Critiques Séries : Rooster. Saison 1. Episode 10 (season finale)

Critiques Séries : Rooster. Saison 1. Episode 10 (season finale)

Rooster // Saison 1. Episode 10. Songs for Raisa.

SEASON FINALE

 

On arrive au bout du chemin pour cette première saison de Rooster avec l’épisode 10, intitulé « Songs for Raisa ». Si vous vous attendiez à un bouquet final explosif avec des révélations à chaque coin de rue, vous risquez d’être surpris. La série choisit de boucler la boucle en douceur, en misant tout sur l’humain. C’est un pari risqué, surtout quand on sait que le rythme a parfois fait du surplace ces dernières semaines, mais c’est aussi ce qui fait le charme un peu bancal de cette production. Le gros morceau de cet épisode, c’est évidemment le cas d’Archie. On ne va pas se raconter d’histoires : Archie est devenu le maillon faible, ou plutôt l'élément le plus toxique de la bande. 

 

Pendant dix épisodes, il a jonglé entre Katie et Sunny avec une indécision qui frisait l’agacement. La série a bien tenté de le rendre attachant par moments, en jouant sur son côté maladroit ou ses vannes, mais l’égoïsme finit toujours par reprendre le dessus. Le voir terminer cette saison face à son propre vide, seul avec ses regrets, c’est peut-être la conclusion la plus juste qu’on pouvait espérer. Ce n’est pas une fin triomphante, mais c’est cohérent avec le personnage. La rupture avec Katie est d’ailleurs l’un des moments les plus réussis. Ce qui est fort ici, c’est la simplicité de la scène. Pas de grands cris, pas de vaisselle brisée. 

Juste un déclic un peu absurde : un morceau d’épinard coincé entre les dents d’Archie. Ça peut paraître ridicule sur le papier, mais c’est terriblement vrai. Dans la vraie vie, ce n’est pas toujours une trahison monumentale qui fait tout basculer, c’est parfois juste le petit détail de trop qui rend l’autre insupportable. Katie réalise qu’elle s’accrochait à une habitude, à un souvenir de famille, plutôt qu’à un homme qu’elle aimait encore. Elle gagne enfin en épaisseur en décidant d’avancer pour elle-même. Du côté de Sunny, le constat est un peu plus mitigé. Elle a un vrai potentiel, une vulnérabilité qu’on aperçoit par éclairs, mais elle reste encore trop définie par rapport à Archie. 

 

Elle méritait d’exister davantage en dehors de ce triangle amoureux qui a un peu trop monopolisé le temps d’antenne cette saison. On sent qu’elle réalise enfin l’ampleur du gâchis, et c’est sans doute ce qui lui permettra de vraiment respirer en saison 2. Le véritable cœur de Rooster, c’est ce qui se passe entre Greg et sa fille. Steve Carell est impeccable dans ce rôle de père un peu paumé qui essaie de reconstruire quelque chose sur les ruines de son passé. Greg n’est pas un héros, il est souvent envahissant et un peu lourd, mais sa sincérité finit par emporter le morceau. À Ludlow, il a trouvé plus qu’un simple job ou un refuge : il a trouvé une communauté. 

La petite fête au diner symbolise bien cet esprit de famille improvisée que la série essaie d’insuffler. C’est dans ces moments-là, quand elle parle de solitude et de reconstruction sans en faire des tonnes, que Rooster touche juste. Il y a aussi Elizabeth, qui plane au-dessus de tout ça comme une menace silencieuse. Son évolution est intéressante car elle n’est pas la méchante de service, juste une femme qui protège ses intérêts au détriment des autres. Son arrivée prochaine à la tête de l’université promet des étincelles pour la suite. Elle force Greg à sortir de sa zone de confort et à arrêter de vivre dans le rétroviseur. Bien sûr, tout n’est pas parfait. 

 

Le montage est parfois un peu brusque et certaines réconciliations arrivent un peu trop comme par magie après des disputes qui semblaient pourtant sérieuses. Les personnages secondaires restent aussi un peu en retrait, servant souvent de décor aux états d’âme de Greg. L’humour n’est pas toujours au rendez-vous non plus, la série étant bien meilleure dans le registre mélancolique que dans la pure comédie. Au final, malgré ses petits défauts de fabrication et ses longueurs, Rooster réussit l’essentiel : on a envie de savoir ce qui va se passer ensuite. La saison 1 a posé les bases, parfois laborieusement, mais ce final montre une série qui commence enfin à assumer son identité. 

Si la saison 2 délaisse un peu les intrigues de cœur répétitives pour se concentrer sur la psychologie de ses personnages, on pourrait tenir là quelque chose de vraiment solide. La série devient réellement intéressante lorsqu’elle accepte que, pour certains, il n’est jamais trop tard pour changer de direction.

 

Note : 7/10. En bref, malgré ses petits défauts de fabrication et ses longueurs, Rooster réussit l’essentiel : on a envie de savoir ce qui va se passer ensuite. La saison 1 a posé les bases, parfois laborieusement, mais ce final montre une série qui commence enfin à assumer son identité. 

Disponible sur HBO max

HBO a renouvelé Rooster pour une saison 2.

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article