10 Mai 2026
On commence à connaître la musique avec Channel 5. La chaîne britannique s’est fait une spécialité de ces thrillers interchangeables qu’on lance un soir de flemme et qu’on oublie avant même que le générique de fin ne s’arrête. Avec Number One Fan, on est pile dans cette catégorie. C’est une mini-série en quatre épisodes qui essaie de nous vendre du suspense et de l’obsession, mais qui finit surtout par nous donner une impression de déjà-vu assez fatigante. L’histoire nous plonge dans le quotidien de Lucy Logan, une animatrice télé super populaire dont la vie commence à dérailler quand elle croise Donna.
L'animatrice Lucy est sauvée d'une attaque de la fan Donna. Lucy l'invite à une émission d'enregistrement, mais le comportement ultérieur de Donna devient de plus en plus obsessionnel et inquiétant.
Donna, c’est la fan numéro un, celle qui est un peu trop présente, un peu trop intense, et qui va rapidement devenir un vrai cauchemar. Sur le papier, ça peut fonctionner. Le thème de la célébrité harcelée par une fan instable, c’est un classique qui a fait ses preuves. Le souci, c’est que la série ne sait absolument pas quoi faire de son sujet. Dès le premier épisode, on sent que quelque chose cloche. La série va hyper vite, mais elle sonne creux. Les scènes s'enchaînent pour nous amener de force au prochain rebondissement, sans jamais prendre le temps d'installer une vraie ambiance ou de la tension psychologique.
Résultat ? Les personnages se retrouvent à prendre des décisions totalement illogiques, et les dialogues tombent souvent à plat. On essaie de nous faire peur ou de nous stresser, mais honnêtement, on finit plus souvent par lever les yeux au ciel devant l'absurdité de certaines situations. C'est d'autant plus dommage que le casting n'est pas mauvais du tout. Jill Halfpenny et Sally Lindsay sont des actrices solides qui ont déjà prouvé qu'elles savaient porter un drame. Mais ici, elles font ce qu'elles peuvent avec ce qu'on leur a donné. Jill Halfpenny passe son temps à jouer l'animatrice dépassée par les événements, tandis que Sally Lindsay en fait des tonnes dans le rôle de la fan dérangée.
À force de pousser le curseur trop loin, son personnage devient une caricature de méchante de téléfilm, ce qui casse complètement l'aspect menaçant qu'elle devrait avoir. La relation entre Lucy et Donna manque cruellement de finesse. Pour qu'un thriller psychologique marche, il faut une montée en puissance, quelque chose de progressif qui nous met mal à l'aise. Là, Donna est partout tout de suite, elle menace tout le monde en trois scènes, et la série considère que c'est suffisant. Il n'y a aucune subtilité dans l'évolution de son obsession. C'est excessif dès le départ, et du coup, le spectateur décroche. La série tente bien d'ajouter une couche de réflexion en parlant de la télé-poubelle des années 2000.
On apprend que Lucy a bossé sur une émission qui exploitait des gens vulnérables pour faire de l'audimat. C'était l'idée la plus intéressante du projet, celle qui aurait pu donner un peu de profondeur au récit. Mais non, c'est traité par-dessus la jambe. Number One Fan préfère courir après des twists improbables plutôt que de creuser ses thèmes. Entre les secrets de famille qui sortent du chapeau et les magouilles financières du mari, on finit par avoir l'impression de regarder un feuilleton bas de gamme monté en urgence. Techniquement, on ne va pas se mentir, c'est très plat. La réalisation n'a aucune personnalité, les décors font très "studio" et certains choix de mise en scène sentent la production bâclée.
C'est le gros défaut des productions Channel 5 de ces dernières années : on mise tout sur le côté spectaculaire et artificiel pour masquer le manque de moyens et d'idées. Le seul point positif, c'est que le rythme est assez soutenu pour qu'on arrive au bout des quatre épisodes sans trop s'ennuyer. Mais c'est une curiosité un peu bizarre : on regarde pour voir jusqu'où l'incohérence va aller. On finit par se demander si la série ne se prend pas un peu trop au sérieux par rapport à ce qu'elle raconte vraiment.
Note : 2/10. En bref, Number One Fan est exactement ce qu'on craignait : un thriller de seconde zone qui multiplie les effets de manche pour cacher une écriture paresseuse. C'est typiquement le genre de programme qu'on regarde pour s'occuper une soirée de pluie, mais qui ne laisse absolument aucune trace une fois terminé. Si vous cherchez un vrai thriller psychologique qui vous tient en haleine, vous feriez mieux de passer votre chemin. Channel 5 continue de produire à la chaîne, mais la qualité, elle, reste encore une fois aux abonnés absents.
Prochainement en France
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