29 Mars 2026
Wardriver // De Rebecca Thomas. Avec Dane DeHaan, Sasha Calle et Mamoudou Athie.
Avec Wardriver, Rebecca Thomas s’attaque au thriller moderne version hacking, avec un personnage principal qui vit littéralement connecté aux réseaux des autres. L’idée de départ a de quoi intriguer : un pirate informatique qui vole de l’argent depuis sa voiture avant de se retrouver embarqué dans une affaire qui le dépasse. Sur le papier, ça fonctionne. À l’écran, c’est une autre histoire. Le film suit Cole, un hacker discret qui passe ses journées à capter des réseaux Wi-Fi pour siphonner des comptes bancaires. Une routine presque silencieuse, entre conduite, écrans et solitude.
Un jeune hacker est attiré dans un braquage du compte bancaire d’une femme qui ne se doute de rien.
Le début installe cette ambiance assez froide, un peu lente, qui cherche clairement à poser le personnage. Le souci, c’est que ça dure. Longtemps. Très longtemps. Au point de se demander quand le film va vraiment commencer. Il faut attendre un bon moment avant que quelque chose bouge vraiment. L’entrée en scène d’Oscar, un criminel qui force Cole à participer à un coup plus risqué, donne enfin une direction au récit. L’objectif : voler une grosse somme à une jeune femme, Sarah. À partir de là, Wardriver prend la forme d’un thriller plus classique, avec pression, danger et décisions qui s’enchaînent. Mais même avec ça, la tension reste étonnamment faible.
Le film avance sans vraiment créer de suspense. Les enjeux sont là, mais ils ne prennent jamais complètement. Une partie du problème vient du rythme : certaines scènes s’étirent alors qu’elles n’apportent pas grand-chose, pendant que d’autres passent trop vite, notamment les échanges sur écran qu’on n’a même pas le temps de lire correctement. Côté scénario, difficile de ne pas avoir une impression de déjà-vu. Le hacker solitaire, le criminel violent, la jeune femme en difficulté, le gros personnage dangereux en arrière-plan… tous les ingrédients sont là, mais sans réelle surprise. Les rebondissements arrivent, mais ils sont assez prévisibles. Rien de catastrophique, mais rien de marquant non plus.
Le personnage de Cole reste ce qu’il y a de plus intéressant. Ce n’est pas un héros classique, loin de là. Il fait des choix discutables, il est un peu paumé, et il semble lui-même conscient que ça ne peut pas bien finir. Ce côté fataliste apporte un peu de nuance. Par moments, son regard fatigué et sa manière de traverser les situations donnent au film une petite profondeur. Sa relation avec Sarah apporte aussi une touche plus humaine. Elle représente une forme d’espoir, une possibilité de faire autrement. Le problème, c’est que cette relation arrive vite et reste assez superficielle. Difficile de vraiment s’y attacher ou d’y croire pleinement. Du côté des antagonistes, ça manque clairement de relief.
Le méchant principal est là, il impose une menace, mais il reste assez basique. Il n’y a pas vraiment de montée en puissance, ni de tension psychologique. C’est un peu “ce que tu vois est ce que tu as”, sans surprise ni complexité. La mise en scène, elle, reste assez discrète. Rebecca Thomas choisit une approche simple, sans effets inutiles. Certaines scènes nocturnes fonctionnent bien, avec une ambiance un peu froide qui colle au personnage. Mais dans l’ensemble, ça manque d’identité visuelle. Rien ne vient vraiment donner du relief à l’ensemble. Et puis il y a ce déséquilibre assez frustrant : le film semble garder le meilleur pour la fin.
Les dernières minutes sont clairement les plus dynamiques, avec enfin un peu de tension et de rythme. D’un coup, tout s’accélère, les enjeux deviennent plus concrets… et le film s’arrête peu de temps après. C’est dommage, parce que ça montre qu’il y avait matière à faire quelque chose de plus prenant. Le choix de raconter une partie de l’histoire en revenant en arrière après une scène d’ouverture intrigante est une bonne idée sur le papier. Mais là encore, ça ne va pas assez loin. Le procédé est là, mais il n’apporte pas grand-chose à l’ensemble. Au final, Wardriver donne surtout l’impression d’un film qui avait une bonne base mais qui ne va jamais assez loin. Il y a des éléments intéressants, une ambiance qui pourrait fonctionner, un personnage principal pas inintéressant… mais tout reste en surface. Le rythme est trop irrégulier, les personnages manquent de profondeur, et le scénario reste très classique.
Note : 3.5/10. En bref, Wardriver est un thriller cyber qui avait de quoi faire mieux, mais qui se contente du minimum. Il y a quelques bonnes idées, surtout vers la fin, mais elles arrivent trop tard pour vraiment sauver l’ensemble. Dommage, parce qu’avec un peu plus de tension et de personnalité, le résultat aurait pu être tout autre.
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