Critiques Séries : It’s Not Like That. Saison 1. Episode 4.

Critiques Séries : It’s Not Like That. Saison 1. Episode 4.

It’s Not Like That // Saison 1. Episode 4. The Space I Keep For You.

 

Après quatre épisodes, It’s Not Like That continue de proposer un univers cohérent et des personnages bien définis, mais ce nouvel épisode renforce une impression persistante : la série avance avec prudence, parfois au point de retenir son propre potentiel. L’épisode 4 ne manque pas d’idées ni de situations intéressantes, pourtant quelque chose semble encore manquer pour rendre l’ensemble réellement marquant. L’ambiance reste fidèle à ce qui a été installé depuis le début. Le cadre familial, la place de la foi, les relations intergénérationnelles et les émotions liées aux ruptures et aux deuils forment toujours le cœur du récit. 

 

L’émotion est présente, mais elle reste mesurée, presque retenue. Cette retenue donne parfois le sentiment que la série n’ose pas encore aller au bout de ce qu’elle met en place. La situation autour de David prend une tournure plus inconfortable dans cet épisode. Les tensions entre lui et Lori, déjà perceptibles auparavant, deviennent plus visibles et surtout plus lourdes à gérer pour leur entourage. Le regard que David porte sur la relation supposée entre Lori et Malcolm influence directement son comportement, aussi bien dans sa vie professionnelle que personnelle. Cette colère, alimentée par des non-dits et des interprétations hâtives, crée un malaise qui déborde rapidement. 

L’épisode montre à quel point les conséquences d’un malentendu peuvent être disproportionnées lorsqu’elles sont portées par des blessures non refermées. Lori se retrouve prise dans une situation injuste, coincée entre son passé conjugal et son présent encore instable. Le comportement de David, notamment lorsqu’il perd le contrôle, agit comme un rappel brutal de ses fragilités. Cette partie du récit est efficace, mais elle aurait gagné à être traitée avec un peu plus de profondeur émotionnelle pour laisser une empreinte plus durable. Du côté des adolescents, les dynamiques évoluent de manière contrastée. 

 

Casey se retrouve projetée sous une lumière qu’elle n’a pas vraiment choisie, ce qui modifie instantanément son statut auprès de ses camarades. Cette soudaine reconnaissance crée un décalage avec Penelope, déjà fragilisée par un sentiment d’exclusion. Leur relation se tend davantage, nourrie par des jalousies indirectes et des frustrations mal exprimées. Penelope, de son côté, semble davantage inquiète que réellement envieuse. Sa peur de perdre sa place, autant dans sa famille que dans son cercle social, devient plus visible. La série aborde ici des thèmes classiques de l’adolescence, comme la comparaison permanente et le besoin de reconnaissance, sans chercher à les dramatiser à l’excès.

Le traitement reste juste, mais là encore, l’impact émotionnel reste modéré. La relation entre Merritt et Flora apporte une respiration différente à l’épisode. Leur rapprochement se construit autour de la musique, un langage commun qui permet à Flora d’exprimer ce qu’elle peine à formuler autrement. Son rapport à la création artistique est intimement lié à la mémoire de sa mère, ce qui rend chaque avancée chargée de sens. La série montre avec finesse comment l’art peut devenir un espace sécurisé pour affronter le deuil. Flora reste toutefois marquée par une peur du regard des autres. Son refus de se mettre en avant, même lorsque son talent est reconnu, en dit long sur son besoin de se protéger. 

 

Merritt, plus spontané, agit comme un catalyseur plutôt que comme un sauveur. Leur relation évolue doucement, sans excès, ce qui la rend crédible malgré un contexte familial complexe. Leur rapprochement apporte une touche de douceur à un épisode autrement assez tendu. Chez Malcolm, l’épisode 4 met en lumière une autre difficulté : celle de vouloir être irréprochable. Sa tentative de se projeter dans une nouvelle relation amoureuse se heurte rapidement à la réalité de son identité de pasteur. Le malaise ressenti lors de son rendez-vous souligne à quel point son rôle influence la manière dont les autres le perçoivent, parfois avant même de le connaître réellement.

Parallèlement, son inquiétude concernant Justin révèle une forme de déni. Malcolm peine à accepter que son fils, souvent perçu comme calme et équilibré, puisse lui aussi traverser une période de fragilité. Cette résistance à voir les failles de Justin montre que le personnage n’est pas seulement un pilier pour les autres, mais aussi quelqu’un qui a besoin de revoir certaines certitudes. L’échange avec l’adulte référente de l’école agit comme un signal d’alarme discret, mais nécessaire. La relation entre Malcolm et Lori reste marquée par une ambiguïté persistante. Leur complicité est toujours là, plus contenue qu’auparavant, mais loin d’avoir disparu. Les dialogues entre eux suggèrent un attachement qui n’a pas été complètement digéré. 

 

Cette retenue fonctionne narrativement, mais elle commence aussi à donner l’impression d’un statu quo prolongé. En conclusion, l’épisode 4 de It’s Not Like That confirme les qualités d’écriture et d’interprétation de la série, tout en accentuant une frustration naissante. Les bases sont solides, les personnages crédibles, les thèmes intéressants. Pourtant, après quatre épisodes, l’attente d’un véritable élan se fait sentir. La série prend son temps, peut-être trop, et semble encore hésiter à franchir un cap émotionnel. Il ne s’agit pas d’un manque de qualité, mais d’un besoin de rythme et d’impact pour transformer une bonne idée en une expérience plus marquante.

 

Note : 5.5/10. En bref, l’épisode 4 de It’s Not Like That confirme les qualités d’écriture et d’interprétation de la série, tout en accentuant une frustration naissante. Les bases sont solides, les personnages crédibles, les thèmes intéressants. Pourtant, après quatre épisodes, l’attente d’un véritable élan se fait sentir.

Prochainement sur Amazon Prime Video

 

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