1 Février 2026
It’s Not Like That // Saison 1. Episode 2. New Voices.
L’épisode 2 de la saison 1 de It’s Not Like That adopte une approche plus introspective que le précédent. Là où le pilote posait les bases émotionnelles et relationnelles, ce nouvel épisode s’attarde davantage sur les répercussions concrètes des choix, des non-dits et des fragilités déjà installées. Le récit se recentre sur les enfants, tout en continuant d’explorer la zone trouble dans laquelle évoluent Malcolm et Lori. L’ouverture, construite autour d’un souvenir partagé, rappelle à quel point le passé reste présent dans le quotidien des personnages. Ce contraste entre hier et aujourd’hui fonctionne comme un rappel discret : les familles ont changé, les repères aussi.
L’absence de certains visages dans le présent n’a pas besoin d’être explicitée pour se faire sentir. Une tension silencieuse s’installe rapidement, notamment entre Malcolm et Lori, comme si l’épisode refusait d’ignorer ce qui a été déclenché précédemment. Du côté de Lori, la relation avec David continue de se redéfinir dans l’inconfort. Son envie soudaine de se rapprocher de ses enfants soulève une question centrale : est-ce une tentative sincère de réparer, ou une réaction tardive à une perte de contrôle ? Lori semble lucide sur les risques de faux espoirs, en particulier pour Merritt et Casey, qui oscillent déjà entre colère et attente. Cette lucidité la place souvent dans une posture ingrate, celle du parent qui doit poser des limites même lorsque la situation reste floue.
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Merritt, justement, apparaît comme l’un des personnages les plus touchés par cette instabilité. Son rapport conflictuel avec son père dépasse la simple opposition adolescent-parent. Il y a chez lui un rejet de la projection, du rêve imposé, et une fatigue face aux décisions prises sans lui. Cette frustration se traduit par une forme de retrait, mais aussi par une recherche de compréhension ailleurs. Cette compréhension, Merritt la trouve auprès de Flora. Leur rapprochement se construit sans artifices, dans des échanges simples mais chargés de sens. Flora, toujours en équilibre précaire, continue de naviguer entre volonté d’indépendance et besoin d’écoute.
Son rapport à la thérapie, à la foi et à son père reste conflictuel, mais l’épisode prend le temps de montrer que ces résistances ne sont pas des refus définitifs. Elles ressemblent davantage à des tentatives de reprendre le contrôle sur une douleur persistante. La manière dont la série aborde la santé mentale reste mesurée. Rien n’est surjoué, rien n’est expliqué de manière didactique. Les inquiétudes de Malcolm face au comportement de sa fille sont compréhensibles, tout comme son désarroi lorsqu’il se rend compte qu’il ne peut pas tout anticiper. La conversation qui s’installe entre eux marque un tournant discret : l’autorité laisse place à l’écoute, même imparfaite. Pendant ce temps, les plus jeunes affrontent des réalités tout aussi rudes.
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Justin, déjà fragile dans l’épisode précédent, s’enferme davantage dans le silence. Le harcèlement qu’il subit n’est pas traité comme un événement isolé mais comme une accumulation, renforcée par l’impression de devoir gérer seul. Sa solitude contraste fortement avec la violence de certaines scènes, et rend son parcours particulièrement difficile à regarder. Casey et Penelope incarnent une autre facette de l’adolescence : celle de la séparation progressive entre deux enfants qui grandissent différemment. Leur amitié, autrefois évidente, se fissure sous le poids des attentes sociales, du regard des autres et de la peur de ne pas appartenir au bon groupe. Casey affirme une force qui dérange, tandis que Pen tente de se fondre dans un moule qui ne lui correspond pas vraiment.
Leur confrontation n’est pas manichéenne, et c’est ce qui la rend crédible. L’épisode trouve un certain équilibre en montrant que le courage ne prend pas toujours la même forme. Il peut s’agir de se défendre physiquement, de s’excuser après une lâcheté, ou simplement d’admettre que quelque chose fait encore mal. Cette pluralité de réactions évite de hiérarchiser les souffrances. La relation entre Malcolm et Lori revient au premier plan dans la dernière partie de l’épisode. Leur discussion, plus posée, n’efface pas la confusion mais la rend explicite. Le choix de Lori de tenter une rencontre extérieure semble motivé par une volonté de normalité, voire de rationalité.
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Pourtant, même dans ce contexte, quelque chose reste en suspens. Le décalage entre ce qu’elle essaie de faire et ce qu’elle ressent est palpable. La scène finale, marquée par une confession inattendue et une écoute involontaire, agit comme un point de bascule. Elle ne dramatise pas excessivement la situation, mais en souligne les conséquences à venir, notamment pour Merritt. Ce moment rappelle que, dans It’s Not Like That, les adultes ne sont jamais seuls à porter le poids de leurs décisions.
Note : 6.5/10. En bref, l’épisode 2 de la saison 1 approfondit les thèmes esquissés précédemment : le deuil, la reconstruction, la difficulté de communiquer sans blesser. Le récit avance sans chercher l’effet, préférant s’attarder sur des trajectoires intimes et parfois inconfortables. Une progression plus discrète, mais essentielle pour comprendre ce qui se joue réellement entre ces personnages.
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