29 Mars 2026
Mike & Nick & Nick & Alice // De BenDavid Grabinski. Avec James Marsden, Vince Vaughn et Eiza Gonzalez.
Avec Mike & Nick & Nick & Alice, le cinéma d’action tente encore une fois de mélanger humour, crime et science-fiction dans un même récit. Sur le papier, l’idée a de quoi intriguer : un gangster qui remonte le temps pour empêcher une erreur fatale, une amitié prise dans un triangle amoureux, et une nuit qui dégénère. Dans les faits, le film avance surtout grâce à son énergie, plus qu’à la solidité de son scénario. L’histoire démarre de manière assez directe. Mike et Nick gravitent dans le même milieu criminel, jusqu’au moment où tout bascule : une trahison, une histoire d’amour mal placée et un plan qui tourne mal.
Deux gangsters et la femme qu'ils aiment tentent de survivre à la nuit la plus dangereuse de leur vie. Comme si cela ne suffisait pas, un élément imprévisible vient s'ajouter à l'équation : une machine à remonter le temps…
Mike est censé mourir cette nuit-là, exécuté après avoir été piégé. Sauf qu’un autre Nick surgit, venu du futur, bien décidé à changer le cours des choses. Ce point de départ installe rapidement un double jeu intéressant, où un personnage doit faire face à ses propres erreurs… littéralement. Le film ne cherche pas à faire du voyage dans le temps un sujet complexe. Il s’en sert comme un moteur narratif, un outil pour déclencher des situations absurdes et tendues à la fois. Ici, pas de boucle infinie ni de règles compliquées : il n’y a qu’une seule chance de corriger le passé. Ce choix apporte une forme d’urgence qui fonctionne plutôt bien, même si certaines idées auraient mérité d’être plus développées.
Ce qui tient vraiment le film, c’est son trio d’acteurs. Vince Vaughn, dans un double rôle, s’en sort avec une certaine aisance. Il joue à la fois un Nick cynique, presque détaché, et une version future plus marquée, plus fatiguée, qui porte le poids de ses actes. Cette dualité apporte un peu de relief au personnage, même si le film ne va pas toujours au bout de cette idée. Face à lui, James Marsden incarne un Mike pris dans un engrenage qu’il ne contrôle plus. Il apporte une énergie plus légère, presque naïve par moments, ce qui contraste bien avec la tension générale.
Eiza González, dans le rôle d’Alice, complète ce trio avec une présence qui évite de tomber dans le simple cliché de la femme au centre du conflit. Leur alchimie fonctionne. C’est même l’un des points forts du film. Les échanges, malgré des dialogues parfois trop longs, gardent une certaine fluidité. Il y a une vraie complicité qui rend l’ensemble agréable à suivre, surtout dans les moments où le film assume pleinement son côté buddy movie. Côté action, le film propose plusieurs séquences efficaces. Les combats sont bien chorégraphiés, lisibles, et suffisamment variés pour maintenir l’attention.
Certaines scènes, comme une confrontation dans une station-service ou un affrontement final plus chaotique, montrent un vrai soin dans la mise en scène. Sans révolutionner le genre, le film parvient à offrir des moments dynamiques. La bande-son joue aussi un rôle important. Les choix musicaux, très marqués par une culture pop des années 80 et 90, accompagnent bien l’ensemble. Ils apportent une touche nostalgique qui colle à l’esprit du film, même si l’utilisation peut parfois sembler un peu insistante. Mais derrière cette façade plutôt solide, le film montre rapidement ses limites. Le scénario reste très classique dans sa construction.
Les rebondissements sont souvent prévisibles, et certaines situations donnent une impression de déjà-vu. Le mélange entre comédie, action et science-fiction manque parfois de cohérence. Le principal problème vient sans doute du rythme. Les dialogues prennent parfois trop de place et cassent l’élan de certaines scènes. L’humour, très présent, ne fait pas toujours mouche. Certaines blagues tombent à plat, d’autres s’étirent inutilement. Le film semble hésiter entre vouloir en faire trop ou pas assez. Le concept du voyage dans le temps, pourtant central, reste finalement en arrière-plan. Il sert surtout de prétexte à l’intrigue, sans être vraiment exploré.
C’est frustrant, surtout quand on sent que le film a des idées intéressantes, mais qu’il ne prend pas le temps de les creuser. La structure du récit renforce cette impression. Le film enchaîne les séquences comme une succession de moments forts, sans toujours construire une vraie progression. Il y a des scènes qui marquent, d’autres qui semblent plus anecdotiques. L’ensemble manque parfois de liant. Pour autant, Mike & Nick & Nick & Alice reste un divertissement honnête. Il ne cherche pas à être plus qu’il ne l’est. Une comédie d’action rythmée, avec des personnages attachants et une idée de départ efficace. Il y a une envie de proposer quelque chose de fun, de jouer avec les codes du genre, même si le résultat reste inégal.
Ce qui ressort, au final, c’est un film qui fonctionne par moments, mais qui peine à laisser une vraie trace. Il y a du rythme, de l’énergie, quelques bonnes idées… mais pas forcément une vision claire. L’expérience reste agréable sur l’instant, mais ne dépasse pas vraiment ce cadre.
Note : 5.5/10. En bref, une comédie d’action sous tension, entre fun immédiat et frustration. Un film qui avait les bons ingrédients, sans réussir à les assembler complètement. Un divertissement qui fait le travail, sans aller beaucoup plus loin.
Sorti le 27 mars 2026 directement sur Disney+
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