Critique Ciné : Didn't Die (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Didn't Die (2026, direct to SVOD)

Didn’t Die // De Meera Menon. Avec Kiran Deol, George Basil et Samrat Chakrabarti.

 

Le cinéma de zombies est un genre épuisé, rincé jusqu’à la corde. Pour espérer exister aujourd'hui au milieu des morts-vivants, il faut soit une mise en scène de génie, soit une idée révolutionnaire. Didn't Die pensait avoir trouvé le filon avec son concept de podcasteuse de l'apocalypse. Sur le papier, c’était l’occasion de bousculer les codes. À l’arrivée, c’est juste un long tunnel d’ennui qui prouve qu'avoir une idée ne suffit pas à faire un film. L’histoire, si on peut appeler ça comme ça, suit Vinita Malhotra. Alors que le monde bascule dans l’horreur, elle traverse les États-Unis dans une voiture électrique en enregistrant ses pensées pour un public qui n’existe probablement plus. 

 

Alors qu'une apocalypse zombie se déroule, un animateur de podcast se bat pour maintenir son audience au milieu du chaos.

 

Ce qui aurait dû être une satire grinçante sur notre obsession du "moi" et de la mise en scène permanente devient très vite un dispositif agaçant. Le film s'écoute parler, littéralement, et oublie au passage qu'il est censé nous raconter une histoire de survie. Dès les premières minutes, le film perd toute crédibilité. On nous vend une fin du monde, mais on cherche encore la sueur, la crasse et la peur. Les personnages sont coiffés comme pour un shooting Instagram, les vêtements sont impeccables et les visages brillent de propreté. On a l’impression de regarder une publicité pour une voiture électrique qui aurait mal tourné plutôt qu’un film de genre. 

 

Ce manque total de réalisme visuel sort immédiatement du récit. Comment croire à la menace quand les protagonistes ont l'air de sortir d'un brunch ? Le scénario, lui, est aux abonnés absents. Le film tente bien de meubler avec des rencontres absurdes, comme ce type qui brandit une crosse de lacrosse ou celui qui distribue des flyers pour sa propre promo en plein chaos. Mais ce qui se veut être de l’humour décalé tombe à plat. On sent que la réalisatrice hésite constamment entre la farce et le drame existentiel, sans jamais choisir son camp. Résultat : on ne rit pas, et on ne s'inquiète pour personne. Le plus gros problème vient du rythme, ou plutôt de son absence totale. 

 

Didn't Die avance à deux à l'heure. On attend une montée de tension, un sursaut, une scène qui justifierait le déplacement des zombies, mais rien ne vient. Les morts-vivants sont relégués au second plan, comme s'ils étaient un simple décor un peu gênant pour les dialogues interminables de Vinita. Le film préfère se perdre dans des réflexions pseudo-profondes sur le deuil et la connexion humaine, mais sans jamais dépasser le niveau d'une discussion de fin de soirée un peu trop arrosée. Techniquement, ce n'est pas brillant non plus. Le choix du noir et blanc ressemble plus à un cache-misère qu'à une vraie intention artistique. Ça ne donne pas de cachet, ça accentue juste le côté amateur de la mise en scène. 

 

Certaines transitions et certains angles de caméra sont franchement douteux, rappelant les pires heures des projets d'étudiants en cinéma qui se croient révolutionnaires parce qu'ils ont trouvé un filtre rétro. Kiran Deol fait ce qu'elle peut dans le rôle principal, mais elle est prisonnière d'une écriture monocorde. Son personnage traverse les pires atrocités avec un détachement qui finit par devenir insupportable pour le spectateur. Si elle-même ne semble pas concernée par ce qui lui arrive, pourquoi le serions-nous ? Les seconds rôles ne relèvent pas le niveau, flottant entre plusieurs tons sans jamais trouver la note juste. Ce qui est vraiment énervant avec Didn't Die, c'est le gâchis de son concept. 

 

Il y avait une vraie matière à traiter sur la manière dont les réseaux sociaux et la culture du contenu ont lobotomisé nos réflexes de survie. Mais au lieu d'une critique acerbe, on a droit à un film mou, prétentieux et visuellement pauvre. En bref, Didn't Die est une expérience pénible. C’est un film qui veut se donner des airs de cinéma d’auteur indé et intelligent, mais qui oublie les bases : un scénario cohérent et un minimum d’enjeux. Si vous cherchez des zombies, passez votre chemin. Si vous cherchez un bon podcast, allez sur Spotify. Mais épargnez-vous ces 90 minutes de vide intersidéral. Le monde s'est peut-être arrêté, mais l'ennui, lui, semble éternel devant ce naufrage.

 

Note : 2/10. En bref, Didn't Die est une expérience pénible. C’est un film qui veut se donner des airs de cinéma d’auteur indé et intelligent, mais qui oublie les bases : un scénario cohérent et un minimum d’enjeux. 

Prochainement en France en SVOD

 

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