Critiques Séries : Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness: and Almost History of America. Saison 1. Episode 1.

Critiques Séries : Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness: and Almost History of America. Saison 1. Episode 1.

Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness: and Almost History of America // Saison 1. Episode 1. Livingston.

 

Quand Larry David décide de revisiter l'histoire des États-Unis, on se doute bien qu'on ne va pas assister à un cours magistral sur Arte. Avec ce premier épisode de Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness and Almost History of America, le créateur de Curb Your Enthusiasm pose ses valises au milieu des grands moments fondateurs de l’Amérique. Le concept est simple : imaginer que nos ancêtres étaient des êtres humains aussi mesquins, agacés et pointilleux que nous le sommes aujourd'hui face à un voisin de train trop bruyant. C’est un mélange particulier entre reconstitutions en costumes et névroses ultra-modernes. 

 

Comédie à sketches qui revisite, sur un mode satirique, différents moments et figures de l’histoire des États-Unis. Dans chaque épisode, Larry David apparaît au cœur de situations historiques fictives ou réinterprétées, où son personnage — fidèle à son humour grinçant — provoque des malentendus et des conflits absurdes avec les personnages de l’époque.

On sent tout de suite la patte de l’auteur, mais transposer cette écriture ciselée dans le passé s'avère être un exercice plus complexe que prévu. Pour ce lancement, la série choisit un format à sketchs, découpé en plusieurs segments indépendants. L'idée de base est excellente : prendre un événement majeur et braquer les projecteurs sur un détail totalement absurde ou insignifiant. Le voyage commence avec la rédaction de la Déclaration d’indépendance. Au lieu de débattre des grands principes de liberté, les pères fondateurs s’écharpent sur des détails logistiques et des requêtes personnelles complètement ridicules. Le décalage fonctionne bien au début, car voir la grande Histoire se heurter à la petite mentalité humaine est un ressort comique qui a fait ses preuves.

 

On enchaîne ensuite avec Alexander Graham Bell au moment où il invente le téléphone. Ici, la tech moderne en prend pour son grade, puisque l'inventeur se retrouve instantanément saoulé par le concept même de communication permanente. C’est de la gêne pure, très caractéristique de ce que Larry David sait faire. L’épisode bascule après sur un ton un peu plus physique avec un segment dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, axé sur la frousse et l’incompétence des soldats. Enfin, le dernier sketch ose s'attaquer au mouvement des droits civiques à Montgomery, autour de la figure de Rosa Parks, en transformant l'instant de désobéissance civile en une confrontation du quotidien particulièrement inconfortable.

Visuellement et techniquement, le show a les moyens de ses ambitions. Le défilé de têtes connues est assez impressionnant pour un premier épisode. On croise Henry Winkler, Samuel L. Jackson, Richard Kind, Chris Parnell, Alan Tudyk, Jurnee Smollett ou encore Michael Chiklis. C'est un casting cinq étoiles, c'est indéniable. Le problème, c'est que cette accumulation de célébrités donne parfois une impression de trop-plein. On passe plus de temps à se dire "tiens, c'est untel !" qu'à savourer l'écriture du sketch. Les acteurs semblent parfois sous-exploités, servant de simples faire-valoir à une idée plutôt que d'incarner de vrais personnages de comédie. Quand on sait que Jerry Seinfeld, Jon Hamm ou Bill Hader sont annoncés pour la suite, on espère que la série saura mieux doser ses apparitions pour ne pas transformer le projet en un simple défilé de caméos.

 

Le cœur du projet réside vraiment dans cette obsession de ramener le spectaculaire au niveau du ras du sol. La série s’amuse à dépouiller les figures historiques de leur aura héroïque pour en faire des gens ordinaires, un brin égoïstes et coincés dans leurs contradictions. Les enjeux géopolitiques s'effacent complètement derrière des discussions de comptoir ou des malentendus de bureau. C'est une proposition rafraîchissante qui évite intelligemment le piège du prêche ou du ton professoral. Ne cherchez pas ici une quelconque vérité historique ou une démarche éducative, le show l'annonce d'ailleurs d'emblée. L'Histoire n'est qu'un immense terrain de jeu, un prétexte pour observer la bêtise humaine à travers les âges.

Malgré ces bonnes intentions, l'épisode souffre de vrais problèmes de rythme. La mécanique comique, très répétitive, a tendance à s'essouffler au sein d'un même sketch. Larry David adore étirer les discussions malaisantes et les quiproquos jusqu'à l'extrême, mais ce qui marche dans un appartement de Los Angeles sur 20 minutes a plus de mal à tenir la distance ici. Le sketch sur la Déclaration d’indépendance, par exemple, multiplie les petites réclamations jusqu'à l'usure. Même constat pour Alexander Graham Bell : la blague de départ est très bonne, mais elle est exploitée en ligne droite sans réelle relance narrative. Le segment sur la guerre apporte un peu de dynamisme grâce à son cadre mouvant, mais il s'étire lui aussi un peu trop. 

 

Quant au sketch final sur Rosa Parks, l'audace de la proposition initiale finit par être diluée par un développement qui tire en longueur. On ressent un manque de punch général dans le montage de ces différents morceaux de bravoure. Au final, ce premier épisode ressemble beaucoup à un laboratoire d'idées. Le potentiel est immense et l'originalité du ton fait du bien dans le paysage sériel actuel. Associer la satire historique à l'humour grincheux et cynique qu'on aime tant chez Larry David est une excellente idée sur le papier. L'exécution reste cependant fragile pour le moment. En voulant trop imposer son style et en empilant les guests, la série oublie parfois de soigner l'efficacité de ses chutes et la dynamique de ses scènes. C'est un démarrage un peu bancal, mais qui pose des bases solides pour la suite de la saison si l'écriture parvient à se faire plus percutante et moins répétitive.

 

Note : 5/10. En bref, ce premier épisode ressemble beaucoup à un laboratoire d'idées. Le potentiel est immense et l'originalité du ton fait du bien dans le paysage sériel actuel. Associer la satire historique à l'humour grincheux et cynique qu'on aime tant chez Larry David est une excellente idée sur le papier. L'exécution reste cependant fragile pour le moment. En voulant trop imposer son style et en empilant les guests, la série oublie parfois de soigner l'efficacité de ses chutes et la dynamique de ses scènes.

Disponible sur HBO max

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article