Critique Ciné : The Cure (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : The Cure (2026, direct to SVOD)

The Cure // De Nancy Leopardi. Avec Samantha Cochran, David Dastmalchian et Ashley Greene Khoury.

 

Quand on s’attaque au mélange entre horreur et critique sociale, on attend souvent un petit frisson supplémentaire, ce truc qui nous gratte là où ça fait mal dans notre société moderne. Avec The Cure, le pitch de départ avait de quoi séduire. On nous plonge dans l’intimité de la famille Braun, des gens tellement riches qu’ils ne vivent plus vraiment avec nous. On suit Ally, une gamine atteinte d’un lupus, cloîtrée dans une villa de Malibu qui ressemble plus à une prison dorée qu’à un foyer. Ses parents sont obsédés par l’idée de la protéger, mais surtout de garder le contrôle, sur fond de projets survivalistes pour milliardaires.

 

Ally Braun, 16 ans, est atteinte d'une mystérieuse maladie. Elle découvre que ses parents adoptifs milliardaires spécialisés dans la biotechnologie prélèvent son sang à des fins malveillantes.

 

Sur le papier, c’est une excellente base pour un thriller étouffant. Pourtant, une fois devant l’écran, l’ambiance a du mal à décoller. Le film essaie de nous raconter une amitié imprévue entre Ally et Brooke, une fille rencontrée sur la plage, qui finit par lever le voile sur des secrets médicaux un peu louches. Le problème, c’est que cette bascule vers le complot et la manipulation pour la jeunesse éternelle manque cruellement de punch. On voit les ficelles arriver de loin, et c’est dommage. Le scénario de Jonathan Bernstein et James Greer ne brille pas par son originalité. 

 

On a cette sensation tenace de déjà-vu. La thématique de la richesse contre l’humanité ou des expériences bizarres pour vivre plus longtemps, c’est un classique du genre, mais ici, ça manque de relief. On tourne un peu en rond. Le rythme est assez inégal : certaines scènes s'éternisent sans que la tension ne monte d’un cran. Il m’est arrivé plusieurs fois de décrocher, comme si le film passait en fond sonore alors qu’il est censé m’accrocher au siège. C’est le risque quand on oublie de construire une vraie progression dramatique. On avance parce qu’il faut bien finir l’histoire, pas parce que la curiosité nous dévore. Ce qui m’a le plus frappé, c’est la clarté presque gênante des révélations. 

 

Dans un film d’horreur, on aime douter, chercher le détail caché. Ici, tout est annoncé ou suggéré avec tellement de lourdeur dès le début qu’il n’y a plus aucune surprise. Quand le mystère s'évapore au bout de vingt minutes, il ne reste plus grand-chose pour maintenir l'intérêt. Visuellement, le réalisateur fait le job, mais sans aucune prise de risque. La villa est belle, les cadres sont propres, mais c’est un peu trop clinique. Ça manque de grain, d'une identité visuelle forte qui nous ferait dire tiens, une série B originale. Les effets spéciaux sont corrects, ils font leur travail sans être ringards, mais ils ne resteront pas dans les mémoires non plus. On est dans une zone de confort visuel qui renforce cette impression de film moyen. Côté casting, c’est le grand écart. 

 

Heureusement que David Dastmalchian est là. Il campe un père de famille avec une intensité qui sauve pas mal de scènes. On sent qu'il croit au projet et il apporte une vraie densité à son personnage. Par contre, à côté, c’est plus compliqué. Ashley Greene fait ce qu’elle peut en mère protectrice, mais son rôle est tellement écrit d’une traite, sans nuances, qu’on a du mal à s’attacher ou même à la détester. Le reste de la distribution semble parfois se demander ce qu’il fait là, ce qui crée un déséquilibre assez frustrant à l'image. Le plus regrettable, c’est sans doute le traitement de la satire sociale. Le film effleure des sujets passionnants comme l’obsession de la survie chez les ultra-riches et l’utilisation de la médecine comme outil de pouvoir. 

 

Il y avait de quoi faire un portrait acide de notre époque. Au lieu de ça, The Cure reste en surface. Il utilise ces thèmes comme de simples éléments de décor sans jamais vraiment s'en servir pour bousculer le spectateur. Même le final laisse un goût étrange. On sent que la production lorgne déjà sur une éventuelle suite, avec une fin ouverte un peu forcée. C'est audacieux de vouloir lancer une franchise quand les bases du premier volet ne sont pas totalement consolidées. On ressort du film avec l'impression d'avoir vu un projet inachevé, ou en tout cas, un film qui n'est pas allé au bout de ses idées. 

 

Note : 4.5/10. En bref, The Cure n’est pas un mauvais film en soi, mais il est terriblement anecdotique. C’est le genre de long-métrage qu’on regarde un dimanche soir sans déplaisir, mais qu’on aura oublié dès le lendemain. Il y avait du potentiel, un bon acteur principal et une thématique d’actualité, mais le manque d’audace et un scénario trop prévisible empêchent le film de sortir du lot. Dommage, car la guérison promise par le titre méritait un traitement un peu plus musclé.

Prochainement en France en SVOD

 

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