Critiques Séries : Fire Country. Saison 4. Episode 17.

Critiques Séries : Fire Country. Saison 4. Episode 17.

Fire Country // Saison 4. Episode 17. Sometimes the Chaos Wins.

 

On sent que Fire Country essaie de se racheter une conduite avec cet épisode 17. Après s’être un peu égarée dans des intrigues qui tournaient en rond, la série tente ici de revenir à ce qui faisait son sel au début : l’humain et les galères de la réinsertion. L’épisode, intitulé « Sometimes the Chaos Wins », porte plutôt bien son nom, même s’il cherche justement à remettre un peu d’ordre dans ses priorités en ressortant des cartons des personnages qu’on avait presque oubliés. Le retour de Cole à Three Rock est sans doute la meilleure idée de l’épisode. On n’est plus dans le spectaculaire des flammes, mais dans le dur du quotidien après la taule. 

 

Son passage nous rappelle brutalement que sortir du camp n’est pas une fin en soi, c’est juste le début d’un autre combat. Son parcours est chaotique, instable, et ça pose une question que la série évite trop souvent : à quoi sert vraiment ce programme si, une fois dehors, les gars se retrouvent face à un mur ? C’est là que Fire Country est la plus percutante, quand elle quitte le costume de héros pour montrer la réalité du système. Mais comme souvent, cette réalité se cogne contre le traitement de faveur réservé à Bode. C’est difficile de ne pas voir l’injustice quand on compare le chemin de croix de Cole à la trajectoire de Bode. Cole le dit presque sans le dire, mais le spectateur, lui, le sent bien. 

On a cette impression persistante que peu importe d’où ils partent, les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. L’écriture s’obstine à ramener Bode au centre de tout. Cette fois, c’est via une vidéo ou une médiatisation qui vient valider son statut de « sauveur ». C’est un mécanisme qu’on connaît par cœur maintenant : l’épisode démarre sur quelqu’un d’autre, mais finit toujours par brosser Bode dans le sens du poil. C’est efficace pour le fan service, mais ça manque cruellement de remise en question. Au milieu de ce déséquilibre, Eve reste la bouffée d’oxygène. Elle gère Three Rock avec une cohérence qui fait plaisir à voir. 

 

Son lien avec Cole fonctionne parce qu’elle ne joue pas un rôle ; elle est vraiment là, entre ses convictions et les limites d’un système qu’elle voit craquer de partout. Après quelques épisodes où on l’avait sentie un peu perdue, notamment avec l’histoire du ranch, elle retrouve ici une place qui lui va comme un gant. Elle incarne la droiture, mais une droiture qui n’est pas aveugle. Côté Manny, on plonge dans le drame familial pur jus. Le retour de Roberta dans le décor vient mettre un sacré bazar dans sa relation avec Camille. Ce n’est pas franchement surprenant comme ressort scénaristique — l’ex qui revient avec un bagage émotionnel lourd et des soucis de santé, on l’a déjà vu mille fois. 

Pourtant, ça touche une corde sensible parce qu’on comprend l’enjeu. On n’efface pas des années de vie commune et un enfant comme ça. Le problème, c’est que la série a cette manie de tout accélérer. On passe d’une émotion à une autre sans vraiment prendre le temps de digérer. C’est un défaut qui colle à la peau de cette saison 4 : tout va trop vite, que ce soit les ruptures, les réconciliations ou les nouvelles amitiés. On l’avait vu avec Jake et Violet, et ça continue ici. D’ailleurs, Jake est encore sur une pente glissante. Son envie d’aider son frère Malcolm part d’un bon sentiment, mais on sent venir la catastrophe. Vouloir faire entrer quelqu’un qui n’est pas prêt dans un métier aussi dangereux que pompier, c’est plus qu’imprudent. 

 

C’est là qu’on retrouve le gros point noir de la série : cette solidarité familiale qui ressemble parfois étrangement à du népotisme ou à un déni total des conséquences. On est dans un univers où les liens du sang justifient souvent de tordre les règles, et ce nouvel arc avec Malcolm ne fait que confirmer la règle. Malgré tout, cet épisode 17 est plus digeste que les précédents. Le fait de laisser de côté certaines intrigues un peu fatigantes, comme celles de Tyler et Chloe, permet enfin de respirer. Le rythme est plus posé, moins hystérique. On n’est pas sur une révolution, mais sur une pause bienvenue.

 

Note : 5/10. En bref, « Sometimes the Chaos Wins » est un épisode de transition qui fait le job sans pour autant bousculer les codes. La série continue d’osciller entre de superbes fulgurances sur la vie après la prison et une exécution parfois un peu paresseuse dès qu’il s’agit de son héros principal. À ce stade de la saison, j’aimerais que Fire Country prenne enfin le risque de vraiment bousculer son statu quo au lieu de simplement le lisser.

Prochainement sur M6 et M6+

 

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