17 Mai 2026
La première saison de M.I.A. continue de peaufiner sa formule. Avec ce neuvième épisode, la série déplace subtilement son centre de gravité. Après des semaines passées à suivre Etta dans sa traque obsessionnelle des assassins de sa famille, le récit commence enfin à poser les valises et à regarder les dégâts en face. On quitte le pur thriller d'action impulsif pour entrer dans quelque chose de beaucoup plus intimiste et lourd de conséquences, même si le show ne lésine pas sur ses éclairs de violence habituels. L'épisode s'ouvre d'ailleurs sur un gros coup de pression du clan Rojas.
Mateo et Samuel s'allient avec Pena pour rayer définitivement les Russes de la carte. Cette séquence pose tout de suite les bases de la fin de saison : les cartes sont rebattues et la guerre des gangs passe à la vitesse supérieure. La série insistait déjà pas mal sur les dents longues de Mateo ces derniers temps. Ici, on comprend qu'il ne joue plus seulement en défense pour protéger son bout de gras. Le type veut le contrôle total, quitte à basculer dans une paranoïa destructrice. C'est là que la dynamique entre Mateo et Samuel devient fascinante. Depuis le pilote, Samuel joue les cerveaux calmes pendant que Mateo fonce dans le tas. Cet équilibre, déjà bien précaire, vole ici en éclats.
/image%2F1199205%2F20260517%2Fob_4b4f2d_vlcsnap-2026-05-17-11h46m10s528.png)
La méfiance maladive de Mateo envers Elias symbolise parfaitement cette rupture. Le scénario prend le temps de filmer cette paranoïa qui ronge les alliances de l'intérieur, prouvant que la peur fait souvent plus de dégâts que les balles. Pendant ce temps, Caroline continue de placer ses pions sur l'échiquier politique. Le personnage prend une épaisseur folle dans cet épisode. On la connaissait business-woman glaciale, on la découvre politicienne agressive. L'annonce de sa candidature en pleine inauguration immobilière marque un tournant majeur. Caroline ne cherche plus seulement à s'en mettre plein les poches, elle veut le pouvoir absolu et l'immunité qui va avec.
Cette sous-intrigue immobilière apporte d'ailleurs un vrai plus au show. La vendetta d'Etta dépasse désormais le cadre des simples exécutants. À travers le personnage de Judith, la série montre comment des requins en col blanc peuvent broyer des quartiers entiers pour leurs propres intérêts. Voir Caroline atterrir sur la liste noire d'Etta semble donc totalement logique, même si Lena tente de tempérer ses ardeurs en lui rappelant la différence cruciale entre une cible émotionnelle et un objectif stratégique. Lena s'impose définitivement comme la meilleure surprise de cette deuxième moitié de saison. Elle n'est plus une simple mentor, elle est devenue la boussole morale et froide d'Etta.
/image%2F1199205%2F20260517%2Fob_b469f7_vlcsnap-2026-05-17-11h26m28s056.png)
La série insiste sur cet apprentissage de la patience. Etta a toujours la rage au ventre, mais elle commence enfin à connecter son cerveau avant de presser la détente. Ce gain de maturité rend son évolution beaucoup plus crédible et intéressante à suivre. Pour contrebalancer toute cette noirceur, l'épisode s'attarde sur le trio formé par Etta, Lovely et Stanley. Ça fait du bien, car cela redonne un peu de cœur à une machine narrative qui tournait parfois à vide. Le show construit une vraie notion de famille de cœur autour de son héroïne. Après le drame qui touche Carmen, ces liens deviennent vitaux.
Lovely refuse de lâcher Etta malgré le danger mortel, tandis que Stanley continue de la soutenir, quitte à fermer les yeux sur les risques réels qu'il encourt. Le décès de Carmen reste le gros choc de cet épisode. Les scénaristes avaient réussi à en faire une figure maternelle de substitution pour Etta. Sa disparition brutale rappelle une vérité essentielle : chaque action d'Etta ricoche sur son entourage. La frontière entre la justice et l'autodestruction, déjà bien floue depuis l'exécution de Juan, devient ici totalement inexistante. La confrontation entre Carmen et Elias évite heureusement le piège du grand spectacle hollywoodien. C'est brut, c'est désespéré et c'est surtout profondément tragique.
/image%2F1199205%2F20260517%2Fob_4e2abe_vlcsnap-2026-05-17-11h25m56s241.png)
On sent qu'Elias n'avait pas forcément envie d'en arriver là. Cette ambiguïté morale est la vraie force de la série actuelle : personne n'est totalement tout noir ou tout blanc, juste des êtres brisés coincés dans un engrenage infernal. Le traitement d'Elias est d'ailleurs remarquable. Longtemps cantonné au rôle de bras droit obéissant, il apparaît aujourd'hui comme un homme au bout du rouleau, usé par ce milieu. Le fait qu'Etta choisisse de l'épargner montre le chemin parcouru par la jeune femme. Quelques épisodes plus tôt, elle l'aurait descendu sans sourciller. En parallèle, le retour de Kincaid aux affaires relance la dynamique policière.
C'était nécessaire, car les personnages donnaient parfois l'impression d'évoluer dans une ville sans lois ni flics. Cette nouvelle menace extérieure apporte une tension supplémentaire qui manquait un peu au récit. Le final de l'épisode pose des bases explosives pour la suite. Même si le twist autour de Matt et Caroline se sentait venir à des kilomètres, il bouscule totalement les enjeux personnels d'Etta. Caroline n'est plus juste un nom à rayer sur une liste. La supprimer signifie désormais détruire la seule relation saine et stable qu'Etta a réussi à construire cette saison.
Note : 7.5/10. En bref, ce neuvième épisode prouve que M.I.A. réussit sa mue en délaissant le simple film de justicier pour creuser la psychologie de ses personnages. La série garde ses petits défauts de fabrication, comme des ellipses parfois brutales ou des raccourcis faciles, mais l'attachement aux personnages l'emporte. Etta se retrouve désormais au pied du mur, déchirée entre sa soif de justice, ses sentiments et le poids de ses propres erreurs.
Prochainement sur Paramount+
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog