19 Avril 2026
Avec cette cinquième saison de Machos Alfa, la série poursuit son exploration de la masculinité contemporaine à travers six épisodes qui s’inscrivent dans une forme de continuité. Après une saison 4 qui resserrait les interactions entre les personnages, cette nouvelle salve d’épisodes semble davantage chercher un équilibre entre humour et observation sociale, sans modifier en profondeur la formule déjà installée. Le point de départ reste familier : quatre amis quadragénaires confrontés à leurs contradictions, leurs relations et à un environnement qui évolue parfois plus vite qu’eux.
Pourtant, quelque chose change dans la manière dont la série aborde ces situations. Le ton paraît plus posé, moins démonstratif. Là où certaines saisons précédentes pouvaient appuyer leurs intentions, cette fois, les scènes prennent davantage le temps de s’installer sans forcément chercher à expliciter chaque idée. Pedro s’impose comme l’un des axes les plus intéressants de cette saison. Son parcours s’articule autour d’une volonté de redéfinir son image, aussi bien dans sa vie personnelle que professionnelle. Cette tentative de transformation n’est jamais présentée comme un simple ressort comique.
Elle révèle plutôt une difficulté à concilier ce qu’il pense devoir être et ce qu’il est réellement. Ce décalage, parfois discret, donne lieu à des situations qui oscillent entre gêne et lucidité. Le personnage gagne en nuance, notamment lorsque la série évite de le juger frontalement. Luis, de son côté, évolue dans un registre différent. Une partie de son intrigue repose sur son rapport au numérique et à une forme de modernité qu’il peine à maîtriser. Les situations qui en découlent fonctionnent surtout parce qu’elles restent crédibles. Il ne s’agit pas de caricaturer un homme dépassé, mais plutôt de montrer des maladresses ordinaires.
Cette approche permet de conserver une certaine cohérence dans l’écriture, tout en laissant apparaître une vulnérabilité qui ne vient pas effacer l’humour. Raúl apporte une dimension plus introspective. Son histoire s’intéresse à l’usure dans les relations longues, à ces moments où les habitudes prennent le pas sur l’élan initial. La série aborde ces thèmes sans chercher à dramatiser excessivement. Quelques scènes suffisent à installer une forme de fatigue émotionnelle, sans que cela ne devienne le cœur exclusif du récit. Ce choix de retenue fonctionne, même si certains développements auraient pu être davantage approfondis. Santi, en revanche, reste le personnage le plus irrégulier.
Certaines de ses décisions semblent davantage dictées par les besoins du scénario que par une logique interne claire. Cela crée parfois un léger déséquilibre par rapport aux autres arcs, plus ancrés dans une progression identifiable. Malgré cela, il conserve un rôle essentiel dans la dynamique du groupe, notamment par sa capacité à introduire des situations imprévisibles. L’un des aspects les plus notables de cette saison réside dans sa manière de traiter ses thématiques. Les questions liées aux attentes sociales, aux relations ou encore à l’identité masculine sont toujours présentes, mais elles passent davantage par les interactions que par des discours explicites.
Les conversations paraissent plus naturelles, parfois inachevées, ce qui renforce une impression de réalisme. Tout ne trouve pas de réponse, et cette absence de conclusion nette participe à l’identité de la série. Le rythme global reste relativement stable, même si certains épisodes du milieu donnent une impression d’étirement. Quelques intrigues secondaires prennent du temps à se mettre en place sans toujours offrir un véritable impact en retour. Cela n’empêche pas l’ensemble de retrouver une certaine efficacité dans sa dernière partie, où les enjeux se clarifient sans pour autant chercher à conclure de manière définitive.
Sur le plan formel, la mise en scène conserve une approche discrète. La réalisation ne cherche pas à attirer l’attention, mais accompagne les situations avec une certaine précision. Les plans rapprochés sont utilisés de manière plus marquée, notamment dans les moments de tension ou d’hésitation. Ce choix renforce l’impact de certaines scènes, en laissant les silences et les regards prendre le relais des dialogues. Les performances des acteurs s’inscrivent dans cette même logique de retenue. Les interactions entre les quatre personnages principaux restent le point d’ancrage de la série. Leur dynamique donne une impression de continuité, comme si leurs échanges reposaient sur un vécu déjà bien installé.
Même lorsque certaines situations semblent moins abouties, cette cohésion permet de maintenir l’intérêt. Un autre élément notable concerne les personnages secondaires, qui bénéficient ici d’un traitement légèrement plus développé. Ils ne sont plus uniquement définis par leur relation aux protagonistes principaux. Cette évolution apporte un peu plus de relief à l’ensemble, même si toutes les intrigues qui leur sont associées ne trouvent pas forcément un développement suffisant. L’humour, quant à lui, repose toujours sur l’observation. Il ne cherche pas à provoquer systématiquement le rire, mais s’appuie sur des situations reconnaissables.
Ce décalage entre les intentions des personnages et leurs actions reste une source constante de moments efficaces. Certains passages fonctionnent particulièrement bien lorsqu’ils laissent place à l’inconfort plutôt qu’à une chute évidente. Cette saison 5 donne aussi l’impression de poser une question en filigrane : celle de l’évolution. Les personnages changent, mais jamais de manière radicale. Les ajustements sont progressifs, parfois à peine perceptibles. Cette approche peut donner un sentiment de stagnation, mais elle correspond aussi à une certaine réalité. Rien ne se transforme rapidement, et la série semble assumer cette lenteur. Quelques limites subsistent malgré tout.
Certaines intrigues auraient gagné à être poussées plus loin, notamment lorsque des enjeux intéressants apparaissent sans être pleinement exploités. Cette retenue, qui fait parfois la force de la série, peut aussi devenir une contrainte lorsqu’elle empêche d’aller au bout de certaines idées. Au final, cette cinquième saison de Machos Alfa ne cherche pas à se réinventer. Elle s’inscrit plutôt dans une logique d’ajustement, en affinant ce qui fonctionne déjà. L’équilibre entre comédie et observation reste au cœur du projet, avec une volonté de rester au plus près des personnages. Ce choix donne un ensemble cohérent, même si tout n’est pas traité avec la même précision.
Cette continuité peut séduire par sa constance, mais elle interroge aussi sur la capacité de la série à évoluer davantage. Pour l’instant, elle semble préférer avancer par petites touches, sans rupture marquée. Une approche qui correspond à son ton, mais qui laisse ouverte la question de ses prochaines directions.
Note : 6/10. En bref, cette cinquième saison de Machos Alfa ne cherche pas à se réinventer. Elle s’inscrit plutôt dans une logique d’ajustement, en affinant ce qui fonctionne déjà. L’équilibre entre comédie et observation reste au cœur du projet, avec une volonté de rester au plus près des personnages. Ce choix donne un ensemble cohérent, même si tout n’est pas traité avec la même précision.
Disponible sur Netflix
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog