Critiques Séries : Matlock. Saison 2. Episode 14.

Critiques Séries : Matlock. Saison 2. Episode 14.

Matlock // Saison 2. Episode 14. Day One.

 

Franchement, après quelques épisodes où on avait l’impression que la série faisait du surplace, cet épisode 14 de la saison 2 de Matlock arrive à point nommé pour redonner un peu de souffle à l’ensemble. On ne va pas crier au génie non plus, mais il y a enfin une consistance qui nous manquait. Ce qui est intéressant, c’est que la série réussit à mélanger des thèmes super actuels, comme l'intelligence artificielle, avec des ressorts beaucoup plus intimes comme l'addiction et les non-dits familiaux. C’est un équilibre fragile, mais ça fonctionne assez bien pour nous relancer. L’utilisation de l’intelligence artificielle dans cet épisode est traitée de manière plutôt fine. 

 

On aurait pu tomber dans le gros cliché de la technologie maléfique ou, à l’inverse, dans une vision totalement futuriste et déconnectée de la réalité. Ici, on reste sur quelque chose de très humain. L’idée de recréer une personne disparue via un avatar numérique pose des questions qui grattent un peu. Est-ce qu’on peut vraiment faire confiance à un simulateur ? La série suggère intelligemment qu’une IA reste une interprétation. Elle peut être orientée, modifiée, et surtout, elle n’est pas la vérité. C’est une version filtrée de la réalité qui peut s’avérer dangereuse quand on commence à y projeter ses propres émotions. C’est là que le sujet devient vraiment fort : Madeline commence à utiliser une version numérique d’Ellie. 

Ce n’est plus juste une expérience technologique, ça devient un refuge émotionnel. On sent très vite qu’elle glisse vers un comportement compulsif. Elle ment à son entourage, elle s’isole avec son écran, elle y revient sans cesse. Ce parallèle avec l’addiction est frappant. C’est une sorte de mise en abyme assez cruelle : Madeline, qui a vu sa fille sombrer dans la dépendance, se retrouve piégée par son propre besoin de retrouver cette même fille, même si ce n'est qu'à travers un algorithme. La série évite le mélodrame lourd pour montrer une dérive lente et presque banale, ce qui la rend d’autant plus crédible. À côté de ça, on a enfin un Edwin qui sort de l’ombre. Jusqu'ici, il était un peu le spectateur passif de la vie de Madeline. 

 

Dans cet épisode, il craque. Sa confrontation avec Joey est d’une brutalité nécessaire. On sent que le traumatisme de la perte est toujours là, tapi dans l’ombre, et qu’il finit par exploser. Ça apporte une vraie profondeur au personnage et au couple. Ils se disputent, ils se confrontent, mais au final, ils se retrouvent. Cette dynamique redonne un peu de chaleur humaine à une saison qui était devenue un peu froide par moments. Sur le plan de l'enquête pure, on reste sur du classique avec une histoire de délit de fuite. Mais là encore, la conclusion est douce-amère. On comprend que la vérité n’est pas une baguette magique. 

Même quand on sait ce qui s'est passé, ça ne guérit pas forcément les blessures. C’est un message assez mature qui colle bien avec l'ambiance générale de la série. On ne cherche pas la fin heureuse à tout prix, mais plutôt une forme de compréhension, aussi douloureuse soit-elle. Évidemment, tout n'est pas parfait. Le fil rouge autour de Wellbrexa traîne toujours un peu en longueur, même si Julian commence enfin à prendre ses responsabilités. Le voir s’agiter pour récupérer des preuves apporte un peu de rythme et quelques moments plus légers qui font du bien. Julian est souvent le maillon faible, mais ici, il gagne en intérêt. Il essaie de jongler entre son père et Debra, et ses maladresses le rendent presque attachant.

 

Pourtant, malgré ces bons points, on sent que la série a encore du mal à garder une direction limpide. Les intrigues secondaires avec Sarah ou Hunter sont un peu noyées dans la masse et manquent d'impact pour l'instant. On regarde, on apprécie les moments de grâce, mais on garde ce sentiment que la saison 2 cherche encore son second souffle par rapport à la première, qui était beaucoup plus percutante et directe. Au final, cet épisode 14 est une bonne surprise qui corrige le tir sur pas mal d'aspects. On revient à des enjeux concrets, à de l'émotion pure et à des réflexions de société qui ne sont pas balancées au hasard. 

Je continue de suivre Matlock pour ces personnages qui, malgré leurs défauts et leurs hésitations, finissent toujours par nous toucher. La série reste inégale, c'est vrai, mais elle a le mérite de ne pas nous prendre pour des imbéciles en abordant des sujets complexes avec une certaine pudeur. On espère juste que la fin de saison saura garder cette intensité sans se reperdre dans des détours inutiles.

 

Note : 6/10. En bref, cet épisode 14 est une bonne surprise qui corrige le tir sur pas mal d'aspects. On revient à des enjeux concrets, à de l'émotion pure et à des réflexions de société qui ne sont pas balancées au hasard. 

Prochainement sur M6 et M6+

 

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