Critiques Séries : NCIS: Sydney. Saison 3. Episode 14.

Critiques Séries : NCIS: Sydney. Saison 3. Episode 14.

NCIS: Sydney // Saison 3. Episode 14. Death Card.

 

On ne va pas se mentir, suivre NCIS: Sydney en ce moment, c’est un peu comme faire des montagnes russes sans trop savoir si la prochaine descente va nous donner le frisson attendu ou juste un petit mal de cœur. Avec cet épisode 14 de la saison 3, intitulé « Death Card », on reste pile dans cette sensation d'entre-deux. Après une série de chapitres franchement inégaux, je suis ressorti de cette session avec un sentiment assez complexe. D'un côté, on sent une réelle envie de bousculer la routine du procédural classique, et de l'autre, on a toujours cette impression tenace que la série a un moteur puissant mais qu’elle n’ose jamais vraiment passer la cinquième vitesse.

 

Ce qui sauve les meubles, et ce qui me fait rester devant mon écran semaine après semaine, ce n’est plus forcément le mystère de la semaine. C’est l’humain. Cet épisode l’a bien compris en remettant les relations entre nos agents au centre de la table, là où le cœur bat vraiment. L’intrigue de départ avait pourtant un potentiel assez fou. On nous plonge dans une ambiance de manipulation psychologique mâtinée de tarot et de mises en scène étranges. On s'éloigne des fusillades habituelles pour entrer dans quelque chose de plus cérébral, de plus glauque aussi. Ça m’a rappelé les pistes de contrôle mental qu’on nous avait balancées en début de saison. Le problème, c’est que le rythme est un peu bancal. 

On avance à tâtons, puis soudain, tout s’accélère de façon presque superficielle. C’est frustrant car l’intention est excellente, mais l’exécution reste un poil brouillonne, comme si les scénaristes avaient eu peur d'aller au bout de leur délire mystique. Le personnage de Phoebe incarne parfaitement ce paradoxe. Elle ne représente pas une menace physique, elle ne va pas vous mettre un high-kick au visage, mais elle s’insinue dans votre tête. Sa façon de déstabiliser JD en utilisant des ressorts psychologiques est l’un des points forts de l’épisode. C’est subtil, c’est malin, et ça change des méchants de carton-pâte auxquels on a parfois droit. 

 

Pourtant, là encore, je suis resté sur ma faim. J’aurais aimé que l’on s’attarde plus sur ce duel mental, que l’on sente vraiment JD vaciller sur ses bases. Heureusement, le duo Mackey et JD vient solidifier l’ensemble. S’il y a bien une chose qui ne déçoit pas cette saison, c’est leur évolution. On n’est pas dans du spectaculaire ou dans de grands discours mélodramatiques. Tout passe par les regards, par une synchronisation presque animale sur le terrain. Il y a une scène précise face au suspect où ils n’ont pas besoin de se parler pour agir en totale symbiose. C’est cette confiance instinctive qui rend leur lien si crédible aux yeux du spectateur. 

Après tout ce qu'ils ont traversé, notamment les révélations sur le passé familial de Mackey, on sent qu’ils forment désormais un bloc inattaquable. C’est discret, c’est bien écrit, et ça suffit largement à maintenir mon intérêt. Du côté d’Evie et DeShawn, on sentait que la série s'était un peu égarée avec l'arrivée de Trigger. C’était devenu un peu lourd, un peu forcé. Death Card fait le choix salvateur de revenir aux fondamentaux. On retrouve leur dynamique naturelle, faite de piques bien senties et d’une tension non-dite qui fait tout le sel de leur duo. Ils sont incapables de mettre des mots sur ce qu’ils sont l’un pour l’autre, mais leur connexion saute aux yeux dès qu’ils sont en mission. 

 

Mettre Trigger au second plan pour l’instant est une excellente décision. On respire enfin un peu, même si la série devra bien finir par trancher dans le vif avant la fin de la saison pour ne pas lasser les fans. Ce qui est plutôt malin dans cet épisode, c'est que Phoebe ne finit pas aux oubliettes. Elle ne semble pas être une simple criminelle de passage. Le fait de laisser la porte ouverte à son retour montre que NCIS: Sydney essaie enfin de construire une narration sur le long terme. Construire des arcs de personnages plus denses est nécessaire pour que la série gagne en maturité, à condition de ne pas se perdre en route. En prenant un peu de hauteur sur cette tranche de la saison, entre l’épisode 10 et 14, le constat est souvent le même. 

La série cherche encore son second souffle. Elle oscille entre des idées brillantes et une réalisation qui manque parfois de relief. On avance sur certains secrets, comme celui de Mackey, tandis que d'autres intrigues piétinent un peu. « Death Card » n'est pas l'épisode qui révolutionnera le genre, mais il reste solide. Il se regarde avec plaisir parce qu'il privilégie l'émotion et la psychologie à l'action pure. Il nous reste maintenant quelques épisodes avant le grand final, et j'espère sincèrement que la série va oser prendre les risques qu'elle nous suggère ici, au lieu de rester confortablement installée dans cet entre-deux un peu trop sage.

 

Note : 5.5/10. En bref, « Death Card » n'est pas l'épisode qui révolutionnera le genre, mais il reste solide. Il se regarde avec plaisir parce qu'il privilégie l'émotion et la psychologie à l'action pure.

Prochainement sur Paramount+

 

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