28 Janvier 2026
Will Trent // Saison 4. Episode 4. The Man From Nowhere.
Avec l’épisode 4 de la saison 4 de Will Trent, intitulé « The Man From Nowhere », la série change légèrement de tempo après un épisode 3 très sombre et chargé émotionnellement. Là où « Studio 4B » s’enfonçait dans un malaise presque étouffant autour de l’art et de la mort, cet épisode choisit une autre porte d’entrée : la danse, la culture et la question de l’identité. Le contraste est frappant, et c’est précisément ce qui rend cet épisode intéressant, même lorsqu’il montre certaines limites. Tout commence dans l’énergie d’un concours de salsa à Atlanta. La musique est forte, les corps sont en mouvement, l’ambiance est festive.
La mort de Catalina, qui s’effondre soudainement sur la piste de danse, coupe net cet élan. La mise en scène insiste sur le choc visuel : une danse parfaitement chorégraphiée qui se termine dans un silence brutal. Très vite, les signes de poison apparaissent, et l’enquête démarre. L’affaire en elle-même reste assez classique pour Will Trent, mais elle sert surtout de révélateur à quelque chose de plus intime chez le personnage principal. Ce qui marque avant tout dans cet épisode, c’est la manière dont l’enquête confronte Will à son rapport compliqué à ses origines portoricaines. Être entouré de témoins majoritairement hispanophones le met immédiatement en difficulté.
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Son espagnol hésitant, parfois maladroit, crée des situations légèrement comiques, mais le malaise est bien réel. Derrière les sourires gênés, il y a cette sensation persistante de ne jamais être tout à fait à sa place. Contrairement à l’épisode précédent, où Will retrouvait une forme de légèreté grâce à Ava, ici, le personnage est ramené à une faille plus ancienne. Cette thématique de l’identité est traitée avec une certaine retenue. L’épisode ne cherche pas à en faire un discours appuyé, mais plutôt à montrer comment ces petites humiliations, souvent involontaires, s’accumulent. Les remarques condescendantes de certains suspects, notamment Ramos Delgado, rappellent à Will des blessures qu’il pensait avoir mises à distance.
Ce parallèle fonctionne bien avec ce que la série raconte depuis le début : Will est un homme compétent, brillant même, mais constamment traversé par un sentiment d’illégitimité. La relation entre Will et Faith continue d’être l’un des piliers solides de la série. Leur dynamique apporte de l’équilibre à l’épisode, surtout dans un contexte aussi fermé que ce club où tout le monde devient suspect. Le retour de Bon Bon est clairement un choix payant. Le personnage apporte une énergie différente, plus légère, mais jamais ridicule. Son regard sur le milieu de la danse et ses petites observations sociales permettent à l’enquête d’avancer tout en offrant des respirations bienvenues.
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Cela rappelle à quel point Will Trent sait utiliser ses personnages secondaires pour enrichir ses intrigues sans les réduire à de simples faire-valoir. L’enquête autour du poison et de l’erreur de cible est plutôt bien construite, même si certaines pistes paraissent prévisibles. Le retournement autour de Roxy et d’Isabella fonctionne surtout grâce à l’attention aux détails, notamment ce tatouage que Will est le seul à vraiment interpréter. Ce genre de résolution correspond bien à la série, qui privilégie souvent l’observation fine à l’action spectaculaire. Cela dit, la partie diplomatique de l’affaire, avec l’immunité de Ramos, donne parfois l’impression d’un frein narratif un peu artificiel, même si la confrontation finale permet de retrouver une certaine tension.
En parallèle, l’intrigue secondaire avec Angie et Ormewood apporte un ton très différent. Le retour d’Ormewood sur le terrain continue d’être exploré, mais cette fois sous un angle presque ironique grâce aux stagiaires. Leur enthousiasme maladroit et leur naïveté créent un contraste amusant avec l’expérience d’Angie. Pourtant, malgré un début prometteur, ce fil narratif donne le sentiment d’être écourté. L’arrestation finale manque de respiration, comme si la série n’osait pas aller au bout de cette histoire pourtant lourde de sens, notamment sur les violences systémiques et l’invisibilisation des victimes marginalisées. La scène avec la thérapeute, Dr Roach, reste l’un des moments les plus justes de l’épisode.
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Will y met enfin des mots sur ce qu’il ressent depuis le début : le manque, la frustration, le deuil d’une culture qu’il n’a jamais vraiment pu vivre. Cette conversation fait écho à ce qui a été amorcé plus tôt dans la saison, mais elle prend ici une dimension plus concrète. Il ne s’agit plus seulement de comprendre son passé, mais d’accepter que l’apprentissage d’une culture n’efface pas le sentiment de perte. Comparé à l’épisode 3, « The Man From Nowhere » paraît moins oppressant, mais aussi moins marquant sur le plan émotionnel pur. Là où « Studio 4B » laissait une impression durable par son atmosphère dérangeante, cet épisode mise davantage sur l’intime et la douceur, notamment dans la dernière scène où Will danse avec Betty.
Ce moment, simple et presque anodin, résume bien l’état d’esprit de l’épisode : malgré les échecs, les doutes et les blessures, il reste possible de trouver un espace de réconfort. Cet épisode n’est pas parfait. Certaines intrigues secondaires auraient mérité plus de temps, et le rythme peut sembler inégal par moments. Pourtant, il s’inscrit logiquement dans l’évolution de Will Trent, en continuant de creuser son personnage principal sans trahir l’ADN de la série. « The Man From Nowhere » rappelle que, derrière chaque enquête, il y a surtout des individus qui tentent de comprendre qui ils sont et d’où ils viennent, même lorsque les réponses restent incomplètes.
Note : 6.5/10. En bref, cet épisode n’est pas parfait. Certaines intrigues secondaires auraient mérité plus de temps, et le rythme peut sembler inégal par moments. Pourtant, il s’inscrit logiquement dans l’évolution de Will Trent, en continuant de creuser son personnage principal sans trahir l’ADN de la série.
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