Critiques Séries : Boston Blue. Saison 1. Episode 18.

Critiques Séries : Boston Blue. Saison 1. Episode 18.

Boston Blue // Saison 1. Episode 18. Personal Foul. 

 

On arrive à un moment charnière de cette première saison. Avec ce dix-huitième épisode, Boston Blue arrête de tourner autour du pot et décide de s'attaquer frontalement aux failles de ses protagonistes. C'est dense, c'est parfois pesant, et la série montre enfin qu’elle n’est pas qu’une simple fiction policière de plus, mais un vrai drame humain où les enquêtes servent surtout de catalyseurs aux crises intérieures. Pour Lena, le calme n'est clairement pas au programme. On la sentait déjà fragile après les révélations sur sa sœur biologique, mais ici, elle franchit un cap dans l'instabilité. Ce qui est intéressant, c’est que le scénario ne lui laisse aucun répit. 

 

Elle doit gérer une affaire de harcèlement assez glauque impliquant un athlète universitaire, tout en essayant de digérer les morceaux de son passé qui volent en éclats. Le problème de Lena, c'est que la cloison entre sa plaque de flic et son cœur d'humaine est devenue totalement poreuse. Elle n'arrive plus à faire la part des choses. Chaque indice dans son enquête semble faire écho à ses propres doutes, créant une sorte de spirale émotionnelle dont elle a de plus en plus de mal à sortir. On n'est plus dans la gestion de crise, on est dans l'endurance pure, et l'actrice retranscrit parfaitement cette sensation d'étouffement.

Au milieu de ce chaos, Danny s'impose comme la seule branche à laquelle elle peut se raccrocher. C'est là que la série gagne en maturité. Danny ne joue pas les héros ou les grands frères protecteurs de manière caricaturale. Il apporte son expérience, celle d'un homme qui a vu des vertes et des pas mûres, avec ce bagage qu’on lui connaît. Son approche est brute : il lui balance ses vérités sans filtre. Pour lui, essayer de refouler ce qu'on ressent ne mène qu'à une chose : l'explosion en plein vol. Cette dynamique entre eux est l'un des points forts de l'épisode. Il y a une confiance qui s'installe, une complicité qui dépasse le cadre du boulot sans pour autant tomber dans le cliché du rapprochement amoureux facile. 

 

Danny reste marqué par sa séparation avec Baez, ce qui lui donne un recul nouveau sur ses relations. Mais forcément, cette proximité avec Lena ne plaît pas à tout le monde. Le compagnon de Lena commence à voir d'un mauvais œil ce binôme qui passe ses journées (et ses pensées) ensemble. On connaît la chanson dans les séries télé, mais ici, c'est traité avec assez de finesse pour ne pas paraître artificiel. Pendant que Lena lutte avec son passé, Jonah se retrouve face à un dilemme moral assez costaud. En arrêtant un jeune de sa propre communauté, il se prend de plein fouet les critiques et les accusations de trahison. C'est un arc narratif nécessaire qui donne enfin de l'épaisseur à son personnage. 

Jusqu'ici, Jonah était un peu en retrait, mais le voir douter de ses propres décisions et de l'impact de son métier sur son entourage apporte une vraie nuance sociale à l'intrigue. Il ne s'agit plus de savoir si la loi a été appliquée, mais à quel prix humain. L'affaire du harceleur, bien que sombre et rythmée par quelques moments de tension pure, finit presque par devenir secondaire. C'est un choix audacieux. Les scénaristes utilisent l'enquête comme un miroir. Les manipulations et la violence de l'affaire ne sont là que pour souligner la fragilité de nos héros. On sent que la série assume désormais son virage vers le drame psychologique.

 

La fin de l'épisode nous laisse avec plus de questions que de réponses. Lena est loin d'avoir trouvé son équilibre, et les choix qu'elle va devoir faire s'annoncent douloureux. En amplifiant les tensions au lieu de les résoudre, cet épisode 18 prépare le terrain pour un final de saison qui risque de laisser des traces. On n'est plus dans la mise en place, on est dans le vif du sujet, et c'est exactement ce qu'on attendait de Boston Blue. Le tour de force ici, c'est d'avoir réussi à lier les traumatismes personnels au quotidien du commissariat sans que cela paraisse forcé. 

 

Note : 5.5/10. En bref, on avance dans l'histoire de Lena de manière organique, et chaque personnage semble avoir une vraie raison d'être là. La série a trouvé son rythme de croisière, mêlant noirceur des rues et tempêtes intérieures. Si la suite maintient ce niveau d'exigence, le final de la saison 1 pourrait bien nous réserver de sacrées surprises.

Prochainement en France

 

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