4 Mai 2026
Nouvelle sortie Rimini Editions dans la collection Frissons. Cette collection est vraiment une petite madeleine de Proust pour moi. Découvrir ou redécouvrir des films des années 70-80 dans le genre horrifique c’est un vrai péché mignon. On plonge cette fois-ci dans un polar noir et diabolique avec Le tueur frappe trois fois.
Ca parle de quoi ?
L’inspecteur Franz Bulon est sous la pression de sa hiérarchie. Enquêtant sur un vaste trafic de drogue, il voit tous ses témoins potentiels assassinés par un mystérieux tueur, qu’il ne parvient pas à arrêter.Mais Franz a d’autres problèmes : d’une jalousie maladive, il soupçonne sa femme de le tromper.
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Dans l’univers foisonnant du cinéma de genre italien, Le tueur frappe trois fois occupe une place à part. Réalisé par Massimo Dallamano, ancien chef opérateur passé derrière la caméra, ce thriller s’inscrit dans les débuts du giallo tout en conservant des influences venues d’ailleurs. Le résultat ? Un film hybride, parfois maladroit, mais qui mérite qu’on s’y attarde pour ce qu’il annonce plutôt que pour ce qu’il accomplit pleinement. Dès les premières minutes, on sent que Dallamano maîtrise parfaitement l’image. Les cadres sont soignés, les jeux de lumière élégants, et certaines compositions rappellent son passé de directeur de la photographie.
Cette esthétique léchée apporte une vraie identité visuelle au film, notamment dans son utilisation des décors urbains. L’action se déroule à Hambourg, un choix plutôt rare pour un giallo de l’époque, qui contribue à donner une atmosphère singulière, presque froide, en contraste avec les excès visuels du genre italien. Mais si l’emballage est séduisant, le fond peine parfois à suivre. Le principal défaut du film réside dans sa narration. En révélant assez tôt l’identité du tueur, Dallamano désamorce une partie du suspense attendu. On quitte alors le schéma classique du « qui est le coupable ? » pour s’orienter vers une intrigue plus psychologique. Sur le papier, l’idée est intéressante.
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Dans les faits, elle manque de tension et de rythme, notamment à cause de dialogues trop présents et d’un manque d’intensité dans les scènes clés. L’histoire s’articule autour d’un inspecteur vieillissant, incarné par John Mills, qui enquête sur une série de meurtres tout en étant rongé par la jalousie envers sa jeune épouse. Ce personnage, à la fois autoritaire et fragile, constitue l’un des aspects les plus intéressants du film. Sa descente progressive dans l’obsession est plutôt bien amenée, même si elle aurait gagné à être davantage exploitée. Le mélange entre enquête policière et drame conjugal donne une tonalité particulière au récit, plus introspective que véritablement haletante.
Face à lui, Luciana Paluzzi incarne une femme fatale énigmatique. Son charisme est indéniable, mais le film ne lui offre pas toujours l’espace nécessaire pour briller. C’est d’autant plus frustrant que son personnage aurait pu être le véritable moteur dramatique de l’intrigue. Quant à Robert Hoffmann, il campe un tueur charismatique, presque trop séduisant pour être crédible, mais suffisamment magnétique pour capter l’attention à chacune de ses apparitions. Ce qui distingue Le tueur frappe trois fois d’autres gialli, c’est aussi son approche plus procédurale. Ici, l’enquête policière occupe une place importante, au détriment parfois de l’aspect purement sensationnel.
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Les amateurs de meurtres spectaculaires et de rebondissements constants pourraient rester sur leur faim. En revanche, ceux qui apprécient les intrigues plus posées, centrées sur les personnages et leurs motivations, y trouveront un certain intérêt. Cela dit, le film souffre d’un manque d’équilibre. Entre ses ambitions narratives et ses racines dans le cinéma de genre, il ne choisit jamais vraiment son camp. Certaines séquences semblent étirer inutilement le récit, tandis que d’autres moments clés auraient mérité plus de développement. On sent un réalisateur encore en phase d’apprentissage, cherchant son style et ses marques. Malgré ces défauts, Le tueur frappe trois fois n’est pas dénué de qualités.
