Critiques Séries : It’s Not Like That. Saison 1. Episode 3.

Critiques Séries : It’s Not Like That. Saison 1. Episode 3.

It’s Not Like That // Saison 1. Episode 3. Transition Townhomes.

 

L’épisode 3 de la saison 1 de It’s Not Like That s’inscrit dans une continuité émotionnelle logique, tout en déplaçant légèrement le centre de gravité du récit. Là où les deux premiers épisodes exploraient surtout le choc et la confusion, celui-ci s’intéresse davantage aux transitions. Des transitions imparfaites, souvent inconfortables, qui obligent chaque personnage à regarder ce qu’il est prêt à lâcher et ce qu’il n’est pas encore capable de perdre. Le retour dans le passé, en ouverture, n’a rien de gratuit. Il rappelle que certaines décisions prises aujourd’hui trouvent leur origine dans des projets partagés autrefois.

 

Jenny apparaît comme une figure fédératrice, tournée vers les autres, et son absence se mesure moins par le manque que par le vide organisationnel et émotionnel qu’elle a laissé. Ce contraste entre souvenir et présent donne immédiatement le ton : avancer implique de renoncer à certaines habitudes, mais aussi d’en préserver le sens. Chez Malcolm, cette tension se cristallise autour des affaires de Jenny. L’idée de se séparer de certains objets n’est pas anodine. Elle agit comme une étape symbolique, presque administrative, dans un deuil qui, lui, reste profondément intime. Le choix d’impliquer les enfants dans ce processus révèle une volonté sincère de transmission, mais aussi une certaine maladresse. 

Le rythme du parent ne correspond pas forcément à celui des enfants, et l’épisode prend le temps de montrer cette friction sans chercher à désigner un tort clair. Flora et Penelope expriment leur résistance de manière différente. L’une verbalise, l’autre observe et encaisse. Leur rapport à la mémoire de leur mère passe par des chemins opposés, mais aucun ne semble moins légitime que l’autre. La série évite ici une approche uniformisée du deuil, préférant souligner que chacun négocie la perte à sa façon, parfois à contretemps du reste de la famille. Du côté des Soto, l’épisode se concentre sur la difficulté de recréer une dynamique parentale après une séparation. 

 

Le nouveau logement de David, censé incarner un nouveau départ, agit plutôt comme un rappel brutal de ce qui a été perdu. Merritt et Casey perçoivent ce lieu comme provisoire, presque artificiel, et leur refus d’y aller dépasse la simple opposition adolescente. Il traduit une peur plus profonde : celle de normaliser une situation qu’ils n’ont pas choisie. Merritt, en particulier, occupe une place centrale dans cet épisode. Sa colère ne se limite plus à des réactions passagères. Elle s’installe, se structure, et trouve des points d’ancrage précis. Son rapport à son père est chargé de reproches non formulés, et chaque tentative de rapprochement semble raviver davantage le ressentiment. 

Cette colère n’est pas présentée comme gratuite, mais comme le symptôme d’un bouleversement encore mal digéré. À l’inverse, David commence à montrer des failles plus visibles. Derrière l’envie de bien faire, il y a un homme qui doute, qui réalise que la liberté espérée n’apporte pas l’apaisement attendu. Les moments où il se retrouve seul, confronté aux vestiges de sa vie passée, sont parmi les plus parlants. Sans longs discours, l’épisode suggère qu’il commence à comprendre l’impact réel de ses choix. Lori, prise entre ces deux foyers, continue d’avancer en terrain instable. Son épuisement émotionnel transparaît dans les petits détails, dans cette impression persistante de devoir gérer les conséquences pendant que d’autres expérimentent le changement. 

 

Sa proximité avec Malcolm, déjà questionnée auparavant, devient plus visible, plus risquée aussi. Leur relation reste marquée par une grande facilité d’échange, mais cette facilité commence à poser problème dès lors qu’elle brouille certaines frontières. Malcolm, quant à lui, se retrouve dans une position délicate. Il incarne à la fois le soutien, le confident et, malgré lui, un point de tension entre deux parents séparés. Sa disponibilité, qui fait partie de sa nature, l’expose à des situations ambiguës. L’épisode souligne subtilement à quel point la bienveillance peut parfois compliquer les choses lorsqu’elle n’est pas accompagnée de limites claires. La vente communautaire agit alors comme un point de convergence. 

Elle rassemble les familles autour d’un objectif concret, presque banal, mais chargé de sens. Voir les objets changer de mains permet à chacun de reformuler son rapport au souvenir. Donner ne signifie pas effacer. Pour certains, cela devient même une manière de prolonger la présence de Jenny ailleurs, différemment. Certaines scènes montrent à quel point le deuil peut surgir sans prévenir. Malcolm, souvent présenté comme stable, se laisse dépasser par l’émotion à un moment inattendu. Cette rupture de façade rappelle que la reconstruction n’est jamais linéaire. Même lorsque l’intention est d’aller de l’avant, le passé trouve toujours un moyen de s’inviter dans le présent.

 

L’épisode se conclut sur une révélation qui risque de redistribuer les cartes. Ce qui était jusqu’ici suggéré, murmuré ou perçu devient désormais formulé, et surtout entendu par la mauvaise personne. Cette bascule n’est pas traitée comme un simple ressort dramatique, mais comme une conséquence logique de relations trop entremêlées. En définitive, l’épisode 3 de It’s Not Like That s’intéresse moins à l’action qu’aux ajustements silencieux. Il parle de ce moment précis où avancer devient nécessaire, mais jamais évident. Entre mémoire, culpabilité et besoin de réinventer un équilibre, la série continue de tracer un portrait nuancé de familles en transition, sans réponses simples ni raccourcis émotionnels.

 

Note : 6.5/10. En bref, l’épisode 3 de It’s Not Like That s’intéresse moins à l’action qu’aux ajustements silencieux. Il parle de ce moment précis où avancer devient nécessaire, mais jamais évident. 

Prochainement sur Amazon Prime Video

 

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