5 Décembre 2025
Matlock // Saison 2. Episode 7. The Power Brokers.
« Vive la Révolution ! »
Je regarde Matlock depuis assez longtemps pour savoir que la série aime glisser des moments plus légers au beau milieu de ses affaires judiciaires. Mais avec l’épisode 7 de la saison 2, j’ai eu l’impression que le procès n’était qu’un décor, presque un prétexte pour ouvrir une porte que la série laissait entrouverte depuis le début de la saison : le passé d’Olympia. Et pour une fois, le tribunal n’était pas l’endroit où se jouait le vrai suspense. Dès les premières minutes, j’ai eu du mal à suivre la logique de ce qui se passait dans la salle d’audience. Les interventions de Lionel, les réactions disproportionnées, le comportement étonnamment permissif du juge… tout sonnait comme une parenthèse un peu absurde.
Habituellement, Matlock trouve un équilibre entre sérieux et humour, mais ici, le procès ressemblait à une caricature assumée. Au début, ça m’a déstabilisé, puis j’ai compris que ce n’était pas vraiment le propos. Le procès n’est qu’un miroir grossissant, peut-être maladroit, mais utile : tout ce chaos renvoie à la confusion qu’elle porte encore lorsqu’il s’agit de sa mère. Depuis le début de la saison 2, la série distille quelques informations sur Olympia, mais toujours avec retenue. On la sait rigide, exigeante avec elle-même, protectrice mais peu expressive. Cet épisode brise ce vernis.
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L’arrivée de Celeste, sa mère, aurait pu tomber comme un cheveu sur la soupe, et pourtant tout s’aligne assez naturellement : une mère qui prend une décision sentimentale contestable, une fille qui a déjà tenté de la prévenir des années plus tôt, et un conflit qui ressurgit au pire moment pour les deux. J’ai apprécié que l’épisode donne enfin un cadre à la méfiance chronique d’Olympia. Jusqu’ici, on la connaissait surtout à travers sa relation compliquée avec Julian et sa manière presque mécanique de tenir les émotions à distance. Là, tout devient plus cohérent : elle vient d’une histoire où elle n’a pas été écoutée, où elle a été témoin d’un schéma fragile entre naïveté et déni maternel.
Pour Matlock, qui a tendance à rester centrée sur l’affaire de la semaine, c’est presque un changement de rythme. Le duo Celeste / Lionel fonctionne comme un catalyseur. Non pas pour faire avancer l’enquête — ce n’est clairement pas ce qui est en jeu — mais parce qu’il confronte Olympia à ce qu’elle redoute : que sa mère recommence exactement ce qu’elle avait déjà fait autrefois. L’épisode 7 de la saison 2 de Matlock joue sur une dynamique très réaliste : On peut parfois avoir toutes les preuves du monde qu’un choix relationnel est mauvais, mais ça ne change rien si la personne concernée refuse de les voir. Quand Olympia tente, maladroitement mais sincèrement, de faire ouvrir les yeux à sa mère, la série touche quelque chose de juste.
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La colère rentrée, le besoin de réparation, et finalement cette résignation douloureuse : accepter que chacun doit vivre ses choix, même ceux que l’on juge dangereux. Et puis il y a cette scène où Celeste surprend Olympia en train de manipuler la situation. C’est probablement l’un des rares moments vraiment émotionnels de l’épisode : Celeste cesse d’être un personnage satellite et se révèle comme une femme qui voit la fragilité de sa fille malgré leur dispute. C’est cette relation-là, et non l’affaire, qui fait tout l’intérêt de l’épisode. En arrière-plan, l’intrigue secondaire autour de Matty vient compléter le portrait d’Olympia. Je ne sais pas si c’est volontaire de la part des scénaristes, mais j’ai vu une parenté très claire : deux femmes face à des situations qu’elles contrôlent difficilement, et deux manières opposées de tenir leurs émotions.
Matty est coincée entre la mémoire d’Ellie et son jugement sur Joey. Elle veut protéger Alfie, mais elle pense encore en fonction de ce qu’elle a vécu, non de ce qui se passe réellement sous ses yeux. Ce que j’ai aimé, c’est la franchise de ces scènes : rien n’est simplifié, et l’épisode reconnaît que les liens familiaux sont parfois construits sur des plaies non refermées. C’est exactement ce que traverse Olympia, mais elle refuse encore de l’admettre. Je pourrais dire que l’enquête manque de crédibilité, que certaines réactions paraissent improvisées, ou que le juge semble totalement absent — mais honnêtement, l’épisode ne cherche même pas à en faire un vrai moteur narratif.
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Le fil rouge autour de Senior et d’Eva, d’ailleurs, commence à s’essouffler. Trop de tension, trop longtemps, et peu d’avancée réelle. Pourtant, malgré ces faiblesses, l’épisode m’a laissé un sentiment positif : il ajoute enfin des couches à Olympia, un personnage qui méritait qu’on s’y attarde depuis longtemps. Et même si la série avance parfois à petits pas, on commence à comprendre ce qui la rend si rigide, parfois cassante, parfois touchante malgré elle. En résumé, l’épisode 7 de la saison 2 de Matlock n’est pas mémorable pour son procès, mais pour ce qu’il révèle. Le rythme est étrange, les scènes d’audience partent dans tous les sens, mais derrière cette façade un peu déstabilisante, la série fait enfin bouger les choses pour un personnage qui en avait besoin.
Note : 6.5/10. En bref, l’épisode 7 de la saison 2 de Matlock n’est pas mémorable pour son procès, mais pour ce qu’il révèle. Le rythme est étrange, les scènes d’audience partent dans tous les sens, mais derrière cette façade un peu déstabilisante, la série fait enfin bouger les choses pour un personnage qui en avait besoin.
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