Critique Ciné : Buen Camino (2026, Netflix)

Critique Ciné : Buen Camino (2026, Netflix)

Buen Camino // De Gennaro Nunziante. Avec Checco Zalone, Beatriz Arjona et Letizia Arnò.

 

Quand j'ai vu l'affiche de Buen Camino, j'étais plutôt curieux. L'idée de base avait du potentiel : une comédie sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, un acteur principal qu'on connaît pour son talent dans l'absurde, et cette promesse d'un voyage intérieur mêlé à une satire sociale. Le pitch est simple mais efficace. On suit un homme un peu perdu qui se lance dans ce pèlerinage pour essayer de réparer les morceaux cassés de sa vie, et surtout sa relation avec sa fille. Sur le papier, il y avait de quoi faire un film à la fois drôle et touchant. 

 

Checco, riche héritier gâté, doit abandonner son train de vie luxueux pour retrouver sa fille adolescente. À contrecœur, il se lance sur le chemin de Compostelle, où il rencontre de nouveaux défis à chaque étape. Ce voyage devient une occasion inattendue de vraiment apprendre à se connaître, lui et sa fille, et de découvrir des valeurs importantes.

 

Malheureusement, une fois devant l'écran, on se rend vite compte que le film manque d'une véritable boussole. Le premier gros point noir, c'est la structure. J'ai eu l'impression de regarder une succession de sketches mis bout à bout sans grand lien entre eux. Le personnage marche, beaucoup même, mais l'histoire, elle, fait du surplace. On passe d'une auberge à une rencontre fortuite sans que ces étapes ne semblent vraiment peser sur l'évolution du récit. C'est dommage, car le décor du pèlerinage est normalement le terreau idéal pour créer une tension dramatique ou comique. Ici, le voyage semble n'être qu'un prétexte visuel pour remplir le temps.

 

Côté humour, je suis resté sur ma faim. On connaît le style de l'acteur principal, souvent incisif ou décalé. Mais là, c'est comme s'il jouait avec le frein à main serré. Les vannes tombent souvent à côté ou sentent le réchauffé. On sourit par moments, mais on ne rit jamais vraiment aux éclats. On sent que le film hésite en permanence entre la comédie pure et quelque chose de plus sérieux, sans jamais réussir à trancher. Ce manque de parti pris finit par rendre l'ensemble un peu mou. L'acteur principal semble d'ailleurs un peu fatigué. Il recycle des tics de jeu qu'on lui a déjà vus cent fois ailleurs, sans apporter cette petite étincelle de nouveauté qui aurait pu sauver le personnage.

 

Il est moins piquant, moins surprenant, et subit les événements plus qu'il ne les porte. Le film essaie pourtant de nous toucher avec une intrigue familiale. La relation entre le père et la fille est censée être le cœur émotionnel du projet. L'intention est louable, mais le traitement reste vraiment trop en surface. Les scènes de réconciliation tombent un peu comme un cheveu sur la soupe et manquent de crédibilité. On sent que le scénario veut nous forcer à être émus, mais comme les personnages ne sont pas assez creusés, l'émotion ne prend pas. Tout va trop vite, ou trop superficiellement, pour qu'on s'attache vraiment à leur duo.

 

Visuellement, le film s'en sort mieux. Les paysages sont superbes et offrent de jolies bouffées d'air frais entre deux scènes de dialogue un peu lourdes. Il y a quelques rares moments de calme, presque poétiques, où le film prend enfin le temps de respirer. C'est dans ces instants de silence que j'ai trouvé le ton le plus juste. Mais ces parenthèses sont trop courtes pour compenser le reste. Un autre défaut qui m'a sauté aux yeux, c'est l'écriture des dialogues. On sent parfois que le texte est trop travaillé, presque scolaire. On nous explique les sentiments des personnages au lieu de nous les faire ressentir. Cette volonté de vouloir tout souligner tue la spontanéité qu'on peut attendre d'un road movie à pied.

 

Au final, Buen Camino n'est pas un mauvais film, mais il est terriblement anecdotique. On sent qu'il a été construit sur une recette qui a déjà fonctionné, en espérant que le charme des décors et la notoriété de l'acteur feraient le reste. C'est frustrant parce qu'on devine ce que le film aurait pu être : une vraie réflexion sur le temps qui passe et les liens familiaux, avec un humour plus tranchant. A la fin, il ne reste pas grand-chose. C'est un film qui se regarde tranquillement un dimanche soir, mais qu'on oublie dès le générique de fin. C'est un voyage qui, malgré les kilomètres parcourus, ne nous emmène nulle part. Une occasion manquée de transformer une belle idée en un grand moment de cinéma.

 

Note : 4.5/10. En bref, Buen Camino n'est pas un mauvais film, mais il est terriblement anecdotique. On sent qu'il a été construit sur une recette qui a déjà fonctionné, en espérant que le charme des décors et la notoriété de l'acteur feraient le reste.

Sorti le 1er mai 2026 directement sur Netflix

 

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E
Pas d'accord avec la critique. J'ai passé un bon moment de cinéméd'uatant que je connais St Jacques de Compostelle. Il faut savoir être simple parfois.
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D
Rien de mal, ce n'est pas grave :) Mon avis n'engage que moi. C'est bien que des gens aient aimé. Cependant, j'ai préféré d'autres films italiens avec Checco Zalone :)