Critique Ciné : The Art of Telling Lies (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : The Art of Telling Lies (2026, direct to SVOD)

The Art of Telling Lies // De Pascal Payant. Avec Sara Hagno, Oris Erhuero et Syama Rayner.

 

The Art of Telling Lies, c’est l'archétype du truc que tu déniches par hasard entre un vieux direct-to-video de 2007 et un thriller érotique un peu glauque dans un bac à deux euros chez Easy Cash. On l'achète par curiosité, on repart avec une boîte un peu rayée, et on finit par se demander ce qu'on vient de regarder. Pourtant, si on regarde l'idée de départ, il y avait de quoi faire un truc sympa. Imaginez des membres de la haute société coincés dans un château isolé. Ajoutez une dose de chantages, de secrets filmés et de manipulations mentales. 

 

Quatre étrangers venus d'Europe reçoivent des invitations à un événement spécial dans un château isolé, mais ils se rendent compte qu'ils sont victimes de chantage en raison de leurs scandales passés. Le rassemblement les oblige à se confronter à la dure vérité sur qui ils sont.

 

Sur le papier, c’est un cocktail entre Saw, un vieux Agatha Christie et nos obsessions actuelles pour les élites corrompues et les réseaux d'influence. Le timing était parfait, tant la culture du scandale permanent passionne tout le monde aujourd'hui. Mais voilà, entre le concept sur un coin de table et le résultat final à l'écran, il y a un gouffre monumental. Très vite, le film perd son aura de thriller paranoïaque élégant pour devenir une production bricolée qui se prend beaucoup trop au sérieux. Le plus flagrant, c’est cette manie de vouloir paraître plus intelligent que nécessaire. Dès l'ouverture, on sent que ça force. 

 

La caméra tourne sans cesse autour des personnages, la musique dramatique hurle à nos oreilles qu'on devrait être stressés, et les acteurs récitent des dialogues ultra-profonds avec l'intensité d'un atelier théâtre de fin d'année. Tout sonne faux, tout semble forcé. Le casting reste d'ailleurs le point noir principal. Individuellement, certains s'en sortent, mais ensemble, la mayonnaise ne prend jamais. La crédibilité s'évapore dès que les personnages ouvrent la bouche. On a l'impression qu'ils savent tous qu'ils jouent dans une bande-annonce. Ils ne se parlent pas, ils se balancent des punchlines dramatiques en ouvrant grand les yeux, pensant sans doute que hurler suffit à créer une scène culte. 

 

Au lieu d'être tendues, les confrontations virent souvent au comique involontaire. Le problème de fond, c’est que le récit nous demande de croire à des personnages surpuissants et dangereux. Sauf qu'à l'écran, personne ne dégage ce charisme. Le politicien influent ressemble à un figurant de série policière de seconde zone, l’influenceur a le look d'un étudiant en école de commerce dans une pub pour une banque, et la tension globale est si faible qu'on finit par vérifier nerveusement le temps restant sur le curseur de lecture. Tout n'est pas à jeter pour autant, et c'est là que le film devient presque frustrant. Pascal Payant, le réalisateur, a une vraie ambition visuelle. 

 

On sent qu'il a essayé de bosser son ambiance. Ce château transformé en prison psychologique a de la gueule. Par moments, l'image est belle : des couloirs sombres, des éclairages rouges bien sentis, des pièces vides qui créent une sensation d'étrangeté. En fait, le décor a presque plus de personnalité que les humains qui l'occupent. Malheureusement, une belle image ne fait pas une mise en scène. Filmer un couloir vide avec une lumière inquiétante pendant deux minutes ne crée pas de suspense par magie. Le film confond souvent l'esthétique et la narration. Plus l'intrigue avance, plus elle s'enfonce dans des rebondissements inutiles et des révélations qui n'en finissent plus. 

 

Chaque personnage a son petit secret, chaque phrase cache une manipulation, chaque scène tente de rajouter une couche de mystère. À force de vouloir tout complexifier, le film devient simplement épuisant. On finit par décrocher parce qu'on ne sait plus ce qui est important ou non. Le plus dommage, c'est que les fameuses révélations tombent presque toutes à plat. Le film se voit comme un puzzle psychologique génial alors qu'il ne fait que recycler des trucs vus mille fois ailleurs, mais en moins bien. Il manque ce rythme et cette précision chirurgicale qui font les grands huis clos. Les moments de choc semblent calculés mécaniquement : une mort violente, un flashback tragique, un enregistrement audio... 

 

On voit les ficelles, et du coup, l'émotion reste à la porte du château. On ne s'attache à personne, on observe juste ce chaos en attendant la fin. Au bout du compte, on reste avec l'impression d'un immense gâchis. Avec un peu plus de retenue et une écriture plus subtile, les thèmes de la culpabilité et de l'hypocrisie sociale auraient pu marquer des points. Mais The Art of Telling Lies préfère appuyer trop fort sur tout. C'est une machine à twists qui tourne à vide jusqu'à l'usure. Il y a un côté presque touchant dans cette envie désespérée d'impressionner le spectateur à chaque seconde, mais l'énergie ne suffit pas à sauver les meubles.

 

Ce n'est pas un désastre total, et les amateurs de bizarreries visuelles y trouveront peut-être leur compte. Mais pour les autres, c'est surtout un thriller prétentieux et un peu brouillon. Un film qui ressemble à un exercice de style d'un étudiant persuadé d'avoir réinventé le cinéma de la paranoïa, mais qui finit par nous laisser avec un simple haussement d'épaules. À réserver aux dimanches après-midi où vous n'avez vraiment rien de mieux à faire que d'explorer le fond d'un bac à promos.

 

Note : 3/10. En bref, The Art of Telling Lies préfère appuyer trop fort sur tout. C'est une machine à twists qui tourne à vide jusqu'à l'usure. Il y a un côté presque touchant dans cette envie désespérée d'impressionner le spectateur à chaque seconde, mais l'énergie ne suffit pas à sauver les meubles.

Prochainement en France en SVOD

 

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