Berlin et La Dame à l’hermine (Mini-series, épisodes 1 et 2) : le spin-off de La Casa de Papel tourne-t-il en rond ?

Berlin et La Dame à l’hermine (Mini-series, épisodes 1 et 2) : le spin-off de La Casa de Papel tourne-t-il en rond ?

La saison 2 de Berlin débarque avec un sous-titre intrigant, La Dame à l’hermine, et une promesse : secouer un peu la recette qui avait fait des scores honorables fin 2023. Après avoir décortiqué les deux premiers épisodes, on sent que la série essaie de bousculer ses propres codes, mais elle n'arrive pas totalement à se détacher de ses vieux réflexes. Entre déjà-vu et vrais moments de tension, ce début de saison souffle le chaud et le froid. Pour lancer cette nouvelle intrigue, l'histoire prend le temps de poser ses valises à Séville. Berlin et Damian viennent d'envoyer balader un plan pourtant ultra-rentable, un braquage classique de coffres appartenant à des criminels internationaux, pour se lancer dans un défi bien plus tordu. 

 

Berlin et Damián réunissent la bande, cette fois à Séville, pour un casse de génie : simuler le vol de la Dame à l’hermine. Simuler ? Pourquoi ? Parce que leur véritable cible est le duc de Malaga et son épouse, un couple qui pense pouvoir faire chanter Berlin. Ce qu’ils ignorent, c’est que leur défi réveillera le côté le plus sombre de Berlin – et sa soif de vengeance.

 

Le boss préfère cibler le duc de Malaga, un aristocrate blindé de thunes et un poil trop arrogant, persuadé qu'il peut manipuler le voleur à son propre avantage. Forcement, toucher au portefeuille de Berlin est une chose, mais égratigner son ego en est une autre. Le vol de La Dame à l’hermine devient alors une affaire purement personnelle, une guerre psychologique où notre braqueur préféré veut simplement prouver qu'il reste le plus intelligent de la pièce. Cette approche plus psychologique redonne un vrai coup de fouet au personnage. Berlin n'est plus seulement un cerveau qui planifie un casse, c'est un homme blessé dans son orgueil. 

 

Si la première saison montrait déjà son narcissisme maladif, ces nouveaux épisodes enfoncent le clou et nous aident à comprendre pourquoi il transforme chaque mission en spectacle égocentrique. Pourtant, la série retombe vite dans ses travers dès que le naturel revient au galop. Je parle bien sûr de cette fâcheuse manie de coller une romance au milieu du casse pour parasiter le rythme. L’entrée en scène de Candela ne loupe pas : Berlin flashe sur elle en pleine rue à Séville et oublie instantanément la moitié de ses responsabilités. Le personnage de Candela apporte une énergie sympa, plutôt imprévisible, comme on le voit dans la scène du camping-car cramé ou celle de la voiture volée. 

 

Le vrai problème, c'est l'impression de revoir le même film. On a déjà eu droit à ce schéma dans la saison 1, et c'est un peu frustrant de voir la série foncer à nouveau dans le mur des distractions amoureuses alors que la dynamique d'équipe et la logistique du vol sont mille fois plus captivantes. Heureusement que Damian est là pour sauver les meubles. Plus posé, plus carré, il s'impose comme le vrai pilier de ce début de saison en servant de contrepoids aux délires de Berlin. On ressent parfaitement son agacement quand il doit gérer l'équipe pendant que son partenaire court après sa nouvelle muse. Ce face-à-face entre les deux hommes fonctionne d'ailleurs beaucoup mieux que les autres intrigues amoureuses du groupe.

 

Du côté du reste de la bande, l'ambiance est plutôt glaciale après le fiasco de Paris. Entre Roi et Cameron, le fil est rompu. On comprend qu'un truc lourd s'est passé entre eux, même si la série garde le secret pour l'instant. Cela installe une tension permanente qui colle bien à l'ambiance, surtout quand Berlin vient leur rappeler que le couple est le pire ennemi d'un braquage réussi. Dommage que le duo Keila et Bruce s'embourbe de son côté dans des histoires d'infidélité un peu lourdes dans l'épisode 2. À vouloir trop humaniser les personnages par le prisme du mélo, le scénario perd parfois le fil de son histoire principale. La série retrouve des couleurs dès qu’elle se concentre sur l'action pure. 

 

La séquence du drone dans la propriété du duc est une vraie réussite visuelle et narrative. Entre la perte du signal, l'infiltration de Keila et Bruce, et l'apparition d'un homme armé, on tremble enfin pour eux. La mise en scène se resserre, les cadres deviennent étouffants et la tension monte d'un cran. C'est exactement ce qu'on demande à une série de braquage. Visuellement, la série reste d'une efficacité redoutable. Séville est sublimée, la réalisation joue avec l'architecture locale, les ambiances nocturnes et le faste aristocratique. C'est théâtral, ultra-stylisé, parfois même un peu trop. On sent que la série cherche d'abord à rendre Berlin fascinant, quitte à sacrifier un peu de réalisme. 

 

Les flics se font balader trop facilement et les adversaires manquent cruellement de jugeote, une facilité scénaristique qui commence à se voir. Ce début de saison 2 nous laisse donc face à un bilan mitigé. L'univers visuel est toujours aussi soigné et le duel d'ego avec le duc de Malaga promet de belles choses, mais la série recycle trop ses recettes. Pour que la suite décolle vraiment, il va falloir que le casse reprenne le dessus sur les intrigues de cœur.

 

Note : 5/10. En bref, ce début de saison 2 séduit par son esthétique soignée et son duel d'ego prometteur à Séville, mais il retombe trop vite dans les travers de la première saison en parasitant le braquage par des romances répétitives. Un démarrage contrasté qui privilégie encore un peu trop le mélo et les facilités scénaristiques au détriment de la tension pure du casse.

Disponible sur Netflix

Berlin et La Dame à l’hermine est la saison 2 de la série Berlin (sous titrée Berlin et les joyaux de Paris) qui a connu une saison en 2023. Par ailleurs, l’univers de La Casa de Papel s’étend et reviendra avec le Professeur et Lisbon dans une toute nouvelle aventure prochainement.  

 

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