2 Juillet 2026
Avis aux amateurs d’ovnis cinématographiques et de concepts totalement fous : l’éditeur Rimini Éditions crée la surprise en programmant le grand retour en physique de Colossal. Réalisé par l’audacieux cinéaste espagnol Nacho Vigalondo (Timecrimes), ce long-métrage complètement inclassable avait disparu des rayons après une exploitation initiale particulièrement discrète chez nous. L'heure est venue de passer cette nouvelle édition au microscope pour voir si cette proposition hors normes, qui bouscule joyeusement les codes du divertissement, mérite de trôner dans votre collection !
Ca parle de quoi ?
Gloria est au bout du rouleau : sans emploi, larguée par son mec et piégée par ses addictions, elle quitte New York pour se réfugier dans sa petite ville natale où elle recroise Oscar, un copain d'enfance. C’est le moment précis que choisit un monstre titanesque pour dévaster Séoul. Très vite, Gloria réalise avec effarement qu'il existe une connexion surnaturelle et directe entre ses propres gestes au quotidien et les mouvements destructeurs de la créature à l'autre bout de la planète.
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Je dois bien l'avouer, on ressort de Colossal avec une sensation assez étrange et un avis forcément partagé. Le film est un pur produit de festival, le genre d'ovni cinématographique totalement hybride qui refuse de choisir son camp. Si vous vous attendez à un pur divertissement d'action avec des monstres géants qui rasent des gratte-ciels, vous risquez d'être sacrément déstabilisés, voire un peu déçus. Nacho Vigalondo livre en réalité un drame psychologique déguisé en film de kaijū, où les apparitions de la créature ne servent que de métaphore géante pour illustrer les démons intérieurs et les addictions de son héroïne. Le scénario prend un malin plaisir à désamorcer toutes nos attentes.
Le film commence comme une comédie romantique ou de potes un peu classique, avant de glisser brusquement vers une ambiance beaucoup plus sombre, étouffante, axée sur les relations toxiques et la manipulation psychologique. Ce changement de ton permanent est la grande audace du film, mais c'est aussi sa limite : le rythme s'étire parfois en longueur dans sa partie centrale, et le mélange des genres — entre l'humour absurde des situations et la noirceur des rapports humains — pourra en laisser plus d'un sur le côté. C'est une proposition de cinéma culottée, mais qui manque parfois d'un soupçon d'équilibre pour emporter totalement l'adhésion.
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La vraie bonne surprise vient finalement du duo d'acteurs qui porte le récit. Anne Hathaway s'en sort à merveille dans un rôle à contre-emploi de trentenaire paumée et alcoolique, très loin de ses partitions glamour habituelles. Mais c'est surtout Jason Sudeikis qui bluffe son monde : habitué aux comédies légères, il dévoile ici une facette ultra-sombre et un visage de manipulateur manipulateur assez glaçant. Même si le concept de départ n'est pas exploité à son maximum en matière de grand spectacle, Colossal reste une curiosité fascinante qui mérite le coup d'œil, ne serait-ce que pour sa liberté de ton et son refus absolu de rentrer dans le moule des productions hollywoodiennes actuelles.
Et le Blu-ray ?
Pour cette réédition salvatrice d’un titre devenu introuvable, Rimini Éditions offre un rendu technique de haute volée. Le master Haute Définition met parfaitement en valeur le contraste permanent voulu par le réalisateur, qui filme le quotidien très terre-à-terre de la banlieue américaine avant de basculer sur des images de JT spectaculaires en Corée. La netteté est au rendez-vous, le piqué de l'image flatte la rétine lors des apparitions de la bête et la gestion des teintes crépusculaires est irréprochable. Côté son, la piste anglaise en DTS-HD 5.1 se montre redoutable d’efficacité.
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Elle déploie une belle dynamique pour faire trembler le salon lors des attaques à Séoul, tout en conservant une clarté impeccable sur les dialogues intimistes au cœur des bars américains. Notez que l'éditeur propose aussi une piste française en 5.1 pour les amateurs de doublages. Sur le plan éditorial, la galette réserve de jolis moments pour approfondir la vision du film. On commence avec un entretien inédit de 30 minutes en compagnie de Natacha Vas-Deyres, spécialiste de science-fiction, qui livre une grille de lecture passionnante sur les différents niveaux de décryptage du scénario.
Pour les amateurs de coulisses, le traditionnel making-of de 20 minutes donne la parole au casting (Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Austin Stowell) ainsi qu'au metteur en scène pour comprendre la genèse de ce projet fou. Une excellente manière de redonner sa chance à une œuvre unique qui méritait amplement un tel traitement.
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Caractéristiques techniques
SUPPLÉMENTS :
> Entretien avec Natacha Vas-Deyres
Professeure de chaire supérieure et spécialiste de la science-fiction littéraire et cinématographique (30’)
> Le Making Of (20’) avec Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Austin Stowell et le réalisateur Nacho Vigalondo
> Film annonce
Durée : 1H49 - Langues : Anglais & Coréen – 2.0 et 5.1 ; Français 5.1 - Sous-titres : Français, sourds et malentendants - Son : Dolby Audio (DVD) et DTS-HD (Blu-Ray)
Blu-Ray prix public conseillé : 19,99 €
DVD prix public conseillé : 14,99 €
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