30 Mars 2026
Tracker // Saison 3. Episode 14. The Field Trip.
Avec l’épisode 14 de la saison 3 de Tracker, la série revient à une structure plus classique, mais sans tomber dans la facilité. Après un épisode 13 très orienté action et presque spectaculaire, ce nouvel épisode recentre l’intrigue sur une disparition d’enfant, un terrain que la série explore régulièrement, mais qui fonctionne toujours par sa charge émotionnelle. Dès les premières minutes, le ton est posé : un enfant disparaît lors d’une sortie scolaire. Une situation simple en apparence, mais qui devient rapidement anxiogène.
C’est d’ailleurs ce que j’apprécie dans Tracker : même avec un schéma narratif récurrent, la série parvient à maintenir une forme d’incertitude. On pense comprendre, puis un détail vient tout remettre en question. Ici, Colter Shaw est appelé pour retrouver Alex, un garçon volatilisé dans un musée. L’enquête démarre rapidement, presque trop facilement, avec une première suspecte évidente. Une employée au passé compliqué, isolée, fragile… le profil coche beaucoup de cases. Mais fidèle à ses habitudes, la série ne s’arrête pas là. Et heureusement. Ce qui fonctionne particulièrement bien dans cet épisode, c’est la manière dont les pistes s’enchaînent sans jamais donner l’impression d’être gratuites.
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Contrairement à certains épisodes précédents où les rebondissements pouvaient sembler un peu artificiels, ici, tout s’imbrique avec une certaine logique. On passe d’un suspect à un autre, et chaque étape apporte un élément supplémentaire à la compréhension globale. Le basculement autour du professeur est d’ailleurs intéressant. Pendant un moment, tout semble pointer vers lui. Les indices sont troublants, presque trop évidents. Et pourtant, quelque chose ne colle pas. C’est là que la série retrouve une de ses forces : jouer avec les attentes du spectateur sans forcément chercher à choquer, mais plutôt à désorienter intelligemment. Mais le véritable cœur de l’épisode ne se situe pas uniquement dans l’enquête.
Il est aussi dans la relation entre les parents et leur enfant. Le personnage du père, notamment, apporte une dimension plus humaine au récit. Sa culpabilité, sa colère, son sentiment d’impuissance… tout cela sonne juste. On comprend rapidement pourquoi Colter préfère généralement travailler seul. L’émotion peut devenir un obstacle dans ce genre de situation. Ce parallèle avec la propre histoire de Colter est d’ailleurs esquissé sans être trop appuyé. Et c’est peut-être là que je reste un peu sur ma faim. Depuis plusieurs épisodes, la série glisse régulièrement des éléments liés à son passé familial, sans vraiment les exploiter en profondeur.
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Cet épisode aurait pu aller un peu plus loin sur ce terrain, surtout avec une intrigue centrée sur un père prêt à tout pour son fils. Cela dit, la tension monte efficacement dans la dernière partie. La découverte du véritable ravisseur apporte une dimension plus sombre à l’histoire. Le fait qu’il s’agisse d’une personne proche, intégrée dans le quotidien de la famille, rend la situation encore plus dérangeante. Ce n’est pas un inconnu sorti de nulle part, mais quelqu’un en qui la confiance avait été placée. La scène finale dans la forêt est sans doute le moment le plus marquant de l’épisode. Pour une fois, Colter semble réellement hésiter. On le sent au bord de franchir une limite.
Ce n’est pas la première fois qu’il utilise la violence, loin de là, mais ici, le contexte est différent. Il y a un enfant, un traumatisme en cours, et une colère palpable. J’ai trouvé ce moment particulièrement réussi, justement parce qu’il reste contenu. La série aurait pu basculer dans quelque chose de plus extrême, mais elle choisit de rester fidèle à son personnage. Colter agit, mais ne perd pas totalement le contrôle. La conclusion, elle, reste fidèle à l’esprit de la série : une résolution efficace, mais pas totalement apaisante. L’enfant est retrouvé, bien sûr, mais les conséquences psychologiques sont là. Et c’est un point que Tracker aborde de plus en plus souvent, notamment depuis l’épisode 12, qui mettait déjà en avant les effets durables du traumatisme.
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En parallèle, l’intrigue autour de Reenie continue d’évoluer doucement. Rien de spectaculaire ici, mais une progression cohérente. Son implication dans une affaire plus large laisse penser que les deux arcs finiront par se rejoindre. Et surtout, son état émotionnel reste préoccupant. Là encore, la série prend son temps, peut-être un peu trop, mais il y a une continuité intéressante avec les épisodes précédents. Au final, cet épisode 14 s’inscrit dans la lignée des épisodes solides de la saison 3. Moins spectaculaire que le précédent, mais plus ancré émotionnellement, il rappelle que Tracker fonctionne souvent mieux lorsqu’elle se concentre sur ses personnages plutôt que sur ses scènes d’action.
Il ne révolutionne pas la formule, mais il l’utilise de manière efficace, avec suffisamment de nuances pour maintenir l’intérêt. Et surtout, il confirme que la série commence à tisser des liens plus cohérents entre ses épisodes, que ce soit à travers les thématiques ou l’évolution de ses personnages.
Note : 6.5/10. En bref, cet épisode 14 s’inscrit dans la lignée des épisodes solides de la saison 3. Moins spectaculaire que le précédent, mais plus ancré émotionnellement, il rappelle que Tracker fonctionne souvent mieux lorsqu’elle se concentre sur ses personnages plutôt que sur ses scènes d’action.
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