Critiques Séries : Fire Country. Saison 4. Episode 19.

Critiques Séries : Fire Country. Saison 4. Episode 19.

Fire Country // Saison 4. Episode 19. Rain Check for Tomorrow.

 

Avec “Raincheck for Tomorrow”, Fire Country installe ses pions juste avant le grand final de la saison 4. Autant le dire tout de suite, cet épisode 19 s'apprécie plus comme une grosse montée en pression que comme une conclusion. On sent que les scénaristes ont voulu faire grimper le thermomètre en envoyant une nouvelle catastrophe s'abattre sur Edgewater, pendant que les drames personnels des personnages continuent de s'entrechoquer dans tous les sens. Après une deuxième moitié de saison assez en dents de scie, cet avant-dernier chapitre résume plutôt bien ce qui fait le sel de la série, mais aussi ce qui commence sérieusement à m'agacer.

 

S'il y a bien un domaine où Fire Country ne loupe presque jamais son coup, c'est sur les épisodes de crise. La série possède un vrai savoir-faire pour installer une ambiance d'urgence en un claquement de doigts. Cette fois, pas de flammes géantes à l'horizon, mais une inondation. C'est un choix payant qui change radicalement la dynamique habituelle. Contrairement au feu qui dévore tout instantanément, l'eau monte lentement, sournoisement. Cette menace progressive apporte une tension différente, beaucoup plus lourde et angoissante. On regarde le niveau grimper avec une vraie boule au ventre, et visuellement, le résultat est franchement réussi. 

La production prouve qu'elle a encore les moyens de proposer du grand spectacle, et c'est ce qui permet de rester accroché à l'écran malgré les faiblesses d'écriture. Le vrai problème de cet épisode, c'est qu'il confirme une mauvaise habitude de la saison 4 : cette incapacité chronique à construire une intrigue sans que tout tourne obligatoirement autour de Bode. C'est devenu une mécanique ultra-prévisible. Prenez l'histoire avec Danny. Sur le papier, l'idée était excellente et apportait enfin un peu de maturité. Revoir Bode face à une victime de ses erreurs passées permettait d'évoquer les traumatismes profonds, le fait qu'une agression à domicile laisse des traces à vie. 

 

C'était touchant, juste, et presque profond. Malheureusement, la série retombe vite dans ses travers. Dès que la catastrophe frappe, la culpabilité passe à la trappe et Bode redevient instantanément le super-héros de service qui doit sauver tout le monde. C'est frustrant de voir une piste aussi intéressante balayée si vite pour faire du spectaculaire. Ce schéma répétitif fatigue un peu. On l'a vu plus tôt cette saison avec Tyler et Chloe, ou encore avec le projet de l'équipe REMS. Chaque fois, les scénaristes lancent une super idée pour finalement la ramener à Bode. La relation avec Chloe commence d'ailleurs à peser lourd sur l'équilibre de la série. On sent un vrai forcing pour les rapprocher, mais la pilule a du mal à passer. 

Après le choc de la mort de Vince, les réactions de Sharon ou de Jake face à cette nouvelle romance semblent totalement déconnectées de la réalité, voire carrément précipitées. L'autre gros morceau de l'épisode concerne Malcolm et son arrivée à la caserne 42. Là encore, le point de départ est bon. Parler de réinsertion et des privilèges liés aux pistons familiaux dans ce milieu, c'est courageux. Mais là encore, tout va beaucoup trop vite. Alors qu'on nous expliquait récemment que Malcolm n'avait pas le niveau physique et qu'il lui manquait de précieuses secondes au chrono, magique : en deux scènes, le problème est réglé. 

 

Il retrouve sa place comme si de rien n'était, sans que personne ne remette en question un processus de recrutement pourtant bien bancal. Cette facilité scénaristique gâche un peu le plaisir. Les conflits s'évaporent dès qu'ils deviennent trop complexes à gérer. Jake en fait directement les frais. Son personnage stagne et ses doutes légitimes passent au second plan pour préserver l'image du groupe d'amis soudés. Le souci, c'est que la nostalgie ne suffit plus. L'amitié entre Jake, Eve et Bode nous est constamment rabâchée dans les dialogues, mais on ne la ressent plus vraiment à l'écran. Heureusement, Manny s'en sort mieux. Son arc narratif reste le plus solide et le plus cohérent de cette fin de saison. 

Le retour de Roberta insuffle une vraie dose d'humanité au milieu du mélodrame ambiant, même si la série oublie au passage sa relation avec Camille. C'est un peu le running gag de cette saison 4 : on change de direction d'un épisode à l'autre en espérant que le spectateur ne posera pas trop de questions. Au final, “Raincheck for Tomorrow” remplit son rôle de tremplin. L'inondation prépare le terrain pour un épisode 20 qui s'annonce explosif et riche en adrénaline. Mais sur le plan de l'écriture, les défauts accumulés depuis des semaines restent bien visibles. Espérons que le grand final saura redresser la barre et offrir des trajectoires plus justes à nos pompiers d'Edgewater, car cette saison 4 en a bien besoin.

 

Note : 5.5/10. En bref, mené par une inondation spectaculaire qui change efficacement des incendies habituels, cet épisode 19 fait grimper la tension juste avant le final de la saison 4. La série retombe malheureusement dans ses travers en balayant ses bonnes pistes scénaristiques pour ramener, encore une fois, toutes les intrigues autour de Bode.

Prochainement sur M6 et M6+

 

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