. Il n’a aucun intérêt à freiner ce projet, puisqu’il a sécurisé son investissement en amont. Que M-Tex réussisse ou échoue, il sortira gagnant. Sa posture n’est pas celle d’un antagoniste frontal, mais d’un homme qui sait exactement comment exploiter l’attrait du risque chez les autres. 

 

Tommy le comprend parfaitement, mais se heurte à une logique implacable : personne autour de lui n’a envie de renoncer au pari. Ce thème du jeu irrigue tout l’épisode, parfois de manière plus littérale. La longue parenthèse consacrée à Angela et Ainsley, parties accompagner des résidents âgés au casino, peut sembler déconnectée de l’intrigue principale. Pourtant, cette séquence agit comme un miroir narratif. Angela emprunte de l’argent, mise gros, gagne encore plus gros. Le hasard lui sourit, sans calcul, sans plan, simplement parce qu’elle ose. Cette réussite soudaine donne une forme de légitimité à l’idée que tout miser peut parfois fonctionner. Le problème réside dans l’équilibre. 

À deux épisodes de la fin de la saison, consacrer autant de temps à cette escapade crée une frustration légitime. Si cet argent devait servir à résoudre les difficultés de M-Tex, le procédé semblerait artificiel. Même sans aller jusque-là, cette intrigue ralentit considérablement le rythme, alors que la série aurait besoin d’accélérer. Un autre fil narratif retient l’attention : celui de T.L. Dès la scène d’ouverture, le personnage apparaît vulnérable, coincé dans une piscine dont il ne parvient pas à sortir. Ce moment, simple et silencieux, dit beaucoup sur son état mental. La solution trouvée par Tommy — engager une danseuse pour assurer une forme de thérapie improvisée — pourrait basculer dans le ridicule. 

 

Pourtant, Landman parvient à transformer cette situation étrange en moment de respiration émotionnelle. T.L. retrouve un peu de légèreté, et Tommy, sans le formuler, semble soulagé de voir son père encore capable de réagir au monde. Rebecca, en revanche, traverse une zone de turbulence plus discrète. Son attachement à Charlie la place dans une position inconfortable, surtout lorsqu’il refuse d’arrondir la vérité devant Cami. Cette honnêteté, pourtant saine, fissure l’équilibre fragile qu’elle tente de maintenir entre contrôle professionnel et abandon personnel. Là encore, le pari est émotionnel : accepter la solitude pour rester fidèle à ses principes, ou céder pour préserver une relation. L’épisode 8 de la saison 2 de Landman n’est pas dépourvu d’idées. 

Il propose une lecture cohérente de ses personnages à travers une thématique commune, celle du risque assumé. Mais cette cohérence peine à masquer une stagnation narrative préoccupante. Les enjeux avancent peu, les conflits se répètent sous d’autres formes, et la tension construite précédemment se dilue. À ce stade, la série donne l’impression de repousser volontairement l’échéance, comme si elle craignait de trancher. Le pari est désormais entre les mains du récit lui-même. Soit les deux derniers épisodes redonnent une direction claire à cette saison, soit Landman s’enfermera dans une errance qu’elle aura elle-même choisie.

 

Note : 4/10. En bref, l’épisode 8 de la saison 2 de Landman n’est pas dépourvu d’idées. Il propose une lecture cohérente de ses personnages à travers une thématique commune, celle du risque assumé. Mais cette cohérence peine à masquer une stagnation narrative préoccupante. Les enjeux avancent peu, les conflits se répètent sous d’autres formes, et la tension construite précédemment se dilue. 

Disponible sur Paramount+

 

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