Critique Ciné : The Final Run (2026, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : The Final Run (2026, Amazon Prime Video)

The Final Run // De Chris Helton. Avec Katie Amess, Steve Blanchard et Lincoln Castellon.

 

The Final Run prend un concept éculé et décide d’en faire… une longue sieste filmée dans les marais du sud des États-Unis. L’histoire avait pourtant de quoi accrocher. Pierce Butler, ancien trafiquant reconverti en pêcheur, vit une existence tranquille jusqu’au jour où tout s’effondre : une femme malade, des factures impossibles à payer, une maison menacée. Classique. Du coup, il remonte sur le bateau pour une ultime opération illégale. Jusque-là, rien d’anormal. C’est même le point de départ de dizaines de bons films. Sauf qu’ici, au lieu de construire une montée en tension, The Final Run préfère ralentir. Puis ralentir encore. 

 

Pierce Butler, ancien Marine et trafiquant de marijuana retraité, voit sa vie basculer lorsque son foyer est menacé. Pour sauver sa maison, son entreprise et sa femme, souffrante d'un cancer rare, il doit replonger dans le trafic et réaliser une dernière cargaison à haut risque… Parviendra-t-il à sortir vivant de cette ultime mission ?

 

Puis s’arrêter complètement, histoire de bien s’assurer que personne ne risque de ressentir la moindre montée d’adrénaline. Le problème principal, c’est simple : il ne se passe presque rien. Le film passe son temps à montrer des personnages qui parlent du plan. Puis qui reparlent du plan. Puis qui réfléchissent au plan. Le plan en question, lui, semble rester en pause, comme s’il attendait que le film se décide enfin à démarrer. On se retrouve donc face à un faux thriller, qui ne cherche jamais vraiment à créer du suspense. Les scènes qui devraient faire monter la pression sont remplacées par des dialogues plats et des regards dans le vide. À force de vouloir être contemplatif, le film finit surtout par être soporifique.

 

Jeff Fahey, dans le rôle principal, fait ce qu’il peut. Il incarne ce vieux briscard fatigué avec une certaine sobriété. Le problème, c’est que même lui semble parfois se demander ce qu’il fait là. Son personnage est censé porter tout le film, mais il est coincé dans une histoire qui tourne au ralenti. Le lien avec sa petite-fille, étudiante en droit, aurait pu apporter un peu de dynamisme. Il y avait une idée intéressante : confronter l’expérience d’un ancien trafiquant avec la logique froide d’une nouvelle génération. Sauf que là encore, le film effleure le sujet sans jamais vraiment l’exploiter. Résultat : des échanges qui donnent l’impression d’être là pour remplir le temps.

 

Et du temps, The Final Run en a à revendre. Côté tension, il faut aussi parler des antagonistes. Ou plutôt de leur absence. L’agent censé traquer Pierce est tellement peu menaçant qu’il pourrait presque passer pour un figurant. À aucun moment il ne donne le sentiment de pouvoir compliquer les choses. Difficile de créer du suspense quand l’obstacle principal ressemble à une formalité. Le film tente bien d’ajouter un ancien agent, lié au passé de Pierce, pour donner un peu d’épaisseur. Sur le papier, l’idée tient la route. Dans les faits, ça reste très en surface. Leur relation aurait pu apporter un vrai conflit, mais elle est traitée comme un détail secondaire.

 

Et puis il y a ce fameux trafic… censé être le cœur du film. Là encore, difficile de ne pas lever un sourcil. Entre les incohérences logistiques et les facilités d’écriture, le scénario semble parfois improvisé. Certains éléments donnent l’impression que personne ne s’est vraiment posé la question de leur crédibilité. Le résultat, c’est un film qui parle beaucoup d’un plan risqué… sans jamais donner l’impression que ce plan a le moindre enjeu réel. Même sur le plan technique, The Final Run trouve le moyen de décrocher. Les paysages du sud des États-Unis sont jolis, oui. Les marais, les bateaux, la lumière… ça fonctionne. Pendant quelques secondes. Mais ça ne suffit pas à maintenir l’intérêt pendant tout un film.

 

Et puis il y a cette impression persistante que tout est un peu “facile”. Les motivations sont posées rapidement, les enjeux restent flous, et certaines situations semblent sorties de nulle part. Le film avance, mais sans jamais vraiment construire quoi que ce soit de solide. Même la dimension sociale, pourtant intéressante au départ — critique du système de santé, pression financière, évolution des lois sur la drogue — reste en surface. Ce sont des idées posées là, sans véritable développement. Comme beaucoup de choses dans The Final Run, elles sont présentes… mais jamais exploitées.

 

Au final, le film donne surtout l’impression d’un énorme potentiel gâché. Il y avait un cadre, un personnage principal crédible, un contexte intéressant. Mais tout est dilué dans un rythme beaucoup trop lent et un scénario qui manque clairement de tension. Le plus frappant, c’est cette sensation d’ennui qui s’installe progressivement. Pas un ennui passager, non. Un vrai ennui, tenace, qui fait regarder l’heure en espérant que quelque chose se passe enfin. Mais rien ne vient.

 

Note : 2/10. En bref, The Final Run n’est pas catastrophique au point de devenir fascinant. Il est juste… vide. Un film qui promet un dernier coup, mais qui n’arrive même pas à lancer la partie. Et c’est peut-être ça, le plus frustrant.

Sorti le 30 mars 2026 directement sur Amazon Prime Video

 

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