20 Mars 2026
Demon Squad: Tooth and Claw // De Thomas Smith. Avec Victoria Antonelli, Ginger Cressman et Erin Lilley.
Avec Demon Squad: Tooth and Claw, Thomas Smith replonge dans l’univers qu’il avait installé en 2019 avec un premier film devenu culte auprès d’un certain public. Cette suite reprend les mêmes bases : une enquête paranormale, des créatures étranges, et surtout un duo de détectives un peu à part. Mais là où le premier volet pouvait laisser une impression mitigée, celui-ci tente d’aller un peu plus loin, avec plus d’ambition et quelques ajustements bienvenus. L’histoire suit à nouveau Nick Moon, détective spécialisé dans les affaires surnaturelles. Toujours aussi désinvolte en apparence, il enchaîne les missions avec sa partenaire Daisy.
Quand une série de meurtres brutaux est liée à un loup-garou, l’enquêteur paranormal Nick Moon se lance sur sa piste. Confronté à des forces surnaturelles, il découvre une sombre conspiration qu’il doit arrêter avant que la créature ne frappe à nouveau.
Cette fois, une série de meurtres sans explication attire leur attention. Les corps retrouvés laissent penser à une attaque animale, mais l’affaire cache évidemment quelque chose de moins rationnel. Le film ajoute une contrainte intéressante : les pouvoirs magiques de Nick commencent à le mettre en danger, ce qui donne une tension supplémentaire à l’ensemble. Ce point de départ reste assez classique, et clairement, l’intrigue n’est pas ce qui marque le plus. L’enquête avance de manière simple, parfois même prévisible, mais ce n’est pas vraiment le cœur du projet. Le film préfère se concentrer sur son univers et ses personnages, en développant une ambiance qui mélange polar et fantastique.
Ce mélange fonctionne plutôt bien par moments. L’inspiration de séries comme Buffy contre les vampires se ressent dans la manière de traiter les créatures et les dialogues. Il y a aussi un côté détective un peu rétro, presque noir, mais allégé par un ton plus léger. Le résultat donne un film qui ne se prend pas trop au sérieux, tout en essayant de raconter quelque chose. Nick reste un personnage central intéressant. Dans ce deuxième film, il gagne en nuance. Derrière son côté râleur et détaché, on perçoit davantage ses failles. Son humour sert souvent de protection, ce qui le rend plus accessible que dans le premier opus. L’interprétation de Khristian Fulmer suit cette évolution et apporte un peu plus de relief à ce personnage.
Daisy, de son côté, prend aussi plus de place. Son rôle ne se limite plus à accompagner Nick, elle existe davantage dans le récit. Les échanges entre les deux fonctionnent bien et donnent au film une base solide. L’arrivée de nouveaux personnages, notamment une fausse médium très médiatisée, apporte une touche supplémentaire, parfois amusante, parfois un peu envahissante. Ce qui ressort le plus, c’est la volonté d’élargir l’univers. Le film introduit de nouvelles créatures, notamment des figures issues du folklore. Cela enrichit le monde dans lequel évoluent les personnages, même si tout n’est pas toujours exploité à fond. Il y a des idées, mais certaines restent en surface.
Visuellement, le film montre aussi une progression. Le budget reste limité, cela se voit, mais les effets spéciaux sont mieux intégrés. Les maquillages et les costumes permettent aux créatures d’exister de façon plus crédible, même si l’ensemble garde un côté artisanal. Ce n’est pas un défaut en soi, car cela participe à l’identité du film. L’aspect “fait avec les moyens du bord” donne parfois un charme particulier. En revanche, tout n’est pas équilibré. Le rythme pose parfois problème. Certaines scènes s’étirent sans réelle nécessité, notamment les séquences de dialogues. L’action, quand elle arrive, est plutôt efficace, mais elle reste assez brève. Le film semble hésiter entre être un polar posé et un film d’aventure plus dynamique.
La bande-son joue un rôle important dans cette ambiance. Elle accompagne bien les moments clés, avec une énergie qui soutient les scènes d’action ou renforce l’aspect étrange de certaines situations. Là encore, rien de révolutionnaire, mais une cohérence globale qui fonctionne. Ce qui peut faire tiquer, c’est le ton. Demon Squad: Tooth and Claw oscille entre humour, fantastique et noirceur. Par moments, l’équilibre est trouvé, mais à d’autres, le film donne l’impression de ne pas savoir exactement où se situer. Certaines blagues tombent à plat, tandis que certaines scènes plus sombres auraient mérité d’être davantage développées. Malgré cela, il y a une vraie sincérité dans le projet.
Le film ne cherche pas à masquer ses limites, et assume son statut de production indépendante. Cette honnêteté joue en sa faveur. Le plaisir de créer, de raconter une histoire avec peu de moyens mais beaucoup d’envie, se ressent. Ce deuxième volet montre aussi une progression par rapport au premier film. Les personnages sont mieux définis, l’univers plus clair, et l’ensemble plus cohérent. Cela ne suffit pas à en faire un film marquant, mais cela le rend plus agréable à suivre. Au final, Demon Squad: Tooth and Claw reste une proposition imparfaite, mais attachante. Ce n’est pas un film spectaculaire ni une référence du genre, mais il offre un moment de divertissement correct, porté par des personnages qui finissent par créer un certain lien.
Note : 5/10. En bref, je suis indulgent car malgré le manque cruel de moyens on sent le film honnête. Le plaisir de créer, de raconter une histoire avec peu de moyens mais beaucoup d’envie, se ressent.
Prochainement en France en SVOD
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