10 Avril 2026
Cocorico 2 // De Julien Hervé. Avec Christian Clavier, Didier Bourdon et Sylvie Testud.
Il fallait oser. Vraiment. Faire une suite à Cocorico, déjà, c’était un pari. Mais livrer Cocorico 2 dans cet état, c’est presque une expérience sociologique. Le film donne l’impression de cocher toutes les cases de ce qu’une comédie peut faire de plus paresseux : humour forcé, clichés en cascade, scénario inexistant. Et pourtant, il avance, sûr de lui, comme si tout cela allait fonctionner. Dès les premières minutes, le ton est donné. Le film s’enfonce sans détour dans un empilement de blagues basées sur les origines des personnages. L’idée ? Multiplier les situations “chocs” en jouant sur les différences culturelles.
Après avoir découvert la vérité sur leurs origines, grâce à des tests ADN aux résultats pour le moins surprenants, les Bouvier-Sauvage et les Martin décident d’enterrer la hache de guerre, pour organiser le mariage de leurs enfants. Mais c’était sans compter sur un imprévu de taille : un cousin de Frédéric a été retrouvé grâce aux tests… Révélant que les résultats étaient erronés. Les deux familles vont découvrir que leurs ancêtres n’ont pas fini de les surprendre !
Le résultat ? Une accumulation de clichés qui tournent vite en rond, sans jamais vraiment trouver le bon angle. Cocorico 2 semble persuadé qu’il suffit de répéter une blague pour qu’elle devienne drôle. Alors il insiste. Encore. Et encore. Jusqu’à ce que toute forme de subtilité disparaisse complètement. Les situations sont grossières, les dialogues appuyés, et les gags tombent avec une régularité impressionnante… mais rarement au bon endroit. Le film ne cherche jamais à surprendre. Il aligne les évidences, en espérant que l’accumulation finira par provoquer un rire. Ce qui arrive parfois, mais plus par fatigue que par réel amusement.
Là où le premier pouvait, au moins, bénéficier d’un effet de surprise, cette suite donne le sentiment de recycler ses propres idées sans même essayer de les améliorer. Le duo principal, porté par Christian Clavier et Didier Bourdon, fait ce qu’il peut. Mais difficile de sauver un film quand tout repose sur l’exagération permanente. Les deux acteurs en font beaucoup. Trop, même. Grimaces, cris, réactions outrancières… tout est poussé au maximum. Par moments, cela donne l’impression d’assister à une pièce de théâtre qui aurait oublié qu’elle était filmée. Le problème, ce n’est pas leur talent. C’est ce qu’on leur demande de jouer.
Les personnages sont réduits à des caricatures, et les situations ne leur laissent pas beaucoup d’espace pour exister autrement. Si quelqu’un cherche encore l’histoire de Cocorico 2, il faudra probablement regarder entre deux blagues. Le scénario est minimaliste, presque inexistant. Il sert juste de fil conducteur pour relier des scènes qui n’ont parfois aucun lien entre elles. Le principe des origines révélées via des tests ADN est repris, étiré, puis vidé de toute surprise. Chaque révélation est censée relancer le film, mais donne surtout l’impression de répéter la même mécanique encore et encore. Le film tourne en rond très rapidement. Et comme il ne propose aucune vraie évolution, l’ennui finit par s’installer.
Oui, même dans une comédie. Visuellement, Cocorico 2 ne cherche pas à impressionner. Et c’est peu de le dire. La mise en scène est plate, sans rythme, sans idée marquante, comme un bon vieux téléfilm de luxe dont la comédie française a le secret. Certaines scènes s’enchaînent sans logique apparente, avec des transitions abruptes qui donnent l’impression d’un montage fait à la va-vite. Le tout renforce cette sensation d’un film bricolé, qui avance sans réelle direction. Même les décors, pourtant corrects sur le papier, ne suffisent pas à donner un peu de relief à l’ensemble. Tout semble figé, sans énergie. Le film s’appuie presque exclusivement sur des clichés liés aux origines culturelles.
Mais là où une comédie peut jouer avec ces codes pour les détourner, Cocorico 2 choisit de les empiler sans recul. Chaque situation semble construite autour d’une caricature. Le problème, c’est que le film ne propose jamais de second niveau de lecture. Il reste en surface, dans quelque chose de très basique. À force d’insister, le procédé devient lassant. Et surtout, il donne l’impression que le film n’a pas grand-chose d’autre à raconter. Étrangement, malgré un enchaînement constant de gags, le film paraît long. Certaines scènes s’étirent inutilement, comme si le film cherchait à remplir le temps. Le rythme est déséquilibré, avec des passages qui s’enchaînent trop vite et d’autres qui traînent sans raison.
Ce manque de fluidité n’aide pas à maintenir l’attention. Résultat : l’ennui finit par s’installer, ce qui reste un comble pour une comédie. Cocorico 2 donne l’impression d’une suite faite par réflexe, sans réelle envie de proposer quelque chose de nouveau. Le film recycle, insiste, exagère… mais oublie l’essentiel : être drôle. Entre humour lourd, scénario inexistant et mise en scène paresseuse, difficile de trouver un véritable point d’accroche. Même les acteurs, pourtant solides, semblent perdus dans cet enchaînement de situations forcées.
Note : 1/10. En bref, Cocorico 2 ressemble à une mauvaise idée menée jusqu’au bout. Et une fois le générique lancé, une question reste en tête : pourquoi avoir fait cette suite ?
Sorti le 8 avril 2026 au cinéma
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