Critiques Séries : Matlock. Saison 2. Episode 8.

Critiques Séries : Matlock. Saison 2. Episode 8.

Matlock // Saison 2. Episode 8. Call It a Christmas Gift.

 

Avec l’épisode 8 de la saison 2 de Matlock, j’ai senti la série changer de rythme. Pas brutalement, mais assez pour que je me dise : On enfin arrive à un tournant après un début de saison 2 en dent de scie. L’épisode, présenté comme une parenthèse de fin d’année, ne se contente pas d’enfiler des guirlandes autour d’une affaire judiciaire. Il profite du décor festif pour appuyer là où ça fait encore mal chez presque tous les personnages. Et à ce stade de la saison, j’avais besoin de ce recentrage émotionnel. On pourrait croire que le cabinet Jacobson Moore allait profiter du calme avant la coupure hivernale. Mais ce huitième épisode démarre avec un contraste assez fort : décor chaleureux, sujets froids. 

 

Une plainte pour harcèlement dans le service des pompiers vient ouvrir la marche, et même si l’enquête reste classique dans sa structure, elle installe l’idée que rien n’est serein en coulisses. Depuis le début de la saison 2, Matlock jongle entre affaires hebdomadaires et le fil rouge de l’affaire Welbrexa. Ici, les deux s’entremêlent, parfois même trop. J’ai eu l’impression que l’épisode cherchait à rapprocher tous les arcs avant la pause, afin de dire aux téléspectateurs que les scénaristes n’ont pas oublié. Mais ce sont les tensions internes à l’équipe, beaucoup plus que l’affaire des pompiers, qui m’ont retenu. À ce stade de la saison, Matty est épuisée, même si elle ne le dit jamais. On l’a vue lutter avec l’histoire d’Alfie, avec Ellie, avec Joey, puis avec cette enquête pharmaceutique dont elle connaît la dangerosité intime. 

Dans cet épisode, quelque chose se fissure encore davantage. Une simple photo, prise lors d’un événement public, fait basculer le dossier Welbrexa dans une direction inattendue. Ce qui pouvait encore ressembler à un puzzle flou commence à prendre forme… et Matty comprend que cette fois, le lien entre le personnel et le professionnel va être impossible à éviter. Ce qui m’a touché, ce sont ses réflexions presque silencieuses sur la famille. Sur ce que l’on transmet, volontairement ou non. La saison 2 a beaucoup exploré la question de la parentalité, avec Alfie d’un côté, Olympia et sa mère de l’autre, et maintenant Matty et Edwin face à une rencontre qui réveille un mélange de curiosité et d’appréhension.


Tout cela prend sens dans cet épisode, comme si les scénaristes rassemblaient enfin les pièces pour nous montrer la cohérence du tableau. Si la série suit son fil principal, cet épisode met aussi en avant le duo Olympia / Julian, une relation qui, à force de non-dits, finit toujours par imploser. Je trouve qu’Olympia est devenue l’un des personnages les plus intéressants de la saison. On l’a vue sur la défensive, puis dépassée par les événements avec sa mère, puis obligée de prendre du recul face aux erreurs répétées de Julian. Ici, elle est encore prise au milieu : entre le sens du devoir, la loyauté familiale et cette forme d’épuisement moral que la série ne montre pas souvent. Julian, de son côté, navigue à vue. 

Il creuse dans l’affaire Welbrexa avec un mélange d’obsession et de culpabilité. Il veut être utile, mais son besoin de prouver quelque chose le rend parfois imprévisible. Ce n’est pas un antagoniste, pas vraiment un allié non plus : un homme suspendu entre ses fantômes et ses ambitions, sans savoir lequel des deux doit prendre le dessus. Un autre moment marquant de l’épisode, c’est la confession de Sarah. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit elle qui déclenche un tel séisme émotionnel, mais la série sème depuis plusieurs épisodes des petites tensions, et cet aveu vient en récolter les conséquences. Son choix risque de fragiliser ce qui restait de stabilité entre certains membres du cabinet, et surtout de relancer des conflits que tout le monde croyait éteints.


C’est peut-être ce que j’ai préféré dans cet épisode : le fait que la trame personnelle n’est jamais là pour meubler l’histoire, mais pour poser les bases d’un futur qui s’annonce chaotique. Même si l’épisode utilise les fêtes comme toile de fond, tout est pensé pour accentuer les contradictions. Les décorations ne sont que des façades. Les sourires, des pauses forcées. Et les repas de famille, quand ils existent, ressemblent plus à des champs de bataille qu’à des refuges. J’ai trouvé cela juste : la période des fêtes n’efface pas les conflits, elle les rend parfois plus visibles. La série a compris cela et en tire un épisode qui semble avancer sans précipitation, mais qui touche dans le mille.

Et puis vient la fin. La révélation sur Julian rebat les cartes et la crise de la famille Lawrence aussi. Ce moment suspendu met un coup d’arrêt à l’épisode et ouvre la porte à une seconde partie de saison que j’imagine plus tendue, plus enfermée émotionnellement, et peut-être davantage centrée sur ce que les personnages fuient depuis longtemps. L’épisode souffre parfois de transitions un peu lourdes entre l’affaire de la semaine et le scandale Welbrexa. Le rythme est inégal, certain arcs répètent des idées déjà exprimées. Mais malgré cela, l’épisode 8 fonctionne : il rassemble les trajectoires, prépare le terrain et rappelle que Matlock n’est pas seulement une série judiciaire, mais un récit sur les liens, les blessures et les loyautés fragiles. 

 

Note : 7/10. En bref, le rythme est inégal, certain arcs répètent des idées déjà exprimées. Mais malgré cela, l’épisode 8 fonctionne très bien. 

Prochainement sur M6 et M6+

 

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