Critiques Séries : Marshals. Saison 1. Episode 8.

Critiques Séries : Marshals. Saison 1. Episode 8.

Marshals // Saison 1. Episode 8. Blowback.

 

L’épisode 8 de la première saison de Marshals, sobrement intitulé "Blowback", porte vraiment bien son nom. Pour une série qui se cherchait encore un peu ces dernières semaines, j’ai eu l’impression qu’on passait enfin aux choses sérieuses. Le concept du "blowback", c’est ce retour de flamme imprévu, cet effet boomerang que tu n'as pas vu venir après une décision passée. Et là, l'équipe se le prend en pleine figure, sur tous les plans. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la manière dont le passé militaire de Pete et Kayce revient les hanter. Jusque-là, on savait qu’ils étaient anciens SEALs, mais ça restait un peu théorique, presque un accessoire de scénario. 

 

Avec l’arrivée de Garrett, un ancien frère d’armes, tout devient plus concret et beaucoup plus tendu. Garrett n'est pas là pour se remémorer le bon vieux temps autour d'un feu de camp. Il débarque avec une amertume qui transpire par tous les pores. Il en veut à Pete, il se sent trahi, et on sent que le drame qui a coûté la vie à leur pote Roner à l’époque est une plaie qui n'a jamais cicatrisé. D’ailleurs, c’est flagrant dans la dynamique entre Kayce et Pete. Kayce n’a jamais vraiment accepté Pete comme son chef. Il lui parle comme à un égal, il ignore les ordres, il fait sa cuisine dans son coin. L'arrivée de Garrett ne fait qu'accentuer ce fossé. On comprend que leur loyauté est fragmentée. 

C’est ce genre de conflit interne que je trouve intéressant dans une série, bien plus que les fusillades gratuites. C’est humain, c’est complexe, et ça montre que porter un badge ne suffit pas à effacer les traumatismes du terrain. Par contre, si je dois chipoter, il y a un aspect qui m’agace un peu : cette manie de vouloir mettre tout le monde en couple au bureau. On a Pete et Belle qui se tournent autour après un baiser maladroit, et Miles qui sort avec la fille de Pete, Maddie. Je trouve que ça alourdit l’histoire pour rien. Dans un job où tu joues ta vie chaque jour, avoir des drames de machine à café, c’est un peu déplacé. Pete finit même par punir certains membres de l’équipe en les collant au bureau parce qu'il ne sait pas gérer ses émotions. 

 

Ça crée une ambiance bizarre et ça fragilise le groupe au pire moment possible. J’espère vraiment que les scénaristes vont calmer le jeu sur le côté soap opera pour se concentrer sur l’essentiel. Et l’essentiel, dans cet épisode, c’est le retour de Randall Clegg. Quel plaisir de retrouver Michael Cudlitz dans ce rôle. Il joue ce méchant avec une intensité incroyable. Ce n’est pas juste un type qui veut braquer des banques ou tuer des gens pour le plaisir. Il a une vision, une sorte de philosophie tordue sur la terre et la justice. Quand il enlève Cruz, on sent que le niveau de menace a changé. Ce n'est plus une simple enquête, c’est une guerre ouverte contre l’institution. 

Le piège au rodéo était bien vu : les Marshals se sont fait balader comme des débutants parce qu'ils étaient trop occupés par leurs propres problèmes internes. Au milieu de tout ce chaos, il y a la trajectoire personnelle de Pete qui m’a touché. Il se rend chez le médecin pour ses douleurs chroniques et les nouvelles ont l'air vraiment mauvaises. Ce que j'ai aimé dans ces scènes, c'est le silence. Pete est un homme qui a toujours tout contrôlé, qui reste focalisé sur sa mission, et là, il se retrouve face à un ennemi qu'il ne peut pas combattre avec une arme. On ne nous dit pas clairement ce qu'il a, mais sa réaction en dit long. Il est paumé, il est seul, et il n'arrive même pas à se confier à sa fille. 

 

C’est là qu'on voit que le personnage a une vraie profondeur, loin du cliché du dur à cuire. L'épisode se finit sur un cliffhanger qui fait son job. L’équipe est coincée, Cruz est en danger de mort, et Randall semble avoir toutes les cartes en main. J’ai l’impression que cet épisode 8 est celui où la saison décolle enfin. On arrête de tourner autour du pot et on plonge dans le vif du sujet. Si la série continue de creuser cette veine-là, avec des enjeux psychologiques forts et une menace aussi crédible que Clegg, la fin de saison pourrait être excellente. 

 

Note : 7/10. En bref, c’est brut, c’est parfois un peu brouillon dans l’écriture des personnages, mais ça reste prenant parce que c’est avant tout une histoire d’hommes et de femmes brisés qui essaient de faire le bien malgré leurs propres démons. J’ai hâte de voir comment ils vont se sortir de ce guêpier, car pour l’instant, le "blowback" est en train de tout ravager sur son passage.

Disponible sur Paramount+

 

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