Critique Ciné : F - La Saint-Valentin (2026, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : F - La Saint-Valentin (2026, Amazon Prime Video)

F - La Saint-Valentin // De Mark Gantt. Avec Virginia Gardner, Marisa Tomei et Skylar Astin.

 

Avec F - La Saint-Valentin, le réalisateur Mark Gantt tente de moderniser la comédie romantique en la rendant plus acide, presque anti-rose bonbon. Sur le papier, l’idée pouvait intriguer : une héroïne qui déteste le 14 février, une demande en mariage qui tourne mal, des mensonges qui s’accumulent et un séjour en Grèce censé tout faire exploser. Dans les faits, le film peine à rendre ses personnages attachants et s’enferme dans un scénario qui confond conflit et mauvaise foi permanente. Gina, interprétée par Virginia Gardner, est née un 14 février. Elle déteste donc la Saint-Valentin, qui éclipse chaque année son anniversaire. 

 

Née le jour de la Saint-Valentin, l'anti-romantique Gina est déterminée à empêcher son petit ami de la demander en mariage lors d'une escapade pour son anniversaire en Grèce.

 

Le traumatisme lié à la mort de son père, évoqué plus tard dans le récit, est censé expliquer ce rejet. Mais le film préfère garder cette information pour un moment appuyé, plutôt que de construire dès le départ un vrai fond émotionnel. Le vrai souci vient d’ailleurs : Gina ment tout le temps. À son entourage, à son petit ami, parfois même pour des détails sans importance. Certaines scènes la montrent improviser des histoires absurdes alors que le spectateur connaît déjà la vérité. Ce décalage ne crée pas de comédie. Il crée surtout de la distance. Difficile de s’investir dans une relation quand la base repose sur des mensonges constants. La romance repose sur son couple avec Andrew, joué par Skylar Astin. 

 

Andrew prévoit de la demander en mariage lors d’un voyage en Grèce, organisé autour de son anniversaire. Le problème, c’est que le film insiste sur le fait que Gina ne veut pas de cette demande… sans jamais clarifier ce qu’elle ressent vraiment. Être en couple depuis un an sans être amoureuse peut être un sujet intéressant. Ici, cela ressemble surtout à un outil scénaristique. Le ton se veut léger, parfois ironique. Pourtant, les vraies scènes comiques sont rares. Quelques seconds rôles s’en sortent mieux. Lil Rel Howery, en ami un peu dépassé, apporte un peu d’énergie. Natasha Leggero, dans un rôle secondaire, parvient à créer de petits moments amusants. Mais cela reste ponctuel.

 

Une scène autour d’une tortue malade, censée détourner l’attention d’Andrew, pousse l’absurde assez loin. Le gag dure longtemps, peut-être trop. Le film semble persuadé que l’excès suffit à déclencher le rire. Ce n’est pas toujours le cas. Même la structure joue la carte de l’originalité forcée. Les cartons indiquant le passage du temps commencent par “Et…”. “Et 350 jours plus tard.” “Et un an après.” L’effet est visible, mais il ne change pas grand-chose à la dynamique. L’intrigue se déroule en partie en Grèce, où vit la mère de Gina, interprétée par Marisa Tomei. Ses scènes sont parmi les plus sincères du film. Face à elle, Gina baisse un peu la garde. Ces échanges fonctionnent parce qu’ils abandonnent les faux-semblants.

 

En revanche, le choix des lieux pose question. Certaines images censées représenter la Grèce sont clairement tournées ailleurs. Les connaisseurs reconnaîtront Malte ou Dubrovnik, même quand le scénario affirme le contraire. Cela peut sembler anecdotique, mais pour un film centré sur les faux-semblants, voir le décor mentir lui aussi ajoute une couche involontaire d’ironie. Comme souvent dans les comédies romantiques récentes, le scénario utilise l’infidélité comme déclencheur. Andrew, présenté comme un homme honnête et amoureux, est impliqué dans une situation qui le transforme en fautif au moment clé. Ce basculement paraît forcé. 

 

Le personnage ne semble pas cohérent avec ce geste, surtout le jour même où il prévoit de demander Gina en mariage. Le film cherche à créer un retournement, à brouiller les pistes, à surprendre. Mais sans base solide, le choc émotionnel tombe à plat. La scène où toutes les vérités éclatent, dans un espace commun du complexe hôtelier, vire presque à la farce. Les personnages crient, révèlent des détails intimes devant des inconnus, et la situation dure bien plus longtemps que crédible. Le dernier acte propose un double mariage. Les tensions semblent oubliées, digérées, presque effacées par la simple force d’un happy end collectif. Les personnages secondaires, croisés brièvement plus tôt, sont tous invités. Le film boucle la boucle en réconciliant Gina avec la Saint-Valentin.

 

Ce choix aurait pu fonctionner si le chemin pour y arriver avait été plus solide. Or, le pardon arrive vite. Les conflits paraissent balayés plutôt que résolus. L’impression laissée est celle d’un film qui veut subvertir la comédie romantique, mais qui finit par retomber dans ses codes les plus classiques. F - La Saint-Valentin tente de proposer une alternative aux romances sucrées façon téléfilm. L’intention est claire : montrer des personnages imparfaits, jouer avec les attentes, injecter un peu d’amertume dans une histoire d’amour. Mais pour que cela fonctionne, il faut que les personnages restent crédibles. Ici, la répétition des mensonges finit par lasser. La relation centrale manque d’alchimie. 

 

Les meilleurs moments viennent des seconds rôles et des scènes plus calmes, notamment avec la mère. Le film dure un peu plus d’une heure et demie, mais il donne parfois l’impression d’être plus long. Cette comédie romantique pourra peut-être séduire un public curieux de voir une version moins sucrée du 14 février. Pour ma part, j’attendais des personnages auxquels m’attacher, ou au moins croire. 

 

Note : 3.5/10. En bref, F - La Saint-Valentin préfère multiplier les détours et les faux-semblants, au risque de perdre ce qui fait le cœur du genre : donner envie de croire à l’histoire d’amour.

Sorti le 6 février 2026 directement sur Amazon Prime Video

 

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