Critiques Séries : Will Trent. Saison 4. Episode 17.

Critiques Séries : Will Trent. Saison 4. Episode 17.

Will Trent // Saison 4. Episode 17. Where'd You Come From, Little Angel?

 

On vient de passer par des montagnes russes assez violentes avec cette saison 4 de Will Trent. Après le choc brutal de la mort d'Amanda et la tension qui n'a pas lâché d'une semelle ces dernières semaines, l'épisode 17 arrive comme une espèce de pause forcée. C'est un moment de respiration, mais pas forcément le genre de pause qui détend. On est plutôt dans une introspection un peu lourde, nécessaire pour que Will ne finisse pas totalement en miettes. Pour être honnête, quand l'épisode a commencé, j'ai eu un petit moment de flottement. Le rythme tombe d'un coup. 

 

Si vous aimiez le côté nerveux et les enquêtes qui s'enchaînent à 100 à l'heure, cet épisode risque de vous bousculer. L'enquête de la semaine est là, bien sûr, mais elle passe clairement au second plan. C'est un choix risqué pour une série policière, surtout à ce stade de la compétition, mais j'ai fini par comprendre où ils voulaient nous emmener : à l'intérieur de la tête de Will. Ce qui rend cet épisode intéressant, c'est de voir Will perdre pied. On a l'habitude de son côté un peu rigide, de ses méthodes d'analyse ultra-précises et de son contrôle permanent. Là, c'est terminé. La mort d'Amanda a agi comme un court-circuit. 

Le voir incapable de lire une scène de crime ou de se concentrer sur des indices basiques, c'est assez dérangeant. On sent que le socle de sa vie s'est barré. C'est frustrant par moments, parce qu'on a envie qu'il reprenne le dessus, mais c'est hyper réaliste sur la gestion d'un trauma. La série utilise un procédé qui va forcément faire causer : les visions. Will se retrouve à discuter avec une version plus jeune d'Amanda. Dans n'importe quelle autre série, j'aurais probablement crié à la facilité scénaristique. C'est le genre de truc vu et revu. Pourtant, ici, ça m'a touché. Pourquoi ? Parce que leur relation a toujours été basée sur les non-dits et une pudeur presque excessive. 

 

Will avait besoin de ce dialogue imaginaire pour sortir ce qu'il a sur le cœur. Ces scènes nous permettent de voir leur lien sous un jour nouveau. On sort du cadre pro ou protecteur pour entrer dans quelque chose de plus profond. L'épisode appuie là où ça fait mal : le regret. Will ne se contente pas d'être triste, il s'en veut. Il s'en veut pour tout ce qu'il n'a pas dit, pour ce qu'il n'a pas compris à temps. C'est cette dimension psychologique qui sauve l'épisode de la lenteur. On n'est plus dans la colère pure de l'épisode précédent, on est dans l'étape d'après, celle où on réalise que le vide est définitif. Pendant ce temps, le reste de la bande (Faith, Ormewood, Angie) fait ce qu'il peut. 

Ils gravitent autour de Will comme s'ils marchaient sur des œufs. J'ai trouvé ça un peu dommage qu'ils soient autant en retrait, car l'alchimie de groupe est d'habitude une grande force de la série. Mais logiquement, ils ne savent pas comment gérer un Will Trent en plein burn-out émotionnel. Le contraste avec la fluidité de l'équipe dans l'épisode 14 est flagrant, et c'est sans doute voulu pour souligner à quel point le groupe est impacté. L'histoire du scientifique et de sa mort un peu bizarre apporte un petit côté original, mais on ne va pas se raconter d'histoires : on l'oubliera vite. Elle ne sert que de prétexte pour forcer Will à se remettre au boulot. 

 

C'est en essayant de se reconnecter à ses réflexes d'enquêteur qu'il commence, tout doucement, à sortir la tête de l'eau. Ce n'est pas une guérison miracle, loin de là, mais c'est une première étape. Ce que j'apprécie vraiment dans cette fin de saison, c'est que les scénaristes ne zappent pas le deuil au bout de deux épisodes. L'absence d'Amanda est pesante, elle est partout. Ça donne une vraie épaisseur à l'histoire. On sent que les événements ont des conséquences durables, et ça, c'est une qualité rare dans le format épisodique classique.

Maintenant, j'attends de voir comment ils vont conclure tout ça. Est-ce que Will va retrouver son flair ou est-ce qu'on va découvrir un personnage définitivement changé ? Une chose est sûre : la série a réussi à nous faire oublier le côté purement procédural pour nous faire vivre une vraie tragédie humaine.

 

Note : 6.5/10. En bref, cet épisode 17 est un épisode de transition. Il casse le rythme, il divise par ses choix narratifs oniriques, mais il est essentiel pour le personnage de Will. On ne pouvait pas continuer comme si de rien n'était. Si l'épisode 15 nous a choqués et que le 16 nous a fait sortir les mouchoirs, celui-ci tente de poser les bases d'une reconstruction. C'est imparfait, c'est parfois un peu lent, mais c'est honnête par rapport au parcours de Will Trent.

Prochainement sur Disney+, TF1 et TF1+

 

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