Flashback (Saison 2, 6 épisodes) : une suite plus dense qui ne simplifie pas toujours son propos

Flashback (Saison 2, 6 épisodes) : une suite plus dense qui ne simplifie pas toujours son propos

La saison 2 de Flashback, débarquée sur TF1, ne perd pas de temps. On reprend les choses exactement là où on les avait laissées, avec une héroïne qui doit maintenant gérer les dégâts collatéraux de ses premiers voyages dans le temps. Le concept reste le même — une enquête policière saupoudrée d'allers-retours entre les époques — mais cette fois, l'histoire familiale prend une place énorme. En six épisodes, la série essaie de passer à la vitesse supérieure et de muscler son univers. L’intrigue bascule dans l’intime. On n'est plus seulement sur un mystère de la semaine à résoudre pour le plaisir du job. 

 

Le personnage principal retourne dans les années 90 avec une idée fixe : empêcher un drame qui touche directement les siens. Forcément, l'ambiance devient plus sombre, presque obsessionnelle. On sent que la mission est devenue une forme de réparation personnelle. Cette tension supplémentaire fait du bien au récit, même si, on va le voir, elle finit par rendre l'ensemble parfois un peu lourd à digérer. Le grand changement, c'est clairement la structure. La première saison était plutôt simple à suivre, avec un côté procédural rassurant. Ici, la prod a eu des envies de grandeur. On multiplie les pistes et les sous-intrigues. Chaque épisode essaie de jongler entre une enquête bouclée et le fil rouge qui s'étire sur toute la saison. 

 

C’est ambitieux, c’est certain, mais ça demande aussi de ne pas lâcher l’écran des yeux. Par moments, les paradoxes temporels et les enjeux qui se chevauchent créent des petits nœuds au cerveau qui auraient pu être évités avec un peu plus de clarté. Heureusement, les personnages ne font pas du surplace. Le duo de tête fonctionne toujours aussi bien, mais leurs échanges ont changé de ton. On a dépassé le simple choc des générations ou le conflit de méthodes de flics. Les désaccords sont maintenant plus profonds, plus moraux. C’est intéressant de voir l'héroïne agir pour ses propres intérêts plutôt que de simplement courir après les erreurs des autres. 

 

Elle gagne en épaisseur, même si, étrangement, certains traits de caractère qui faisaient son charme en saison 1 semblent s'être un peu lissés en chemin. Les seconds rôles profitent aussi de ce coup de projecteur. On sent une vraie volonté de donner une âme à tout le monde, avec des parcours qui s'étalent sur plusieurs épisodes. Le revers de la médaille, c'est qu'en seulement six épisodes, on se sent parfois un peu éparpillé. À vouloir trop en dire sur tout le monde, la série manque de temps pour aller au bout de certaines idées vraiment percutantes. Visuellement, par contre, c'est du solide. La reconstitution des années 90 est vraiment propre. 

 

On sent qu'un effort particulier a été fait sur les décors et les sapes pour que l'ambiance soit crédible sans tomber dans la caricature. Les passages d'une époque à l'autre sont plus fluides qu'avant, ce qui aide pas mal à ne pas se perdre dans la chronologie. La mise en scène ne révolutionne rien, elle reste très série française dans son approche, mais elle fait le job efficacement. Le vrai bémol, c'est le rythme. On fait un peu les montagnes russes. Certains épisodes vous tiennent en haleine sans décrocher, alors que d'autres servent clairement de remplissage ou de transition un peu molle. C'est le risque quand on veut mener trop de fronts en même temps : l'équilibre entre la comédie, qui repose souvent sur le décalage entre les époques, et le drame pur est parfois fragile. 

 

On passe d'une scène légère à un moment très sérieux de façon un peu brusque, ce qui peut sortir du truc. L'enquête principale sur le meurtre finit par prendre toute la place, en explorant des thèmes comme la corruption et les vieux secrets de famille. C’est la partie la plus réussie de la saison, même si elle exige une concentration totale. La série ne nous prend pas par la main et certains points restent un peu flous, ce qui pourrait en frustrer quelques-uns. Le dernier épisode vient mettre un point final à l'intrigue tout en nous balançant un retournement de situation bien senti. Certes, c'est une ficelle qu'on a déjà vue ailleurs dans les séries de science-fiction, mais ça fonctionne assez pour nous donner envie de voir la suite.

 

Note : 6/10. En bref, cette saison 2 de Flashback veut en faire plus. Plus de complexité, plus d'émotion, plus de noirceur. C’est sa force parce que ça donne de la profondeur à l'histoire, mais c'est aussi sa limite parce que la narration devient parfois un peu confuse. On passe un bon moment, c'est prenant, mais on sent que la série cherche encore son point d'équilibre parfait entre le divertissement grand public et le récit de genre pur. Si vous avez aimé la première saison, vous ne serez pas déçus, mais préparez-vous à une aventure un peu moins reposante.

Disponible sur TF1+

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article