5 Juin 2026
Spider Noir // Saison 1. Episode 7. Nobody’s Hero.
Après le détour par le laboratoire de l'épisode 6, qui tirait franchement sur la science-fiction, Spider-Noir revient aux fondamentaux. On retrouve enfin l'ambiance de rue qu'on aime tant. La tension politique monte d'un cran, les pions avancent sur l'échiquier et Ben Reilly se prend en pleine figure les conséquences de ses derniers choix. Pour un avant-dernier épisode, la série ne se contente pas de poser les rails du grand final. Elle prend le temps de poser les choses et de creuser la psychologie de ses personnages, et ça fait du bien. L'épisode reprend juste après les moments très rudes que Ben vient de traverser.
Entre les révélations qui font mal, les trahisons en série et les expériences qu'il a subies, notre héros est plus fragile que jamais. La série évite heureusement le piège de nous sortir un super-héros invincible et parfait. Ben est fatigué, complètement désabusé, et il a perdu ses repères. Malgré ses doutes et son envie de tout envoyer balader, il est incapable de fermer les yeux quand la situation dégénère autour de lui. C'est justement cette dualité qui rend cette version de Spider-Man super intéressante. Ben passe son temps à répéter qu'il veut arrêter, mais dès qu'il y a un vrai problème, il y va. L'épisode joue très bien avec ce conflit interne, en mettant en avant la question de l'antidote trouvé plus tôt.
Derrière ce fameux remède, le choix est lourd : est-ce qu'il veut continuer à porter le costume du Spider ou redevenir le simple Ben Reilly ? S'il y a bien une séquence marquante à retenir ici, c'est celle du bar. Tout ce qui se passe avant la bagarre est super bien géré. L'ambiance est lourde, pesante. On sent toute la frustration de Ben qui essaie de noyer ses problèmes dans son verre. On mesure vraiment à quel point les derniers événements l'ont usé. Puis, tout bascule dans la bagarre. La mise en scène devient d'un coup super dynamique sans perdre le style de la série. Le choix de la musique change tout.
Entendre la voix de Rosemary Clooney chanter Sway pendant que les coups pleuvent crée un décalage génial entre la douceur du morceau et la violence de la scène. C'est clairement l'un de mes moments préférés de la saison. Les mouvements restent lisibles, le rythme est excellent et l'ensemble dégage une énergie inédite pour la série. Avec le filtre noir et blanc, cette scène devient encore plus folle. Les jeux d'ombres et de lumières renforcent le côté rétro. On a presque l'impression de regarder un vieux film policier des années 50 qui croise le chemin d'une histoire de super-héros. Depuis le premier épisode, Robbie Robertson est le point d'ancrage moral de l'histoire.
Cet épisode le confirme une fois de plus. Les discussions entre Robbie et Ben comptent parmi les meilleures scènes du scénario. Au-delà de leur complicité, leurs échanges permettent d'aborder des sujets profonds comme la responsabilité, le sens du sacrifice et ce que cela implique d'avoir des pouvoirs. Robbie ne cherche pas à brosser Ben dans le sens du poil. Il lui balance ses vérités en pleine figure, même quand elles font mal à entendre. Cette franchise donne beaucoup de réalisme à leur amitié et empêche Ben de sombrer totalement dans son délire de détective blasé. Au milieu de toute cette noirceur, le passage avec Janet fait vraiment du bien.
Certaines révélations entraînent des quiproquos et des dialogues très bien écrits entre elle et Ben. Après plusieurs épisodes très sombres, ce petit moment d'humour arrive pile au bon moment. L'humour reste fluide et colle à la personnalité des personnages. Cela ne gâche jamais la tension globale, mais ça permet de souffler cinq minutes dans une intrigue qui devient lourde sur le plan émotionnel. L'intrigue continue aussi d'explorer la relation compliquée entre Flint et Cat. Les scénaristes montrent bien les cicatrices laissées par le passé. Les sentiments sont flous, contradictoires, et aucun des deux ne sait trop comment s'en sortir.
Cette partie de l'épisode fonctionne d'ailleurs beaucoup mieux quand elle mise sur les regrets et les choses qu'ils n'osent pas se dire, plutôt que sur le côté purement romance dramatique. On a face à nous deux personnes un peu paumées qui gèrent leurs erreurs comme elles peuvent, ce qui apporte beaucoup de nuances à leur duo. La grande force de cet épisode est de préparer la suite sans donner l'impression de meubler en attendant le final. Les pièces du puzzle se rassemblent avant le choc inévitable. Silvermane avance ses pions, la police est complètement dépassée par les événements et Ben se retrouve encore une fois coincé au milieu de tout ce bazar.
La fin de l'épisode pose les bases du dernier chapitre tout en bouclant proprement certaines histoires des personnages secondaires. Cet épisode 7 réussit à trouver le bon équilibre entre action, humour et évolution des personnages. Après le huis clos de la semaine dernière, l'histoire reprend de l'air et remet les enjeux principaux au centre du jeu. La scène du bar rythmée par Sway reste le gros point fort de cette fin de saison. Tout ce moment montre exactement pourquoi la série est si spéciale. Le noir et blanc continue d'apporter un vrai charme à l'écran, avec des plans visiblement pensés pour ce format. À l'approche du final, tout est en place pour une conclusion explosive. Reste à voir si Spider-Noir gardera le même niveau jusqu'au bout.
Note : 10/10. En bref, cet avant-dernier épisode de Spider-Noir réussit à délaisser la science-fiction pour revenir à une ambiance de polar efficace, sublimée par une version noir et blanc qui donne un charme fou aux scènes intimistes. Entre l'évolution psychologique d'un Ben Reilly à bout de forces et une scène de bar magistrale rythmée par Rosemary Clooney, le terrain est parfaitement balisé pour un final explosif.
Disponible sur Amazon Prime Video
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