Critiques Séries : Boston Blue. Saison 1. Episode 19.

Critiques Séries : Boston Blue. Saison 1. Episode 19.

Boston Blue // Saison 1. Episode 19. Chasing Monsters.

 

On arrive doucement vers la fin de la saison, et cet épisode 19 de Boston Blue prend un virage intéressant. Après des semaines passées à démêler des secrets de famille un peu lourds et des embrouilles internes, la série décide de se reconnecter avec ses racines policières. On part sur une ambiance beaucoup plus sombre, mais ne vous attendez pas à un enchaînement de fusillades gratuites ou à des courses-poursuites dans tous les sens. Ce qui fait le sel de cet épisode, c'est l'impact psychologique de l'enquête sur l'équipe, et plus particulièrement sur Sean. Le point de départ est classique : un tueur a décidé de prendre les flics pour cibles. 

 

C’est du vu et revu à la télévision, mais la série s'en sort bien en choisissant l’angle humain plutôt que le grand spectacle. Au lieu de cumuler les scènes d'action pour faire grimper l'adrénaline, l'histoire s’attarde sur le contrecoup émotionnel d'un drame, sur ce que ressentent ceux qui restent et qui doivent continuer à bosser malgré la peur et le deuil. La mise en scène est plutôt maligne. Dès le début, on sent qu’un truc grave va arriver. Les scénaristes s'amusent à poser une ambiance légère, avec des discussions banales entre collègues, pour mieux briser le rythme quelques minutes plus tard. C’est un vieux truc de scénario, mais ça marche toujours. 

Quand tout bascule, Sean se prend un énorme mur de culpabilité en pleine figure. Rationnellement, il n'a rien fait de mal et n’est responsable de rien. Pourtant, il se repasse le film en boucle, persuadé que ses choix précédents ont provoqué la tragédie. Cette réaction colle parfaitement avec ce qu'on sait de lui. Depuis le premier épisode, Sean est dépeint comme un écorché vif, un mec un peu trop impulsif qui passe son temps à vouloir prouver qu'il a sa place sur le terrain. Ici, cette carapace se fissure complètement. On ne parle plus juste d’un bleu qui découvre la violence du métier, mais d’un homme qui réalise enfin que chaque décision a des conséquences concrètes, parfois dramatiques. 

 

La série prend le temps de creuser ce traumatisme sans en faire des tonnes. Sean navigue entre la colère noire, la frustration et le déni. Il essaie de trouver un coupable idéal à l'extérieur pour s'éviter de regarder ses propres failles en face, ce qui donne lieu à des moments de tension assez lourds, surtout avec Danny. La relation père-fils est d'ailleurs le gros point fort du moment. Depuis le lancement de Boston Blue, Danny a bien changé par rapport à ses années Blue Bloods. Il est plus posé, plus mûr, même si on sent que ses vieux démons ne sont jamais très loin. Face à la détresse de Sean, Danny oublie un instant sa casquette de flic pour enfiler celle de père, même si la communication est compliquée. 

Il capte tout de suite que son fils est en train de glisser sur une pente dangereuse. Il sait exactement où la rage peut mener un flic parce qu'il est passé par là. Les scènes entre les deux acteurs fonctionnent super bien, l’épisode mettant de côté l’investigation pure pour se concentrer sur cette tentative désespérée d’empêcher Sean de sombrer dans une logique de vengeance aveugle. À côté de ça, le show continue de placer ses pions pour le grand final. L'ambiance entre Lena et Mae reste hyper tendue après les dernières révélations. Leur conflit est un peu mis de côté cette semaine, mais leur silence radio pèse sur l'atmosphère. 

 

On ressent cette impression désagréable qu'un nouveau drame pourrait arriver avant même qu'elles aient eu le temps de s'expliquer. Lena, de son côté, continue de se rapprocher de son père biologique. On sent qu'après les doutes des épisodes précédents, elle a franchi un cap. Elle commence à intégrer le fait que sa vie d’avant est bel et bien terminée et qu'elle ne pourra pas faire machine arrière. C'est une trajectoire assez touchante qui apporte un peu de nuance au milieu de toute cette noirceur. Enfin, l’intrigue politique autour de Mae et de sa campagne pour le poste de procureur prend de l’épaisseur. C’est une facette un peu plus fraîche pour Boston Blue, qui sort du simple cadre de la vie de famille ou de la routine du commissariat. 

Le conflit autour du cas d'un jeune accusé montre bien la frontière poreuse entre les convictions intimes et la pure stratégie électorale. Mae essaie de la jouer juste, mais son entourage n'hésite pas à instrumentaliser l'affaire pour gratter des voix. Tout cela ressemble à une grosse mise en place pour les intrigues du dernier épisode.

 

Note : 5.5/10. En bref, cet épisode réussit sa mission de transition. Plutôt que de chercher à nous impressionner avec des révélations chocs, il mise sur l'humain et gère le rythme à merveille. On comprend que la véritable force de la série réside dans la gestion des traumatismes et des relations humaines, les enquêtes n'étant souvent qu'un prétexte pour bousculer les personnages. L'équilibre entre polar et drame familial reste parfois sur le fil du rasoir, mais la série prouve qu'elle maîtrise de mieux en mieux son sujet à l'approche du dénouement.

Prochainement en France

 

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