28 Avril 2026
Rooster // Saison 1. Episode 8. Nobody Spook It.
On arrive doucement vers la fin de cette première saison de Rooster, et cet épisode 8 laisse un sentiment un peu partagé. J’aime toujours autant traîner dans cet univers, mais je dois bien avouer qu’on sent une petite baisse de régime dans l’intrigue. Ça avance, certes, mais par toutes petites touches, sans ce grand coup d'accélérateur qu'on attendrait à ce stade de l'histoire. Heureusement que les échanges entre les personnages sauvent la mise, car c’est là que le cœur de la série bat encore vraiment. Greg semble désormais comme un poisson dans l'eau dans son rôle d'écrivain en résidence.
Au début, on se demandait si cette reconversion allait tenir la route, mais c’est devenu le moteur naturel de son quotidien. Le problème, c’est qu’avec la fin du semestre qui pointe le bout de son nez, on commence à se demander où les scénaristes veulent l'emmener. Est-ce un simple intermède ou le début d'une vraie nouvelle vie ? La série reste un peu floue sur ses intentions à long terme. Le vrai point fort de cet épisode, c'est encore une fois le duo Greg et Tommy. Leur relation dépasse largement le cadre prof-élève pour devenir une sorte de lien familial improvisé, et c’est franchement l’un des piliers du show. Quand Tommy envisage de tout plaquer, on sent tout son doute et son besoin d'exister.
/image%2F1199205%2F20260428%2Fob_e27302_vlcsnap-2026-04-27-19h23m58s153.png)
La réaction de Greg est parfaite : il ne joue pas au grand frère moralisateur. Il se contente de lui rappeler son propre talent en citant ses textes. C’est simple, c’est pudique, et ça montre à quel point un mot d'encouragement au bon moment peut tout changer dans la tête d'un gamin qui se cherche. À côté de ça, Dylan prend aussi du galon. Son interaction avec une étudiante passionnée permet de voir une autre facette de l'enseignement. Là où Greg est dans l'admiration et la douceur, Dylan est plus directe, plus punchy. Elle pousse ses élèves à se bouger et à croire en leur plume. Ce contraste entre les deux méthodes fonctionne super bien et donne un peu de relief au milieu universitaire de la série.
Par contre, tout n'est pas rose. Il y a des arcs narratifs qui commencent sérieusement à patiner. Je pense surtout à Sunny. Son personnage reste une énigme, et pas forcément de la bonne manière. Elle se retrouve face à un choix crucial entre sa carrière et sa vie perso, mais le traitement reste trop en surface. Elle finit par sacrifier une opportunité énorme pour une relation qui, soyons honnêtes, semble totalement déséquilibrée. On a du mal à comprendre ses motivations profondes, et c'est un peu frustrant. Le cas Archie n'aide pas non plus. Dans sa relation avec Sunny, il donne l'impression de ne voir que son propre nombril. Il agit selon ses intérêts sans jamais se remettre en question, ce qui rend son personnage assez agaçant.
/image%2F1199205%2F20260428%2Fob_7bbb2f_vlcsnap-2026-04-27-19h29m45s664.png)
Difficile de s'investir émotionnellement dans leur couple quand on a l'impression qu'ils ne rament pas dans le même sens. Heureusement, Katie apporte une touche de sincérité bienvenue. Elle est en pleine phase d'introspection et on sent qu'elle arrive au bout du rouleau concernant Archie. Sa solitude est filmée avec beaucoup de justesse. J’ai bien aimé la pudeur de la réalisation, notamment sur ce qui se passe avec son père. En ne montrant pas tout, la série nous laisse imaginer le poids de l'émotion, et c’est souvent bien plus efficace que de grandes scènes de larmes. Côté rythme, l'épisode s'éparpille un peu. On a droit à plusieurs petites intrigues secondaires qui ne semblent pas vraiment connectées au fil rouge.
C’est sympa à regarder, c’est parfois drôle, mais ça n’aide pas la saison à monter en puissance. On a l’impression que la série hésite sur les priorités à fixer avant de boucler ses intrigues. Pourtant, malgré ces quelques longueurs, Rooster garde une belle cohérence sur ses thèmes de prédilection : la transmission et la confiance en soi. Qu’il s’agisse de Greg avec Tommy ou de l’équilibre qu’il retrouve enfin avec sa propre fille, c’est dans l’intimité et le soutien mutuel que la série brille le plus. Ces moments de complicité retrouvée redonnent un peu de chaleur à l'ensemble.
Note : 5.5/10. En bref, ce huitième épisode souffle le chaud et le froid. On a des scènes magnifiques portées par des dialogues très justes, et des passages plus mous qui manquent d'impact. À quelques encablures du final, il serait temps que Rooster clarifie ses enjeux. Il y a encore tout ce qu'il faut pour finir en beauté, mais il ne faudra pas louper le coche sur les derniers épisodes.
Disponible sur HBO max
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog