26 Avril 2026
Itch! // De Bari Kang. Avec Tim Andrews, Darrell Bowman et Gabriel Carter.
On connaît tous le refrain : un virus mystérieux débarque, les gens paniquent et le monde s’écroule. Mais avec Itch!, le réalisateur Bari Kang essaie d’emprunter un chemin un peu plus tordu. Ici, pas de morts-vivants qui courent après votre cerveau. La menace est bien plus vicieuse et, d’une certaine manière, plus dégoûtante : une envie irrépressible de se gratter jusqu’à ce que le corps lâche. C’est simple, c’est brut, et ça gratte littéralement là où ça fait mal. Le film se concentre sur Jay, un père veuf qui essaie de garder la tête hors de l'eau avec sa fille alors que le chaos s’installe.
Alors qu'une épidémie fait que les gens se grattent à mort, des étrangers se réfugient dans un grand magasin, où la panique se répand plus vite que l'infection.
Très vite, l’action se resserre dans un magasin. On se retrouve donc avec un bon vieux huis clos des familles. Si vous aimez les ambiances étouffantes où la tension entre les survivants est plus dangereuse que le mal qui rôde dehors, vous êtes au bon endroit. Ce qui frappe dans Itch!, c’est son parti pris. Plutôt que d’enchaîner les jump scares faciles ou les scènes d’action à gros budget, le film mise tout sur la psychologie. Le virus n’est finalement qu’un prétexte pour observer comment l'être humain déraille quand il a peur. On y voit la méfiance grimper, les doutes s’installer et la paranoïa prendre le dessus sur la raison. C’est un miroir assez grinçant de nos propres réactions face à l'inconnu.
Visuellement, pour un film indépendant, le résultat est franchement honnête. Le décor unique du magasin est bien utilisé. On ne se sent pas seulement enfermé avec les personnages, on finit par scruter chaque recoin avec eux. L'usage des caméras de surveillance ajoute ce petit côté voyeuriste qui renforce l'oppression. Les moments de body horror sont marquants, même s'ils sont un peu trop rares à mon goût. Quand ça gratte, on a presque envie de détourner les yeux, et c’est exactement ce qu’on demande à ce genre de film. Cependant, tout n’est pas parfait dans ce petit refuge improvisé.
Le scénario a tendance à rester un peu trop en surface concernant les personnages secondaires. Ils sont là, ils réagissent, mais on a du mal à s’attacher vraiment à eux ou à comprendre leurs motivations profondes. Jay, le héros, est parfois un peu trop monolithique. On aimerait le voir craquer davantage, sentir sa vulnérabilité face à l’horreur. Le rythme subit aussi quelques baisses de régime. Après une entame très efficace qui pose les bases du malaise, le film tourne parfois en rond au milieu du récit. On attend l'étincelle qui va tout faire exploser, mais elle tarde à venir. On sent que le film hésite entre le thriller psychologique pur et le film d'horreur viscéral, sans jamais trancher totalement.
Note : 5/10. En bref, Itch! est une proposition intéressante pour ceux qui cherchent autre chose qu’un énième film de monstres. C'est une œuvre qui privilégie l'ambiance et la réflexion sur nos comportements en temps de crise. Ce n'est peut-être pas le film qui va révolutionner le genre, mais il a le mérite d'être sincère et de proposer une idée de départ originale qui reste en tête bien après le générique. Si vous avez envie d'un petit frisson intelligent, ça se tente, mais préparez-vous à avoir quelques démangeaisons nerveuses pendant le visionnage.
Prochainement en France en SVOD
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