2 Avril 2026
Will Trent // Saison 4. Episode 13. Did I Screw This Up?
Avec l’épisode 13 de la saison 4 de Will Trent, la série poursuit une dynamique déjà bien installée depuis plusieurs semaines : mêler des intrigues criminelles solides à des arcs émotionnels parfois inconfortables. Après un épisode 12 qui revenait à une structure plus classique, celui-ci prend un virage plus ambigu, notamment à travers une affaire de violence conjugale qui vient directement impacter Amanda. Ce qui frappe d’emblée, c’est la manière dont la série aborde un sujet sensible sans chercher à simplifier. L’histoire entre Amanda et Casey, amorcée précédemment, prend ici une tournure bien plus trouble.
Là où l’épisode 12 laissait entrevoir une relation fragile mais sincère, cet épisode 13 installe un doute constant. La question n’est plus seulement de savoir ce qui s’est passé, mais pourquoi cela a dégénéré. Cette nuance rend l’intrigue plus crédible, même si elle met aussi mal à l’aise. Le traitement du personnage d’Amanda reste cependant discutable. Depuis plusieurs épisodes, son rôle semble systématiquement lié à des traumatismes ou des situations émotionnellement lourdes. Cela fonctionne sur le moment, mais à force, cela donne l’impression que le personnage n’existe qu’à travers la souffrance.
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Ce choix contraste avec d’autres membres de l’équipe qui bénéficient d’un équilibre plus marqué entre vie personnelle et enquêtes. L’intervention de l’Internal Affairs, incarnée par Appleyard, ajoute une pression supplémentaire. Son attitude opportuniste ne surprend pas vraiment, mais elle fonctionne comme un rappel des tensions internes déjà évoquées dans les épisodes précédents. Déjà dans l’épisode 9, la remise en question du système judiciaire pesait sur Ormewood. Ici, c’est Amanda qui se retrouve face à une institution prête à la juger rapidement. Cette continuité thématique est intéressante, même si elle devient un peu répétitive. En parallèle, l’épisode propose une intrigue plus atypique avec cette histoire d’étudiant affirmant avoir des visions.
Ce genre de piste aurait pu sembler déplacé dans une série comme Will Trent, mais le traitement reste relativement ancré dans le réel. Le personnage de Seymour apporte une touche différente, presque décalée, qui rappelle certaines expérimentations vues dans l’épisode 8 avec son ambiance presque surnaturelle. L’enquête menée par Angie et Ormewood fonctionne surtout grâce à leur dynamique. Leur complicité, déjà visible dans les épisodes précédents, continue d’évoluer. Pourtant, quelque chose semble avoir changé depuis l’épisode 10, où leur relation paraissait plus naturelle.
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Ici, une forme de distance s’installe, comme si la série hésitait sur la direction à prendre. Cette hésitation se ressent aussi dans le ton de leurs échanges, parfois plus secs qu’à l’accoutumée. L’affaire en elle-même, centrée sur une femme confrontée à une fausse couche et à une détresse psychologique profonde, est difficile à regarder. Elle met en lumière une autre forme de violence, moins visible mais tout aussi destructrice. Le choix de montrer cette réalité sans en faire un simple ressort dramatique mérite d’être souligné. Cependant, la résolution reste assez rapide, ce qui atténue légèrement l’impact émotionnel. Du côté d’Ormewood, l’évolution amorcée dans l’épisode 9 continue de porter ses fruits.
Le personnage gagne en épaisseur, notamment à travers sa relation avec Joanne. Leur interaction apporte une respiration bienvenue dans un épisode globalement tendu. La maladresse de leur rendez-vous, loin des clichés romantiques habituels, fonctionne justement parce qu’elle reste simple et crédible. Cela change des tensions plus lourdes observées ailleurs dans la saison. Ce rapprochement contraste avec la trajectoire de Faith. Depuis plusieurs épisodes, son personnage semble en quête de sens. Déjà fragilisée après son histoire avec Malcolm, elle apparaît ici plus distante, presque en retrait. Sa décision de ne pas lire les lettres reçues marque une forme de rupture, mais aussi une certaine résignation.
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Cette évolution est cohérente, même si elle mériterait d’être davantage développée. L’un des points les plus discutables reste la gestion de Casey. Le doute autour de ses intentions crée une tension intéressante, mais la révélation finale laisse un goût amer. Si elle a effectivement manipulé Amanda, cela complexifie son personnage, mais cela pose aussi un problème de représentation. L’idée qu’une victime puisse instrumentaliser sa situation est délicate, et la série marche ici sur une ligne fine. Le résultat n’est pas totalement convaincant, même si l’intention de nuancer le propos est perceptible.
En prenant du recul, cet épisode 13 s’inscrit dans la continuité directe des précédents. Il reprend des thèmes déjà abordés — la confiance, la manipulation, les failles du système — tout en les appliquant à de nouveaux contextes. Comparé à l’épisode 11, très centré sur Will et son passé, celui-ci recentre légèrement l’attention sur le groupe, même si certains personnages restent en retrait. Il manque peut-être une intrigue centrale suffisamment forte pour marquer durablement. Là où l’épisode 10 proposait une enquête plus structurée et immersive, celui-ci mise davantage sur les interactions et les dilemmes moraux. Ce choix n’est pas mauvais en soi, mais il donne un épisode moins marquant sur le plan narratif.
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Malgré cela, Will Trent continue de proposer une écriture qui cherche à dépasser le simple procedural. Cet épisode 13 en est une preuve supplémentaire, même s’il n’atteint pas toujours l’équilibre souhaité entre émotion et intrigue. L’intérêt reste intact, notamment grâce aux personnages, mais la série gagnerait à varier davantage les arcs proposés à certains d’entre eux. Ce qui ressort finalement, c’est une impression de transition. L’histoire avance, les relations évoluent, mais tout semble encore en construction. Reste à voir si les prochains épisodes sauront capitaliser sur ces tensions pour offrir quelque chose de plus abouti.
Note : 7/10. En bref, Will Trent continue de proposer une écriture qui cherche à dépasser le simple procedural. Cet épisode 13 en est une preuve supplémentaire, même s’il n’atteint pas toujours l’équilibre souhaité entre émotion et intrigue.
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