Critique Ciné : Le diable s'habille en Prada 2 (2026)

Critique Ciné : Le diable s'habille en Prada 2 (2026)

Le diable s’habille en Prada 2 // De David Frankel. Avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci.

 

On connaît tous cette petite musique. Ce claquement de talons sur le parquet de Runway, cette tension qui grimpe dès que l’ascenseur s’ouvre. Vingt ans plus tard, remettre les pieds dans l’univers du Diable s’habille en Prada, c’est un peu comme retrouver une vieille paire d’escarpins de luxe : c’est beau, c’est rassurant, mais on se demande forcément si on va tenir toute la soirée sans avoir mal aux pieds. Cette suite débarque avec une mission délicate : nous ramener dans un monde qu’on a adoré tout en essayant de ne pas paraître totalement ringarde en 2026. 

 

Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable.

 

Dès le départ, l’ambiance est là. Les couleurs éclatent, les visages sont familiers et on replonge instantanément dans cette esthétique très léchée. Le film ne s’en cache pas, il joue à fond la carte de la nostalgie. Et honnêtement, ça marche. Retrouver le quatuor Miranda, Andy, Emily et Nigel, c’est un vrai plaisir de spectateur. On sent que les acteurs s’amusent à reprendre leurs marques. L’alchimie est toujours là, même si le texte est parfois un peu moins tranchant qu’à l’époque. On cherche l’étincelle, ce mélange parfait de méchanceté gratuite et d'ironie qui nous avait tant fait rire. On la trouve par éclats, souvent dans des situations qui font écho aux galères du premier volet.

 

Mais le monde a tourné depuis les années 2000. Aujourd’hui, Runway n'est plus le centre du soleil autour duquel tout le système gravite. La presse papier est en PLS, le numérique bouffe tout sur son passage et les investisseurs qui ne jurent que par les chiffres remplacent les passionnés de tissus. Ce nouveau décor donne un coup de jeune nécessaire au récit. C’est intéressant de voir comment ce monument de la mode tente de survivre dans une époque qui ne jure que par les influenceurs et l'instantanéité. Le film effleure des sujets actuels, même s'il reste parfois un peu trop en surface. Le plus gros changement, c’est Miranda Priestly elle-même. La reine de glace a fondu. 

 

Elle n’est plus cette figure intouchable qui terrorisait ses assistants d'un simple froncement de sourcil. Ici, elle doute. Elle se bat pour garder son trône alors que le sol se dérobe sous ses pieds. Sur le papier, humaniser Miranda était une excellente idée. À l’écran, c’est plus complexe. On perd un peu de cette force froide qui faisait tout son sel. On se retrouve face à une version plus fragile, plus humaine certes, mais qui manque parfois de ce panache qui nous la faisait adorer détester. Andy, elle, a bien grandi. Elle a troqué sa naïveté contre une assurance solide. Le problème, c’est que son parcours dans cette suite manque un peu de relief. 

 

On a parfois l’impression de revoir les mêmes dilemmes, les mêmes erreurs et les mêmes hésitations qu’à ses débuts. Le film hésite entre lui offrir une vraie nouvelle trajectoire ou simplement la remettre dans les bottes de l’héroïne qu’on connaît déjà. Heureusement, Emily et Nigel sauvent les meubles. Emily est plus présente, plus affirmée, même si certains de ses traits de caractère sont un peu forcés. Quant à Nigel, il reste le pilier, le regard sage et un brin mélancolique sur une industrie qui perd parfois la tête. Visuellement, le contrat est rempli à 200 %. Les costumes restent les stars du film. Chaque tenue est un statement, chaque défilé est un régal pour les yeux. 

 

C’est là que le film puise sa plus grande force : il sait nous faire rêver. La bande-son, elle aussi, fait le job en apportant une énergie plus moderne qui dépoussière un peu l’ensemble. Les apparitions de guests et de nouvelles têtes de la mode apportent un côté événement sympa, même si elles n’apportent pas grand-chose au schmilblick côté scénario. C’est justement là que le bât blesse. L’intrigue est un peu prévisible. On suit le fil sans jamais être vraiment bousculé. Les enjeux de survie du magazine sont là, mais la tension ne monte jamais vraiment au plafond. La première partie traîne un peu la patte, et il faut attendre le milieu du film pour que les choses s’accélèrent enfin. 

 

On retrouve alors un peu de ce rythme qui nous avait manqué, avec quelques rebondissements qui relancent la machine, même si la fin se devine à des kilomètres. On regrette aussi un peu l’humour mordant de l’original. Le ton est devenu plus sage, presque trop poli. Les répliques cultes se font plus rares. On sent une volonté de coller à une certaine réalité, plus sérieuse, au risque de perdre ce grain de folie qui faisait du Diable s’habille en Prada un film à part.

 

Note : 6/10. En bref, est-ce que cette suite était indispensable ? Probablement pas. Est-ce qu’elle est agréable ? Absolument. On passe un bon moment, comme quand on feuillette un beau magazine dans une salle d’attente. Ce n'est pas le film du siècle, il ne dépasse jamais l’original, mais il offre une parenthèse stylée qui fait du bien. C'est une suite honnête, parfois inégale, mais qui nous permet de dire au revoir (ou à bientôt) à des personnages qui ont marqué l'histoire du cinéma pop. On ressort de là avec le sourire, même si l’éclat de Miranda s'est un peu terni avec les années.

Sorti le 29 avril 2026 au cinéma

 

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G
salut toi<br /> je suis aller voir le film<br /> j'aime bien aimez il ce regarde bien c'est fun<br /> je lui donne 5/5 :O)<br /> bonne semaine
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