28 Avril 2026
The Comeback // Saison 3. Episode 6. Valerie’s Home Alone.
On arrive à un moment de la saison où le vernis craque complètement. Avec ce sixième épisode, The Comeback ne fait plus de cadeaux. La série continue de gratter là où ça fait mal en explorant une industrie qui change trop vite pour ses propres acteurs. L’équilibre déjà bancal entre ceux qui écrivent et ceux qui jouent a fini par voler en éclats. On n'est plus seulement dans les petites guerres d'ego habituelles, on est entrés de plain-pied dans une réalité plus froide : celle d'Hollywood version intelligence artificielle. Pour Valerie Cherish, ce n'est pas juste un virage serré, c'est une véritable sortie de route.
Depuis la reprise, on voit Valerie ramer pour garder la tête hors de l'eau sur le projet How’s That?!. Elle fait semblant de piloter le navire, mais on sent bien que les commandes ne répondent plus. Dans cet épisode, les choses tournent vraiment au vinaigre. Le secret de polichinelle finit par exploser : la série tourne sans auteurs. Cette absence de cerveau derrière les lignes de dialogue n'est plus un mystère pour personne, et la révélation fait l'effet d'une bombe. C’est le point de bascule de la saison, celui où l'image publique de Valerie commence à se fissurer sérieusement. Ce qui frappe le plus ici, c'est de voir à quel point Valerie se retrouve seule. Le vide se fait autour d'elle de façon presque brutale.
/image%2F1199205%2F20260428%2Fob_11ec2a_vlcsnap-2026-04-27-17h59m57s905.png)
Mark s'éloigne, Jane prend ses distances parce que l'ambiance devient irrespirable, et Tommy finit par claquer la porte après une énième embrouille maladroite. Valerie se retrouve au centre du plateau, entourée de caméras, mais désespérément isolée. C’est le paradoxe total de sa vie : elle n'a jamais été aussi exposée et, en même temps, aussi peu soutenue. Elle doit gérer un chaos qu'elle ne comprend qu'à moitié, sans personne pour lui dire quand s'arrêter. En parallèle, on la voit s'enfoncer dans une logique de studio assez flippante. La scène de la réunion marketing est un modèle du genre. Quand on lui présente l'utilisation de l'IA pour créer des visuels promotionnels, elle ne tique même pas.
Elle accepte le truc comme si c'était une évolution naturelle, sans voir le loup derrière la porte. C’est là qu'on voit toute la contradiction du personnage. Elle veut tellement rester dans le coup qu'elle finit par accepter des outils qui, à terme, renient son propre métier. C’est un mélange d'adaptation forcée et d'aveuglement volontaire qui fait de la peine à voir. Sa relation avec Billy vient rajouter une couche de malaise. Leur discussion est détournée, transformée en pur contenu de télé-réalité sans qu'elle s'en rende compte. Valerie, qui pense maîtriser les codes de la caméra puisqu'elle vit avec depuis des années, se fait bouffer par son propre jeu.
/image%2F1199205%2F20260428%2Fob_e3163c_vlcsnap-2026-04-27-17h39m23s200.png)
Elle devient une marionnette dans un dispositif qu'elle ne contrôle plus du tout. On sent que même ses moments d'intimité sont devenus des produits de consommation, et la frontière entre sa vraie vie et la mise en scène a totalement disparu. Le plus surprenant, c'est la réaction des autres acteurs. Quand ils apprennent qu'il n'y a plus de scénaristes, certains y voient une opportunité de s'éclater. Ils pensent que c'est la liberté totale de pouvoir jouer sans texte imposé. C’est assez ironique et ça montre bien à quel point ils ne captent pas les enjeux de ce qui est en train de se passer. On devine assez vite que cette petite euphorie va durer cinq minutes avant qu'ils ne se rendent compte qu'on ne construit rien de solide sur du vent.
Tout dérape vraiment quand l'histoire de l'IA fuite dans la presse et sur les réseaux sociaux. C'est le retour de bâton immédiat. Valerie se prend une vague de haine monumentale. Elle devient le visage d'un système qu'elle n'a pas inventé, mais qu'elle a laissé faire. C'est difficile de la défendre sur ce coup-là. Avant, on pouvait mettre ses erreurs sur le compte de la maladresse ou de son instinct de survie un peu désespéré. Ici, elle a une vraie part de responsabilité. Elle a préféré ignorer les signaux d'alarme pour s'assurer une place sur l'affiche. Heureusement, l'épisode garde une petite touche d'humanité pour nous empêcher de décrocher totalement. Le retour de Mark à la fin, qui vient la voir après le lynchage médiatique, fait du bien.
/image%2F1199205%2F20260428%2Fob_5084a0_vlcsnap-2026-04-27-19h13m16s270.png)
C’est un moment de calme dans la tempête, un rappel que derrière la caricature de la star déchue, il reste une femme qui a besoin d'un vrai lien. La série arrive toujours à nous faire ressentir cet attachement pour elle, même quand elle fait n'importe quoi. Au final, on ressort de ce sixième épisode avec un sentiment étrange. C’est cohérent, c’est bien écrit, mais c’est aussi très pesant. L'humour habituel de The Comeback se fait plus rare, étouffé par le malaise de la situation. On assiste à la chute d'une femme qui s'accroche aux branches d'un arbre qui est déjà en train de tomber. Valerie avance sur un terrain miné, et on sait que le prochain pas risque de faire très mal. C’est inconfortable, c'est grinçant, mais c'est exactement pour ça qu'on regarde.
Note : 6/10. En bref, on ressort de ce sixième épisode avec un sentiment étrange. C’est cohérent, c’est bien écrit, mais c’est aussi très pesant. L'humour habituel de The Comeback se fait plus rare, étouffé par le malaise de la situation. On assiste à la chute d'une femme qui s'accroche aux branches d'un arbre qui est déjà en train de tomber.
Disponible sur HBO max
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog