Critiques Séries : The Last Thing He Told Me. Saison 2. Episode 8 (season finale)

Critiques Séries : The Last Thing He Told Me. Saison 2. Episode 8 (season finale)

The Last Thing He Told Me // Saison 2. Episode 8. Souvenirs d’enfance.

SEASON FINALE

 

Ça y est, le rideau tombe sur la saison 2 de The Last Thing He Told Me. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce huitième épisode ne fait rien comme les autres. Si vous vous attendiez à un bouquet final d’explosions et de courses-poursuites, vous risquez d’être un peu déstabilisés. La série a fait un pari osé : troquer le grand spectacle contre une plongée en apnée dans les émotions et les non-dits. C’est calme, c’est lent, et c’est justement là que ça gratte. Dès l’ouverture, l’atmosphère est pesante. On sent que le sol se dérobe sous les pieds des personnages. On n’est plus dans l’enquête pure, mais dans la gestion des débris. 

 

Le focus se déplace enfin sur Bailey, qui devient le véritable pivot de cet épisode. Ses souvenirs, qu’on ramassait à la petite cuillère depuis le début de la saison, finissent par s’assembler. C’est satisfaisant, certes, mais ça donne aussi une impression de trop peu, trop tard. Le rythme est volontairement traînant. On pourrait appeler ça de la lenteur, mais c’est plutôt une volonté de nous faire peser le poids de chaque révélation. La série ne veut pas nous raconter ce qui se passe, elle veut nous faire ressentir ce que ça coûte aux personnages. Le gros morceau de l'épisode, c'est évidemment la confrontation entre Bailey et Quinn. On l’attendait au tournant, et la série nous livre un moment très nuancé. 

Pas de grands cris, pas de méchant de caricature qui déballe son plan machiavélique. Quand la vérité sur la mort de Kate éclate, ce n'est pas un twist fait pour nous choquer sur notre canapé. C’est juste une réalité brutale, triste et incroyablement complexe. Quinn est fascinante parce qu’elle n’est pas "méchante" au sens classique ; elle est d’un pragmatisme glacial. Elle fait ce qu’elle pense être nécessaire, sans sourciller. Le bémol ? On reste un peu sur notre faim. La discussion est tellement retenue qu’on attend une explosion émotionnelle qui ne vient jamais vraiment. C’est un choix artistique cohérent, mais c’est aussi un peu frustrant.

 

Il était temps ! Après avoir passé une bonne partie de la série à subir les événements, Bailey devient enfin l'actrice de sa propre histoire. On quitte le terrain du polar criminel pour entrer dans quelque chose de beaucoup plus intime : une quête d'identité. C’est là que la série marque des points. Voir Bailey naviguer dans ses doutes et prendre ses propres décisions donne une vraie colonne vertébrale à ce final. On regrette juste que ce déclic n’ait pas eu lieu trois épisodes plus tôt. On finit la saison en se disant : "Ah, enfin, on y est !", alors que le générique de fin s'apprête déjà à défiler. La grande force (ou la grande faiblesse, selon votre patience) de ce final, c'est le silence. 

Les dialogues sont rares, souvent hachés. Tout passe par les regards, les hésitations, les respirations. La tension est psychologique, jamais visuelle. Le danger rôde, mais il reste invisible, tapi dans les silences entre deux phrases. Pour ceux qui aiment les thrillers nerveux, ça peut paraître un peu vide. Mais pour ceux qui apprécient les ambiances à la limite du malaise, c’est assez réussi. On est dans l’introspection pure. Quinn finit par s'imposer comme le personnage le plus troublant. Sa capacité à rester impassible, même quand tout s'écroule autour d'elle, interroge. Elle ne semble pas avoir de remords, elle avance. Cette fin laisse d'ailleurs une porte immense ouverte sur elle : Quinn ne va pas lâcher le morceau, et son besoin de contrôle semble inépuisable.

 

On ne va pas se mentir : ce final va diviser. Si vous voulez des réponses nettes et des arcs bouclés, vous allez être déçus. La relation entre Hannah et Owen reste dans un entre-deux un peu flou, et certaines intrigues secondaires sont balayées sous le tapis comme si on avait manqué de temps au montage. C'est une fin "ouverte". Certains y verront une preuve d'élégance narrative — la vie n'est pas faite de conclusions parfaites — d'autres y verront une forme de paresse scénaristique. En résumé, cet épisode est le miroir parfait de la saison : bourré de bonnes intentions, très axé sur l'humain, mais manquant parfois de ce "punch" qui transforme une bonne série en série culte. 

On ressort de là avec une impression diffuse. Ce n'est pas un final assourdissant, c'est un final qui murmure. Est-ce qu'on veut une saison 3 ? La scène finale nous tend la main, c'est sûr mais vu la qualité douteuse de cette saison 2… Il reste des zones d'ombre, des comptes à régler. Mais pour que la suite vaille vraiment le coup, il faudra peut-être que la série accepte enfin de trancher dans le vif au lieu de toujours rester dans la nuance. 

 

Note : 5/10. En bref, un final de saison 2 qui joue avec nos nerfs (et nos attentes).

Disponible sur Apple TV

Apple n’a pas encore renouvelé The Last Thing He Told Me pour une saison 3 à l’heure où j’écris ces lignes.

 

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