Critiques Séries : Fire Country. Saison 4. Episode 18.

Critiques Séries : Fire Country. Saison 4. Episode 18.

Fire Country // Saison 4. Episode 18. Best Man.

 

On arrive doucement vers la fin de cette quatrième saison de Fire Country, et l’épisode 18, intitulé "Best Man", laisse un goût de déjà-vu assez persistant. C’est le genre d’épisode qui, sous couvert de vouloir célébrer l’amitié et les liens sacrés du passé, finit par souligner les grosses ficelles d’une écriture qui commence à tourner sérieusement en rond. La série s’accroche à sa recette, mais à force de tirer sur la corde, elle finit par l’effilocher. Le cœur de l’intrigue repose sur le trio historique : Bode, Jake et Eve. On nous rabâche depuis le début de la saison que leur lien est indestructible, une sorte de socle immuable malgré les drames et les trajectoires qui divergent. 

 

Cette fois, le prétexte est tout trouvé : l’enterrement de vie de garçon de Jake. C’est mignon sur le papier, mais en pratique, c’est plus compliqué. Le problème majeur, c’est que la relation sentimentale de Jake, celle qui justifie tout l’épisode, n’a quasiment jamais été montrée à l’écran de manière convaincante. On nous demande de nous investir émotionnellement dans un événement qui repose sur du vide scénaristique. Pourtant, il y avait une bonne idée : sortir d’Edgewater. En emmenant les garçons en ville, la production casse enfin la routine visuelle des paysages forestiers de Californie. 

Ce changement de décor apporte un petit vent de fraîcheur, une esthétique plus urbaine qui tranche avec la poussière de la caserne. Malheureusement, c’est purement cosmétique. Le cadre change, mais les problèmes restent les mêmes. On tombe dans des situations ultra-prévisibles et des dialogues qui n’en finissent plus de nous expliquer à quel point ils sont "frères". On préférerait le voir plutôt que de l’entendre toutes les cinq minutes. L’épisode essaie aussi de jouer la carte de la modernité, mais sans vraiment oser aller au bout des choses. Les scènes oscillent entre la franche camaraderie et des moments de danger un peu forcés. 

 

Comme si les scénaristes avaient peur que l’on oublie que ce sont des pompiers, chaque situation doit se transformer en sauvetage ou en démonstration de sang-froid. Cette manie de vouloir injecter de l’adrénaline partout finit par nuire à la crédibilité du récit. Parfois, on aimerait juste voir ces gars vivre un moment normal sans qu'un drame ne pointe le bout de son nez. Jake est censé être la star du jour, mais il se fait presque voler la vedette par son propre mariage fantôme. Sa fiancée est la grande absente, une figure dont on parle mais qu’on ne ressent pas. Résultat, on a l’impression d’assister à une réunion de potes qui n’a pas d’autre but que de flatter l’ego du groupe. Et au milieu de tout ça, il y a Bode. Encore et toujours Bode.

Même quand l’histoire ne devrait pas tourner autour de lui, la caméra finit toujours par le trouver. C’est la grande tendance de cette saison 4 : tout converge vers lui. Les autres personnages semblent n’exister que par rapport à ses actions ou à ses besoins. Luke, par exemple, devient une sorte de caution morale qui valide chaque décision de Bode. Il n’y a plus de réelle opposition, plus de friction. Sans conflit, la tension narrative s’écroule. On sait d’avance comment les scènes vont se terminer car plus personne ne remet en question le héros. Il y a aussi le cas de Malcolm qui vient s’ajouter à cette sensation de favoritisme. Son intégration à la Station 42 va beaucoup trop vite. 

 

On saute les étapes de la validation des compétences pour privilégier les relations personnelles. C’est un message un peu flou que nous envoie la série : le mérite semble passer après le piston, et pour une série qui prône les valeurs de l'héroïsme, ça fait un peu tache. Heureusement, tout n’est pas à jeter. L’intrigue secondaire sur la levée de fonds à la caserne apporte une humanité bienvenue. On y découvre un Manny plus accessible, loin de ses tourments habituels. Son interaction avec un père de famille en galère est sans doute le moment le plus authentique de l’épisode. Ça respire, c’est simple, et ça fonctionne parce que ce n’est pas surjoué. 

De même, la résolution de l’arc autour de Roberta permet de fermer une porte sans tomber dans le mélodrame inutile. C’est une petite touche de stabilité qui fait du bien au milieu d’un scénario un peu trop chargé. Au final, ce dix-huitième épisode ne fait que confirmer la trajectoire de Fire Country cette année. C’est une série qui veut bien faire, qui veut renforcer ses personnages, mais qui n'ose pas bousculer ses propres codes. On reste sur une production confortable, un peu trop prévisible, qui manque cruellement d'un second souffle créatif pour nous surprendre vraiment. C’est sympa à regarder, mais on commence sérieusement à espérer que la suite saura nous proposer autre chose que cette boucle émotionnelle un peu trop rodée.

 

Note : 4/10. En bref, ce dix-huitième épisode ne fait que confirmer la trajectoire de Fire Country cette année. C'est une série qui veut bien faire, qui veut renforcer ses personnages, mais qui n'ose pas bousculer ses propres codes. On reste sur une production confortable, un peu trop prévisible, qui manque cruellement d'un second souffle créatif pour nous surprendre vraiment.

Prochainement sur M6 et M6+

 

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