11 Avril 2026
Matlock // Saison 2. Episode 13. The Future is Nigh.
Depuis quelques épisodes déjà, un sentiment commence à s’installer devant la saison 2 de Matlock. Et après cet épisode 13, difficile de ne pas mettre des mots dessus : la série n’a plus tout à fait la même saveur qu’à ses débuts. Ce n’est pas une chute brutale, ni un rejet total — loin de là — mais plutôt une lassitude progressive qui s’infiltre, presque malgré moi. Ce qui rend ce constat un peu frustrant, c’est que tout n’est pas à jeter. Au contraire, certains éléments fonctionnent encore très bien. À commencer par Madeline, portée par une Kathy Bates toujours aussi juste dans son interprétation. C’est d’ailleurs sans doute pour elle que je continue à suivre la série.
Elle incarne un personnage complexe, tiraillé entre sa quête de justice et sa vie personnelle, et cet épisode 13 remet clairement cet équilibre au centre du récit. L’intrigue autour de Shae, par exemple, avait du potentiel. La voir passer de consultante sûre d’elle à accusée vulnérable apporte une autre lecture du personnage. Cela permet aussi à Madeline de reprendre un rôle plus frontal, presque comme dans la première saison, lorsqu’elle se battait pour ses clients avec une forme de conviction plus directe. Sur le papier, tout est là pour fonctionner. Mais dans les faits, quelque chose coince.
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Depuis le début de cette saison 2, la série semble s’être enfermée dans une intrigue feuilletonnante autour de Wellbrexa qui peine à évoluer. Ce fil rouge, qui était intrigant au départ, donne aujourd’hui l’impression de tourner en rond. Chaque épisode apporte un nouvel élément, mais sans véritable avancée marquante. Résultat : on accumule des révélations, des pistes, des soupçons… sans réelle satisfaction narrative. L’épisode 13 ne fait pas exception. On comprend que Shae sert de bouc émissaire, que certaines forces en coulisses cherchent à étouffer l’affaire, et que des figures comme “le Wolf” jouent un rôle plus important qu’il n’y paraît. Mais tout cela reste encore flou, parfois inutilement complexe, et surtout étiré.
Là où la saison 1 trouvait un bon équilibre entre les affaires de la semaine et l’intrigue globale, cette saison 2 semble avoir perdu ce rythme. Et c’est peut-être là le vrai problème. Les cas juridiques, qui faisaient le sel de la série, sont désormais relégués au second plan ou servent simplement de prétexte à faire avancer une intrigue plus large. Dans cet épisode, la défense de Shae aurait pu être un moment fort, presque un retour aux sources. Mais elle est rapidement noyée dans des enjeux plus vastes, parfois difficiles à suivre. En parallèle, les relations entre les personnages continuent d’évoluer, mais de manière inégale. Le couple formé par Madeline et Edwin reste l’un des piliers émotionnels de la série.
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Leur relation, mise à l’épreuve une nouvelle fois ici, fonctionne parce qu’elle sonne juste. Le ressentiment d’Edwin est compréhensible : il n’en peut plus de passer après le travail, après cette obsession de justice qui semble prendre toute la place. Et en même temps, on comprend aussi Madeline, incapable de détourner le regard lorsqu’elle sent qu’une injustice est en train de se jouer. Leur échange, à distance, à travers ces lettres, apporte un peu de sincérité dans un épisode qui en manque parfois. C’est simple, presque évident, mais ça fonctionne. Et ça rappelle ce que la série sait faire quand elle se concentre sur l’humain. Malheureusement, tout le reste n’est pas toujours à la hauteur.
Certaines dynamiques, comme celle entre Sarah et Hunter, continuent de peiner à trouver leur place. L’intention est claire : apporter un peu de fraîcheur, créer de nouveaux équilibres dans l’équipe. Mais dans les faits, cela reste encore trop superficiel pour vraiment captiver. On sent que la série cherche à renouveler son casting et ses interactions, sans encore réussir à les intégrer naturellement. Même chose du côté des antagonistes. Les menaces sont présentes, les enjeux sont censés être élevés, mais il manque une forme de clarté. Qui manipule qui ? Dans quel but précis ? À force de complexifier l’histoire, la série finit par diluer l’impact de ses propres révélations.
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Et c’est dommage, parce que l’univers de Matlock a toujours reposé sur une certaine lisibilité. Une affaire, des enjeux humains, et une résolution qui faisait sens. Aujourd’hui, tout est plus flou, plus étiré, parfois même un peu confus. Cela ne veut pas dire que la série est devenue mauvaise. Elle reste regardable, portée par ses personnages et quelques moments sincères. Mais elle a perdu ce petit quelque chose qui faisait qu’on avait envie d’enchaîner les épisodes sans réfléchir. Peut-être que la série cherche simplement à évoluer, à devenir plus ambitieuse, plus feuilletonnante. Mais en faisant cela, elle semble avoir laissé de côté ce qui faisait sa force initiale.
Note : 4.5/10. En bref, après cet épisode 13, je continue à regarder Matlock, mais plus vraiment avec le même enthousiasme. Je suis là pour voir où tout cela va mener, pour suivre Madeline jusqu’au bout de son combat. Mais j’espère surtout que la série saura se recentrer, retrouver un peu de simplicité et de clarté. Parce qu’au fond, tout est encore là. Il ne manque peut-être pas grand-chose pour que Matlock retrouve son équilibre.
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