Il propose une atmosphère singulière, portée par une musique discrète mais efficace et une photographie soignée. Surtout, il esquisse déjà les thématiques que Dallamano développera plus tard avec davantage de maîtrise, notamment dans Qu’avez-vous fait à Solange ?, souvent considéré comme son œuvre la plus aboutie. En définitive, ce film n’est ni un classique incontournable ni un échec total. Il se situe quelque part entre les deux : une œuvre de transition, intéressante pour les amateurs du genre ou les curieux souhaitant explorer les débuts du giallo.
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On y trouve des idées prometteuses, une esthétique travaillée et quelques fulgurances, mais aussi des longueurs et des choix narratifs discutables. Mon ressenti reste donc mitigé. J’ai été séduit par l’ambiance et certains partis pris, mais frustré par un manque de rythme et d’audace dans le développement de l’intrigue. Le tueur frappe trois fois est un film qui se regarde sans déplaisir, mais qui laisse l’impression qu’il aurait pu être bien plus marquant avec un scénario mieux maîtrisé. Un giallo imparfait, certes, mais qui mérite tout de même le détour pour comprendre l’évolution d’un cinéaste en devenir et les balbutiements d’un genre devenu culte.
Et le Blu-ray ?
Les amateurs de cinéma italien et de thrillers vintage peuvent se réjouir : Le tueur frappe trois fois bénéficie aujourd’hui d’une édition Blu-ray soignée, pensée pour les collectionneurs comme pour les curieux. Proposé par Rimini Editions, ce combo Blu-ray + DVD s’inscrit dans une démarche de redécouverte d’œuvres parfois oubliées, mais essentielles pour comprendre l’évolution du giallo. Dès le premier regard, l’objet séduit. Le digipack offre une présentation élégante, renforcée par la présence d’un livret de 24 pages. Rédigé par Marc Toullec, ce dernier apporte un éclairage intéressant sur la carrière de Massimo Dallamano, en revenant notamment sur cette période charnière où le cinéaste affine son style.
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Ce type de contenu éditorial enrichit clairement l’expérience, en allant au-delà du simple visionnage. Côté image, le master Haute Définition fait le travail avec sérieux. Sans transformer le film en vitrine technologique, cette restauration permet de redécouvrir la photographie avec davantage de précision. Les contrastes sont plus équilibrés et les détails mieux définis, ce qui met en valeur le sens du cadre de Dallamano. On apprécie particulièrement les ambiances urbaines et les jeux de lumière, qui gagnent ici en lisibilité. Sur le plan sonore, l’édition propose des pistes en français et en anglais, toutes deux en mono, respectant ainsi les conditions d’origine.
Le passage en DTS-HD pour le Blu-ray apporte un confort d’écoute appréciable, même si l’on reste sur une restitution fidèle plutôt que spectaculaire. Les puristes y trouveront leur compte, d’autant que les sous-titres français sont inclus. L’un des points forts de cette édition réside dans ses suppléments. La présentation du film par Stéphane Lacombe (plus de 36 minutes) constitue un véritable bonus. En tant que responsable éditorial chez Frenezy Editions, il propose une analyse riche et accessible, revenant sur le contexte de production, les choix artistiques et la place du film dans la filmographie du réalisateur.
Ce type d’intervention apporte une vraie valeur ajoutée et permet de mieux appréhender les qualités comme les limites du long-métrage. Sans être une œuvre incontournable, Le tueur frappe trois fois trouve ici une édition à la hauteur, qui met en lumière ses qualités visuelles et son importance dans le parcours de Dallamano.
Caractéristiques techniques
ÉDITION COLLECTOR BR + DVD + LIVRET - DIGIPACK + SUPPLÉMENTS :
>Présentation du film par Stéphane Lacombe (36’30’’), responsable éditorial aux éditions Frenezy
> Massimo Dallamano, passage éclair : livret de 24 pages écrit par Marc Toullec
Master Haute Définition - Durée : 1H25
Langues : Français et Anglais mono - Sous-titres : Français
Son : Dolby Audio (DVD) et DTS-HD (Blu-Ray)
Titre VO : La Morte Non Ha Hesso – Année de production : 1968
Combo Blu-Ray + DVD disponible au prix public conseillé de 24,99 €
Une sortie de RIMINI ÉDITIONS
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